Michel Gauthier était un allié qu'on s'arrachait en temps de campagne électorale, relate Louis Plamondon.
Michel Gauthier était un allié qu'on s'arrachait en temps de campagne électorale, relate Louis Plamondon.

Décès de Michel Gauthier: Louis Plamondon salue le départ «d'un combattant»

Bécancour — Bien qu'il le savait très malade, Louis Plamondon a accueilli la nouvelle du décès de son ancien collègue et ex-chef du Bloc québécois, Michel Gauthier, avec une certaine surprise. «C'était un combattant et on se permettait de croire qu'il allait gagner cette bataille-là», déclare le député de Bécancour-Nicolet-Saurel au sujet de celui qui est décédé samedi des suites d'un cancer du poumon.

«Il avait le sens du clip, se rappelle Louis Plamondon, tu pouvais lui expliquer quelque chose de très complexe et il allait sortir de ça la phrase capable de briser un adversaire ou de glorifier quelqu'un». Il décrit son ancien compagnon politique comme «un des rares qui savait allier contenu et populisme».

Tribun hors pair, Michel Gauthier était un allié qu'on s'arrachait en temps de campagne électorale, se souvient Louis Plamondon. «On avait eu 200 personnes un dimanche matin à Bécancour qui s'étaient déplacées pour venir l'entendre», raconte le doyen de la Chambre des communes. M. Gauthier lui avait confié ne pas avoir réussi à passer plus de cinq jours dans sa propre circonscription durant une élection, tellement il était sollicité. «Il ne pouvait pas dire non», résume-t-il.

S'il affirme ne pas tenir rigueur à son ancien collègue d'avoir prêté allégeance aux conservateurs à l'occasion du dernier rendez-vous électoral, Louis Plamondon convient néanmoins avoir été déçu par cette volte-face. «Ça lui a enlevé beaucoup de crédibilité, il faisait partie des leaders très appréciés dans le mouvement souverainiste», fait-il valoir. Il assure qu'il gardera malgré tout de lui l'image d'un politicien à part des autres. «Il est de ceux qui ont laissé leur marque, il a beaucoup apporté au Bloc québécois», maintient-il, qualifiant le disparu de pince-sans-rire, «toujours performant».

Tandis qu'il commente le départ de son ancien collègue, Louis Plamondon, 76 ans, confie que la crise sanitaire actuelle a bouleversé sa routine de député. Faisant partie du segment de la population le plus à risque, le politicien s'est prêté de bonne foi aux directives de distanciation sociale de la Santé publique. S'il a continué de fréquenter son bureau de circonscription sur une base quotidienne, travaillant par téléphone et par Internet, le contraste était marqué pour celui qui prenait part à une dizaine d'événements publics sur une base hebdomadaire.

Alors que les activités reprennent à la Chambre des communes, le whip du parti a conseillé au député de Bécancour-Nicolet-Saurel de continuer de se tenir à distance du parlement, compte tenu de son âge. Il suit donc les travaux parlementaires en mode virtuel, mais relate que l'exercice est un peu aride. Bien que critique de certaines mesures mises de l'avant par le gouvernement fédéral dans sa gestion de crise – il donne l'exemple des allocations aux étudiants qui ont un effet dissuasif sur le travail d'été – il convient que l'orientation générale qui consistait à délier les cordons de la bourse fut la bonne. «En temps de crise, ce n'est pas le temps de resserrer les dépenses», observe-t-il. Le vrai test pour le gouvernement viendra dans la gestion de l'après-crise et quand le temps offrira le recul nécessaire pour évaluer les décisions qui ont été prises, estime Louis Plamondon.

À l'instar de plusieurs, le député bloquiste se réjouit du déconfinement qui s'amorce. Tout en continuant d'être prudent, il dit avoir recommencé à fréquenter les supermarchés «quand c'est tranquille». «Ce n'est pas facile, tout le monde me connaît, le réflexe de vouloir serrer les mains n'est jamais loin», fait-il valoir. Il se félicite par ailleurs que les régions du Centre-du-Québec et la portion de la Montérégie qui fait partie de sa circonscription aient été relativement épargnées par la contagion.