Le maire de La Pocatière et le préfet du Kamouraska, Sylvain Hudon et Yvon Soucy, sont très déçus que Bombardier puisse être écartée du contrat de VIA Rail.

Déception chez Bombardier à La Pocatière

MATANE – C'est la déception chez les élus de La Pocatière et de la MRC du Kamouraska depuis qu'ils ont appris que VIA Rail s'apprêterait à accorder le contrat d'un milliard$ à Siemens pour le renouvellement de son parc du corridor Québec-Windsor.

Selon La Presse, la multinationale allemande aurait été préférée à Bombardier au terme de l'appel d'offres et serait en processus de négociation avec VIA Rail pour les conditions du contrat. Si Bombardier l'avait obtenu, l'entreprise québécoise avait l'intention d'utiliser son usine de La Pocatière pour la construction des 32 voitures de train.

À LIRE AUSSI : VIA Rail doit respecter le libre-échange, dit le ministre Garneau

«Même si c'est officieux, c'est quand même un sentiment de frustration», laisse tomber le maire de La Pocatière au bout du fil. Sylvain Hudon compare le dossier de Bombardier aux montagnes russes puisque le 12 novembre, l'ambiance était à la fête avec l'annonce de la conclusion du contrat d'achat de 153 nouvelles voitures Azur destinées au métro de Montréal. «C'est exaspérant, dit-il. Ça me touche un peu plus parce que j'ai travaillé comme contractuel pour VIA Rail. J'avais une fierté. Le fait que le contrat ne sera pas fait chez nous, ça me frustre d'autant plus!»

Le préfet du Kamouraska partage les mêmes sentiments. «C'est dommage pour la région parce qu'on fondait beaucoup d'espoir sur ce contrat-là pour assurer l'avenir de l'usine et pour diversifier ses activités, s'attriste Yvon Soucy. C'était une belle opportunité! C'est un contrat d'importance. C'est déplorable.»

En revanche, les deux élus se réjouissent que la multinationale ait des contrats pour maintenir à l'emploi de 600 à 650 personnes pendant quelques années à son usine du Bas-Saint-Laurent. «Mais, ça prend quand même de l'eau au moulin, indique le maire Hudon. Il faut qu'il y en ait d'autres.»

«Comble de l'insulte»

L'élu n'en démord pas: «Ce contrat aurait dû être fait chez nous, à La Pocatière». «Ça aurait été une bouffée d'air frais pour maintenir nos emplois, soupire-t-il. C'est un contrat d'un milliard; ce n'est pas un petit montant!» M. Hudon s'interroge sur l'équité accordée aux soumissionnaires. «Je trouve qu'il y a quelque chose qui cloche, dit-il. Je ne sais pas si on négocie tous de la même façon ou bien s'il y en a de plus pesants que d'autres.»

Le fait qu'une partie du contrat puisse être réalisée par l'usine de Siemens à Sacramento en Californie est «le comble de l'insulte» pour le maire de La Pocatière. «On a un voisin qui est très gourmand, qui défend bec et ongles les contrats, qui met un pourcentage excessivement élevé, estime-t-il. Nous, on dirait qu'on n'est pas capables de faire ça. Est-ce qu'on est trop vertueux?» Parlant de pourcentage, c'est là où le bât blesse, selon Sylvain Hudon. VIA Rail n'exige pas de pourcentage de contenu local dans ce contrat.