Le débat sur des cours de nage obligatoires a été relancé mardi dans la foulée de la mort d’un enfant de 6 ans, trouvé inconscient la veille dans la piscine d’un complexe résidentiel de Saint-Léonard, à Montréal.

De récentes noyades multiplient les appels à des cours obligatoires

Une récente série de noyades au Québec et en Ontario a multiplié les appels à la prudence, mais aussi à des cours de nage obligatoires, intégrés à même le programme scolaire.

Ce débat a été relancé mardi dans la foulée de la mort d’un enfant de 6 ans, trouvé inconscient la veille dans la piscine d’un complexe résidentiel de Saint-Léonard, à Montréal. Un sauveteur était en service et plusieurs autres personnes nageaient non loin de la victime alors qu’elle se noyait, indiquent les autorités.

En Ontario, une jeune fille de 13 ans est décédée à l’hôpital après avoir été tirée hors d’un petit lac à proximité d’un terrain de camping, dans le sud-ouest de la province.

Et la semaine dernière, une fillette de cinq ans et sa mère se sont toutes deux noyées dans une piscine sans surveillance, à l’ouest de Collingwood, toujours en Ontario.

Les sauveteurs constituent une excellente mesure de sécurité préventive, martèle Barbara Byers, de la Société de sauvetage, un organisme caritatif dédié à la prévention des noyades et des blessures liées à l’eau.

«S’ils surveillent une piscine et voient quelqu’un qui ne sait pas nager, ils vont s’assurer que cette personne reste dans la zone peu profonde et se tienne loin de la pente. Ils s’assureront qu’il y a un parent à portée de main», fait-elle valoir.

Selon Mme Byers, moins d’un pour cent des noyades recensées au Québec et en Ontario sont survenues sous la surveillance d’un sauveteur.

Mais elle rappelle que les parents et les gardiens devraient toujours garder leurs enfants à l’œil lorsqu’ils sont dans l’eau : «Nous disons toujours aux parents que les sauveteurs ne sont pas des “babysitters”.»

Apprendre aux enfants à nager est d’ailleurs l’une des meilleures manières de prévenir les noyades, ajoute Barbara Byers.

«La nage demande de l’enseignement, explique-t-elle. Nous ne sommes pas des poissons. Nous n’avons pas la capacité d’apprendre à nager par nous-mêmes.»

«Si nous pouvons nous assurer que tous les enfants apprennent ces compétences à l’école, alors nous pourrons leur fournir cet entraînement que leurs parents soient conscients ou pas que leurs enfants doivent apprendre à nager.»

Projet-pilote

De tels cours obligatoires ont fait l’objet d’un projet-pilote à Winnipeg de janvier à juin dernier et sont depuis devenus permanents, indique la porte-parole de la division scolaire de la ville, Radean Carter.

Ces cours apprennent aux élèves à entrer dans l’eau par roulade, à nager sur place pendant une minute et à parcourir 50 mètres sans interruption.

Des programmes du genre sont déjà en place dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, où les élèves apprennent à nager sur une distance de 25 mètres «de manière compétente et confiante» et à assurer leur propre sauvetage dans différents contextes aquatiques.