Éric Laroche-Laflamme a été arrêté en février dernier.

Décharges d'impulsion électrique sur son ex-conjointe : Laroche-Laflamme reconnu coupable

Éric Laroche-Laflamme a été reconnu coupable d’une troublante trame de violence conjugale qui l’a poussé jusqu’à donner une dizaine de décharges à impulsion électrique à son ex-conjointe.

Quatre évènements de violence conjugale ont été commis entre la rupture du couple en août 2018 et les gestes de février 2019 où Laroche-Laflamme a été arrêté.

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Même derrière les barreaux, Éric Laroche-Laflamme a tenté de maintenir son emprise en envoyant une lettre à la victime pour lui demander de ne pas témoigner contre lui.

« En nous basant sur la jurisprudence, nous allons demander une peine exemplaire relativement à l’utilisation d’une arme prohibée comme une arme à impulsion électrique dans un contexte de violence conjugale. Il y a aussi tout l’aspect d’entrave à la justice qui est un facteur aggravant. Les victimes ont le droit de porter plainte contre un ex-conjoint et de poursuivre leur vie en toute quiétude », affirme la procureure aux poursuites criminelles Me Isabelle Dorion.

Dans sa décision rendue mercredi, au palais de justice de Sherbrooke, la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec a retenu les témoignages de la plaignante et de ceux qui ont assisté aux gestes en cause.

« Le tribunal retient entièrement la version de la plaignante et des autres témoins. Le tribunal a la conviction qu’ils sont sincères. Le récit de la plaignante ne laisse aucunement entrevoir des motifs de vengeance », estime la juge Fabi.


« L’accusé n’accepte pas la rupture. Il est jaloux. »
La juge Hélène Fabi

La victime fréquentait Éric Laroche-Laflamme depuis environ deux ans lorsqu’ils se sont séparés en août 2018.

« L’accusé n’accepte pas la rupture. Il est jaloux », signale la juge Fabi en analysant la preuve faite lors des trois jours de procès tenus en juillet et septembre derniers.

Les manifestations de violence ont culminé le 4 février dernier. 

Laroche-Laflamme s’est présenté sur la rue d’Alençon où il a trouvé son ex-conjointe dans un véhicule avec deux autres femmes. L’accusé a fracassé la vitre arrière du véhicule dans lequel elle prenait place pour l’agresser. 

La juge retient qu’une dizaine de décharges de l’arme sont faites sur la victime.

« C’est comme des bleus, ça chauffe et ça pince. La plaignante mentionne encore ressentir des engourdissements sur les cuisses et les bras », relate la juge.

La juge a écarté l’explication de l’accusé pour les gestes du 4 février où il affirme que c’est la victime qui possédait l’arme à impulsion électrique.

« La crédibilité de l’accusé est des plus décevantes. Sa version est invraisemblable. L’accusé a eu le temps de se forger une défense. Il est celui qui était en possession de l’arme à impulsion électrique », conclut la juge Fabi.

Concernant des gestes de menace en août 2018 après la rupture, Éric Laroche-Laflamme avait laissé un message sans équivoque à son ex-conjointe.

« Je te jure que je vais te tuer. Je vais t’arracher la tête. Je te jure, je vais t’ouvrir le crâne », a asséné Laroche-Laflamme dans la boîte vocale de la victime.

En janvier 2019, Laroche-Laflamme s’est rendu au logement de la victime au centre-ville de Sherbrooke pour y commettre du méfait.

Lors du procès, Laroche-Laflamme a concédé avoir fait des menaces le 25 août 2018, mais en affirmant qu’il n’était pas le seul. Il consent aussi avoir fait d’autres menaces en janvier 2019, mais affirme que la plaignante était saoule et qu’il lui avait donné deux coups de pied parce qu’elle lui aurait lancé une balle de neige.

« Le tribunal ne croit pas ses explications », a indiqué la juge Fabi.

Elle a aussi reconnu Éric Laroche-Laflamme coupable de s’être introduit par effraction dans le logement de la victime lors de cette même journée.

« La preuve démontre qu’il est un individu impulsif, colérique, possessif et jaloux », affirme la juge Fabi.

Éric Laroche-Laflamme a écouté attentivement la décision de la juge Fabi sans avoir de réaction particulière sauf en niant de la tête certains faits qui ne lui étaient pas favorables.

L’accusé possède des antécédents de menaces dans un contexte conjugal.

Une preuve sera faite par la poursuite sur l’impact du crime pour la victime, mais aussi sur la possession d’une arme à impulsion électrique lors des observations sur la peine.

Cette étape des procédures sera fixée le 15 novembre.

C’est Me Christian Raymond qui défend l’accusé dans cette affaire.