L’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec considère «prématuré» et «précipité» de légiférer pour exclure la vente de toutes les boissons énergisantes et à taux d’alcool supérieur à 7 % des épiceries et dépanneurs.

Dépanneurs et épiciers veulent vendre des boissons énergisantes alcoolisées

Bien qu’elle reconnaît que les boissons énergisantes alcoolisées représentent un certain danger pour l’humain, l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ) considère «prématuré» et «précipité» de légiférer pour exclure la vente de toutes les boissons énergisantes et à taux d’alcool supérieur à 7% des épiceries et dépanneurs.

C’est ce qu’on retrouve entre autres dans un mémoire qui sera déposé mardi à l’Assemblée nationale par l’AMDEQ en lien avec le projet de loi 170. Ce dernier vise à moderniser diverses dispositions législatives en matière de boissons alcooliques.

Dans sa missive, dont Le Soleil a obtenu une copie, l’association déplore notamment le fait que la vente pour ce type de boisson, comme le FCKDUP ou le Four Loko, pourrait devenir exclusive au réseau de la Société des alcools du Québec. Elle demande au gouvernement d’évaluer davantage de possibilités et de revoir sa position.

Rappelons qu’en mars dernier, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, et la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, ont proposé deux amendements en lien avec les boissons énergisantes contenant de l’alcool. L’un des deux points consiste à interdire la vente de certains produits dans les dépanneurs et les épiceries. Ces propositions ont été faites après le décès de la jeune fille de Laval, Athena Gervais. 

«L’AMDEQ est d’accord à ce que ce type de produits soit soumis à une réglementation plus sévère», tient toutefois à préciser le directeur général, Yves Servais. «Nous sommes favorables à ce que le gouvernement provincial intervienne en introduisant un prix minimum, en légiférant sur la grandeur du format ainsi que sur la promotion et la publicité pour ce type de produits. Quant au fédéral, il pourrait en contrôler le contenu en réglementant la teneur en alcool, la teneur en sucre et la présence de caféine et ou d’autres produits tel que le guarana, substance qui est d’ailleurs interdite aux États-Unis», poursuit-il.

Ce dernier rappelle que les boissons alcooliques, bières et vins, représentent près de 30 % du chiffre d’affaires des dépanneurs. «Le gouvernement aurait dû attendre les conclusions et recommandations de la consultation que Santé Canada vient d’entreprendre. De plus, nous déplorons que cette décision ait été prise unilatéralement sans consultation auprès des associations et organismes concernés», affirme l’AMDEQ.

Par ailleurs, dans son mémoire, l’association, qui compte environ 1000 membres, demande également au gouvernement de Philippe Couillard de trouver des solutions pour mettre un terme aux promotions croisées. Ces dernières visent à contourner la réglementation du prix minimum de la bière.