Le premier ministre Justin Trudeau, sa femme Sophie et leurs enfants Xavier James et Ella-Grace ont rencontré mardi la star de Bollywood (cinéma indien) Shahrukh Khan à Mumbai.

De nouveaux investissements totalisant 1 milliard $ entre l'Inde et le Canada

MUMBAI — Certaines des plus importantes entreprises indiennes promettent d'investir au Canada 250 millions $ au cours des prochaines années dans des secteurs aussi variés que la transformation du papier, l'industrie pharmaceutique et l'intelligence artificielle. Des entreprises canadiennes promettent de leur côté d'investir 750 millions $ en Inde.

Ces annonces ont été faites mardi matin après une rencontre entre le premier ministre Justin Trudeau et six des plus puissants gens d'affaires indiens. M. Trudeau affirme que ces ententes créeront plus de 5800 emplois au Canada.

Le premier ministre avait d'abord indiqué que des investissements de 1 milliard $ étaient tous destinés au Canada, mais son entourage a par la suite rectifié le tir, en précisant que les trois quarts de ces sommes seraient investis en Inde par des sociétés canadiennes.

Près des deux tiers des 750 millions $ d'investissements canadiens en Inde proviendront en fait du gestionnaire torontois d'actifs Brookfield, qui dépensera 480 millions $ pour acquérir à Mumbai un complexe de bureaux de 115 000 mètres carrés (1,25 million de pieds carrés). Par ailleurs, Fairfax India Holdings du Canada achètera, au coût de 200 millions $, une participation de 51 % dans la Banque catholique syrienne, dans l'État indien du Kerala.

Côté indien, Jubilant Life Sciences investira notamment 100 millions $ pour agrandir son usine de matériel médical à Kirkland, dans l'ouest de l'île de Montréal.

Kumar Birla, président du conseil d'administration du conglomérat Groupe Aditya Birla, et huitième homme le plus riche du pays, a indiqué que l'accueil réservé aux gens d'affaires par les gouvernements fédéral et provinciaux du Canada rendait les investisseurs heureux. Son entreprise, qui se concentre essentiellement dans les ressources naturelles et possède déjà des usines de pâte et papier en Ontario et au Nouveau-Brunswick, a trois projets d'expansion au Canada, dans les domaines de la fibre, du noir de carbone et de l'aluminium.

Le patron d'InfoSys, Salil Parekh, a quant à lui annoncé que la firme de technologies de l'information doublera sa présence au Canada d'ici deux ans. L'équipementier Valiant Communications souhaite aussi investir au Canada, tout comme le fabricant de produits naturels Clarion Pharmaceutical.

Réformes économiques

Les entrepreneurs indiens soutiennent que le Canada est un bon endroit où faire des affaires et que leurs expériences antérieures les incitent à y revenir. De son côté, le gouvernement du premier ministre Narendra Modi a adopté au cours des dernières années des réformes économiques qui facilitent les investissements étrangers en Inde.

Chanda Kochhar, présidente directrice générale de la Société indienne de crédit et d'investissements, a rappelé mardi les impacts de ces réformes majeures — notamment une réforme fiscale qui simplifie la taxe sur les produits et services, la création d'un tribunal des faillites et une plus grande transparence.

Les annonces de mardi surviennent alors que le commerce entre les deux pays ne croît pas aussi vite que certains l'auraient souhaité. En 2012, le premier ministre Stephen Harper et le gouvernement indien s'étaient fixé un objectif de 15 milliards $ d'ici 2015 pour les échanges commerciaux; en 2016, ces échanges atteignaient un peu plus de la moitié de cette cible.

M. Trudeau tente aussi de mettre de l'avant en Inde quelques-uns de ses dossiers de prédilection, notamment la place des femmes et les droits de la personne. Il a d'ailleurs présidé mardi une table ronde de femmes d'affaires indiennes.