Des chauffeurs annoncent ce qu'ils appellent «une grève générale» lundi matin et qualifient le ministre des Transports, François Bonnardel, de «lobbyiste d'Uber».

Déréglementation du taxi: menace de grève de certains chauffeurs lundi

MONTRÉAL — Furieux contre la déréglementation de l'industrie du taxi annoncée par le gouvernement Legault, des chauffeurs de taxi de partout au Québec menacent de déclencher une grève à compter de lundi.

«On a eu une rencontre hier soir (jeudi) à Montréal avec les différents comités. Il a été décidé à l'unanimité qu'on sortait en grève lundi matin à 7h. Ça va toucher toutes les régions du Québec», a prévenu en entrevue avec La Presse canadienne Serge Lebreux, porte-parole de l'Association des taxis des régions du Québec.

À Montréal, une assemblée des chauffeurs est prévue dimanche. Mais leur grogne est déjà palpable. «Les propriétaires de taxi sont tellement furieux et ils n'ont tellement plus rien à perdre que nous avons du mal à donner des réponses. Une chose est certaine: la situation va dégénérer très rapidement», a affirmé Abdallah Homsy, aussi porte-parole de chauffeurs.

Depuis le début du litige avec Québec et de l'arrivée d'Uber, les chauffeurs de la région de Montréal sont parmi les plus mobilisés au Québec.

«On est assez unis dans les circonstances. Les régions parlent d'une seule voix. Tout le monde est sur les blocs de départ, tout le monde est crinqué, prêt à faire ce qu'il faut pour défendre leur fonds de pension, leur retraite», a lancé M. Lebreux.

Plus tôt cette semaine, le ministre des Transports, François Bonnardel, a annoncé une réforme qui prévoit notamment de mettre fin au contingentement des taxis. Elle mettra aussi fin aux territoires exclusifs. Un chauffeur devra avoir un permis de classe 5 plutôt qu'un permis de classe 4C, comme c'est le cas à l'heure actuelle. De même, Québec mettra fin à l'immatriculation T réservée aux taxis.

Le gouvernement y voit une façon de moderniser l'industrie et d'alléger la réglementation qui l'encadre.

Mais aux yeux de M. Lebreux, la déréglementation proposée, «c'est carrément une expropriation» des chauffeurs qui ont payé des milliers de dollars pour leur permis de taxi. Avec la fin du contingentement, la valeur des permis va péricliter.

«Le gouvernement a un manque profond de respect envers le taxi», s'est exclamé M. Lebreux.

Il fait valoir qu'en région, les taxis servent souvent à transporter des patients, des échantillons médicaux, qu'ils font partie d'un ensemble qui dessert une communauté. «Le gouvernement prend des décisions pour les grandes villes et les imposent aux régions», critique M. Lebreux.

M. Lebreux s'excuse à l'avance des inconvénients que causera la grève lundi. «On offre nos excuses à la clientèle qui sera touchée. Les clients pourront contacter leur député provincial pour se plaindre.»