Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, espère voir les sinistrés quitter progressivement les centres d’hébergement pour des endroits plus confortables.

Démolir, reconstruire et reloger

Le centre communautaire Père-Arthur-Guertin continuait à être très achalandé, mardi, en fin de journée, mais le nombre de sinistrés qui y sont hébergés est appelé à diminuer progressivement, « mais assez rapidement », au cours des prochains jours, assure le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

« Ça va surtout dépendre de la disponibilité des chambres d’hôtel, note le maire. L’objectif c’est de ne plus avoir personne ici sur des lits de camp. On travaille aussi avec des partenaires comme l’Office municipal d’habitation de Gatineau (OMHG) pour reloger de manière permanente les sinistrés. » En fin d’après midi, mardi, environ 130 sinistrés avaient été relogés dans une chambre d’hôtel et autant de sinistrés étaient toujours en hébergement d’urgence au Centre Père-Arthur-Guertin.

Tous les bâtiments évacués après le passage de la tornade, vendredi, ont par ailleurs été remis à leur propriétaire, ce qui a permis à plusieurs sinistrés de réintégrer leur logement. Une cinquantaine de bâtiments demeurent toutefois condamnés et devront vraisemblablement être démolis. « Les pompiers et des ingénieurs sont aussi passés pour inspecter chacun des bâtiments, a noté le maire. Quand on redonne l’accès aux immeubles, c’est que les gens peuvent y être en sécurité. »

M. Pedneaud-Jobin explique qu’il revient ensuite aux propriétaires des édifices de prendre en charge le retour de leurs locataires. Des sinistrés des immeubles du Jardin Radisson se sont toutefois plaints de la manière de faire des gestionnaires de leur logement. Plusieurs n’ont eu que quelques minutes pour aller récupérer des effets personnels, sans pouvoir y demeurer. « Des gens m’ont dit qu’ils n’avaient pas eu suffisamment de temps et n’étaient pas contents, soutient le maire. Quand on remet les clés, ce sont les propriétaires qui reprennent la gestion de leur immeuble et on espère que ça se fasse avec compassion et respect. On a insisté beaucoup pour que les gens puissent avoir un peu de temps, mais à la défense des propriétaires, tout dépend des opérations qu’ils doivent mener et de l’état de leurs édifices. Ce sont plus de 600 locataires à cet endroit. Il y a eu des enjeux énormes liés à l’électricité. Là, on est rendu à rebrancher chacun des édifices en s’assurant qu’il n’y a pas de danger d’incendie. »

Non assurés
La Ville de Gatineau, en collaboration avec la Croix rouge, a organisé, à la Maison du citoyen, deux sessions d’information à l’intention des sinistrés non assurés. Des navettes de la Société de transport de l’Outaouais ont été organisées pour permettre aux sinistrés d’y assister. En soirée, la Croix rouge avait même mis en place une garderie pour accommoder les parents et distraire les enfants.

« Nous avons quand même des choses rassurantes à annoncer, note le maire. Nous travaillons avec le gouvernement du Québec pour mettre sur pied une forme d’indemnisation pour les gens qui ne sont pas assurés. Ce n’est pas encore clair, mais nous y travaillons. La Croix rouge précise aussi vouloir utiliser les dons en priorité pour les gens qui ont tout perdu et qui ne sont pas assurés. C’est pour ça qu’on continue de demander surtout des dons en argent. Les gens qui n’ont pas d’assurance recevront aussi des coupons d’épicerie pour une durée indéterminée, ce qui réduit grandement l’inquiétude de plusieurs. »

Le maire précise que plusieurs sinistrés ont été en mesure de récupérer des meubles et des effets personnels dans les logements, mais il se dit conscient que ce n’est pas le cas pour tout le monde.

« Le critère pour l’accès aux immeubles, c’est la sécurité, dit-il. Si ce n’est pas sécuritaire, l’édifice ne peut pas être accessible. Il n’y a rien à faire, c’est trop dangereux. »

La distribution des dons aux sinistrés se fait maintenant à partir des anciens locaux du Sears aux Galeries de Hull.

Dès ce mercredi, et jusqu’à vendredi, les sinistrés pourront s’y rendre grâce aux navettes de la STO entre midi et 20 h.

Les dons en vêtements et produits d’hygiène sont remis aux sinistrés sans logement. Ceux qui ont pu réintégrer leur logement peuvent se procurer des denrées non périssables.

La Ville de Gatineau poursuivra ses efforts de nettoyage pendant plusieurs jours dans les zones touchées. Le maire précise que la police demeurera sur les lieux encore longtemps afin d’assurer la circulation et la sécurité.

+

Six tornades ont frappé la région

Un total de six tornades ont soufflé sur la grande région d’Ottawa et de Gatineau, vendredi dernier, a révélé Environnement Canada mardi.

En plus de la tornade de force EF-3, avec ses vents estimés à 230 kilomètres/heure qui ont causé le plus de dégâts, cinq autres manifestations météorologiques violentes ont été recensées dans la région par l’équipe d’enquête d’Environnement et Changement climatique Canada.

Selon le sommaire météorologique publié mardi, un orage violent aurait produit une rafale descendante à Calabogie, vers 16h15 vendredi. Une tornade de force EF-1, avec des rafales à 175 kilomètres/heure, s’est ensuite formée sur Calabogie, et s’est déplacée jusqu’à White Lake. C’est ce même orage violent qui serait à l’origine de la tornade EF-3 qui s’est abattue sur Gatineau et Ottawa.

Trois autres tornades de puissance EF-1 ont sévi dans les environs, sur le territoire québécois. Les secteurs touchés sont Val-des-Bois, le réservoir Baskatong et un endroit boisé au nord d’Otter Lake.

Du côté ontarien, les experts ont observé les traces d’une tornade de force EF-2, avec des vents de 220 kilomètres/heure, qui se serait formée vers 18h à Ottawa et se serait déplacée entre les secteurs Arlington Woods et Greenboro.

Les météorologues ont tiré ces conclusions à partir d’analyses d’images satellitaires et de dommages observés sur les lieux. L’agence fédérale précise que ce rapport demeure « ni complet ni final ». Des experts de l’Université Western sont aussi impliqués dans l’enquête.

Avec La Presse canadienne