Le maître-chien de la Sûreté du Québec, Olivier Paquette, a retrouvé Denise Massicotte avec l’agent Marc-Sébastien Turgeon Racicot.

Denise Massicotte retrouvée à La Tuque: «c'était un beau moment»

LA TUQUE — «C’était vraiment un beau moment de pouvoir la ramener à sa famille.» C’est avec beaucoup d’émotion que le maître-chien de la Sûreté du Québec Olivier Paquette a accepté de raconter la série d’événements qui ont mené à la découverte de Denise Massicotte, la dame qui a été portée disparue pendant trois jours à La Tuque plus tôt cette semaine.

«J’ai entendu un cri vraiment très lointain. C’était presque inaudible. On a attendu à la même place une ou deux minutes et on a entendu un cri à nouveau. On était sur le bord d’un ravin, on ne pouvait pas progresser plus loin. C’était en plein bois. On s’est assuré que ce n’était pas des gens qui faisaient des appels de recherche à la dame. Dans les faits, les bruits ont continué. On a progressé vers les bruits. Pendant une quinzaine de minutes, on a arrêté d’entendre les bruits. On a fait des appels au sifflet, on n’avait pas de réponse», raconte-t-il.

L’agent Paquette était accompagné de son chien Argon et de l’agent Marc-Sébastien Turgeon Racicot du poste de la MRC de La Tuque lorsqu’il a entendu Denise Massicotte pour la première fois, mercredi.

À un certain moment donné, l’agent Turgeon Racicot a demandé: est-ce qu’il y a quelqu’un? C’est là que la dame souffrant de troubles cognitifs a répondu «C’est Denise».

«Quand on réalise que le son qu’on entend, ça peut-être la dame… On est un peu incrédule, mais à mesure qu’on progresse, le bruit est de plus en plus fort et on réussit à s’orienter dans le bois avec le bruit. Ultimement, quand elle a répondu que c’était elle, c’est l’empressement de la rejoindre qui nous anime.»

C’était environ à 300 mètres de l’endroit où se trouvait Denise Massicotte. La partie n’était toutefois pas gagnée encore. Les policiers ont dû descendre un ravin, traverser un marécage et un ruisseau pour finalement rejoindre la dame de 66 ans dans une partie de la forêt boisée très densément.

«Elle était rendue nu-pieds, à bout de force. Quand on est arrivé à elle, la dame était debout. Elle était confuse, mais ses signes vitaux étaient très bons», raconte l’agent Paquette.

«Quand on l’a trouvée, on n’a pas pu s’empêcher de lui faire un câlin. On l’a prise dans nos bras. On lui a donné de l’eau, on s’est occupé d’elle, on l’a rassurée. Elle était vraiment contente. C’est une belle poussée d’adrénaline, mais aussi de l’accomplissement. On souhaite tous un jour faire la différence et sauver une vie de cette façon-là. C’est un peu pour ça que je suis maître-chien.»

Pour la sortir de sa fâcheuse position, de nombreux policiers ont dû mettre l’épaule à la roue. Ils ont dû la transporter sur une distance d’environ 150 mètres pour rejoindre un VTT qui allait transporter la dame de 66 ans vers les services ambulanciers.

«On l’a sortie en équipe, chacun notre tour. Chaque policier l’a prise sur son dos pour la sortir du bois. C’était vraiment très dense et accidenté. On a retraversé le marécage et le ruisseau pour finalement arriver au sentier. Après trois jours dans le bois, on était vraiment très content de l’avoir localisée en vie».

Pour l’agent Paquet, qui est au service de la Sûreté du Québec depuis 19 ans, la conclusion heureuse de cette histoire est le fruit des efforts de toute une équipe.

Denise Massicotte

«Tout le monde a vraiment persévéré pour trouver la dame. C’est du gros travail d’équipe et il faut le souligner. Les policiers du secteur ont aussi collaboré à ce succès. On était 25 ou 30 policiers. On voulait vraiment la retrouver», insiste-t-il.

C’était la première fois que l’agent Paquette retrouvait une personne en vie lors de recherche en forêt.

«Lors d’une grosse recherche structurée comme celle-là, c’est la première fois que je trouve quelqu’un en vie. C’est très gratifiant».

«C’est impressionnant aussi de voir la nature humaine. C’est une personne âgée, en forme, mais pas autant qu’un chasseur de 25 ans. Elle a combattu la nature pendant trois jours», ajoute le policier.

Il s’agissait également d’un moment marquant pour l’agent Marc-Sébastien Turgeon Racicot qui était responsable de la relève le soir de la disparition de Denise Massicotte. C’est lui qui avait initié les recherches.

«C’est un heureux hasard qu’on soit parti ensemble sur la recherche mercredi matin», fait remarquer l’agent Paquette.

Des recherches difficiles

Les journées ont été difficiles pour tous les gens qui ont participé aux recherches dans ce secteur de la Haute-Mauricie, autant pour les bénévoles que les policiers. La veille de la découverte de Denise Massicotte, l’agent Paquette avait parcouru une trentaine de kilomètres à pied avec le sergent-enquêteur Marc Trudel.

«Le but c’est de couvrir le plus de terrain possible. Oui, j’ai beaucoup marché pendant une journée, mais tout le monde a marché dans le bois. Tout le monde a contribué à ça», note-t-il.

Ces conditions, il les connaît bien puisque c’est pratiquement toujours dans des forêts difficiles avec beaucoup d’escarpement, de dénivellation et du bois dense qu’ont lieu les opérations de recherche.

«Les gens se perdent rarement dans une érablière. […] Le travail de recherche en forêt, c’est un travail qui est ardu, et qui est dur à arrêter quand on ne trouve pas», a-t-il conclu.

Rappelons que la sexagénaire cueillait des bleuets avec son conjoint quand elle aurait perdu son chemin le 11 août dernier. Le couple était en bordure de la route forestière 25, près du kilomètre 6, qui relie La Tuque à la communauté autochtone de Wemotaci.

La Sûreté du Québec avait déployé une panoplie de ressources pour tenter de sauver Mme Massicotte. Hélicoptères, chevaux, véhicules tout-terrain et escouades canines ont arpenté les différents secteurs.