Deux wagons d’un convoi de la compagnie ferroviaire Saint-Laurent & Atlantique ont déraillé au centre-ville de Sherbrooke le 1er mai 2017. Ils se sont renversés alors qu’ils circulaient sur la voie ferrée située sur la rue Aberdeen, entre les rues des Grandes-Fourches et du Dépôt.

Déraillement au centre-ville: la cause est «confidentielle»

EXCLUSIF / Pourquoi un train a-t-il déraillé en plein coeur du centre-ville de Sherbrooke le 1er mai 2017? Impossible de répondre à cette question : la cause du déraillement est considérée comme « confidentielle ». En effet, la compagnie de chemin de fer Saint-Laurent & Atlantique a pu identifier la cause de l’accident, mais elle refuse de la divulguer publiquement.

C’est la présence d’une mystérieuse « tierce partie » dans le dossier qui fait qu’on retient l’information, explique à La Tribune Claudine Bois, conseillère en communication chez Saint-Laurent & Atlantique à Montréal.

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Un mois pour connaître la cause du déraillement

Rappelons que deux wagons d’un convoi de cette compagnie ferroviaire ont déraillé au centre-ville de Sherbrooke le 1er mai 2017. Ils se sont renversés alors qu’ils circulaient sur la voie ferrée située sur la rue Aberdeen, entre les rues des Grandes-Fourches et du Dépôt.

Des employés de l’organisme Estrie-Aide avaient entendu le bruit de l’accident. Celui-ci est survenu dans un secteur où se trouvent plusieurs commerces et organismes.

Par chance, il n’y avait pas de matière dangereuse dans les wagons. L’un des wagons transportait du bois, l’autre des billes de plastique. Le trafic ferroviaire avait pu être rétabli rapidement.

« L’enquête a été complétée il y a plusieurs mois et nous avons soumis notre rapport à Transports Canada qui est l’organisme régisseur. Mais on ne peut dévoiler la cause, car une tierce partie est impliquée », soutient Claudine Bois.

La conseillère en communication refuse de dire de qui ou quoi il est question quand elle parle de « cet autre joueur » en lien avec le convoi ayant roulé au centre-ville de Sherbrooke.

Peu de renseignements malgré la Loi d’accès
La Tribune a déposé une demande d’accès à l’information auprès de Transports Canada en juillet 2017 pour en savoir plus sur cet accident. Plusieurs délais ont été demandés par l’organisme fédéral avant de finalement faire parvenir les documents à La Tribune à la fin avril. Rappelons que le délai normal pour répondre à une demande d’accès à l’information est de 30 jours.

Toutefois, le volumineux document de 114 pages ne renferme que des documents techniques difficiles à interpréter. À un seul endroit, on peut lire en anglais, sous la plume d’un inspecteur de Transports Canada : « J’ai effectué une inspection des rails de la Saint-Laurent et Atlantic Railroad le 21 juin 2017 et j’ai identifié des non-conformités ». L’entreprise lui a par la suite répondu que des correctifs avaient été apportés.

De nombreux renseignements et informations ont été caviardés dans le document, notamment les sections « description de l’incertitude », « commentaires » et « mesure corrective prise ». À partir de ce volumineux document, il est donc impossible d’apprendre le nom de la tierce partie impliquée dans l’accident ni de comprendre les causes de l’accident, pas plus que de savoir quels correctifs ont été apportés par la compagnie.

« Mesures de correction et de prévention »
Claudine Bois assure que les correctifs ont été apportés dès que la cause a été identifiée. Les Sherbrookois demeurant le long des voies ferrées de l’entreprise sont en sécurité, dit-elle..

« Nous avons apporté des mesures de correction et de prévention pour que ce genre d’événement ne se reproduise pas », assure-t-elle.

« La santé et la sécurité sont la priorité numéro un de compagnie de chemin de fer Saint-Laurent & Atlantique. Nous faisons tout de façon sécuritaire », ajoute Mme Bois.

Rappelons qu’un mois après le déraillement, la direction du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke (SPIS) s’inquiétait de ne pas avoir obtenu le rapport sur l’événement comme promis par l’entreprise.

Depuis, la direction du SPCIS a pris connaissance des conclusions du rapport, sans toutefois avoir le rapport en main. « Il appartient à Transports Canada de rendre le rapport public et de le commenter au besoin. Le SPCIS n’est pas autorisé à le faire », explique-t-on du côté du service des communications de la Ville de Sherbrooke.