Des antidépresseurs ou anxiolytiques durant la grossesse tripleraient les risques de pré-éclampsie

Rester déprimée ou tripler son risque de pré-éclampsie, qui est une complication de la grossesse ? C’est le choix difficile auquel pourraient être confrontées nombre de futures mamans, selon une étude de l’Université Laval qui a trouvé que la prise de médicament contre la dépression ou l’anxiété triple le risque de pré-éclampsie.

«Même en ajustant pour tenir compte d’autres facteurs, le risque de [pré-éclampsie] demeurait trois fois plus élevé chez les femmes enceintes utilisant des antidépresseurs et/ou des anxiolytiques», conclut l’étude qui vient de paraître dans la revue médicale BMC Pregnancy and Childbirth. La pré-éclampsie est une forme d’hypertension qui se manifeste durant la grossesse chez environ 5 % des femmes, et qui peut mener à diverses complications pour la mère et l’enfant.

Dirigée par Yves Giguère et Jean-Claude Forest, du CHU de Québec, l’étude a porté sur plus de 6700 femmes, dont 218 prenaient des médicaments contre la dépression ou l’anxiété avant leur 16e semaine de grossesse. Chez celles qui ont arrêté leur médication après ce stade, le risque de pré-éclampsie était 1,6 fois plus élevé que chez celles qui ne prenaient pas de médicament — et le risque passait à 3 fois plus pour celles qui ont poursuivi la médication après la 16e semaine.

Notons que la dépression et l’anxiété figurent parmi les complications les plus fréquentes de la grossesse.