Guillaume Bertrand-Bibeau, qui a été gardé détenu durant les procédures, a plaidé coupable vendredi aux voies de fait et menaces de causer la mort sur sa conjointe.

De la violence conjugale à l’ère de Facebook

Guillaume Bertrand-Bibeau ne s’est pas contenté de menacer sa conjointe de la tuer. Il a filmé et décrit ses menaces sur une vidéo. De la violence conjugale à l’ère de Facebook.

Bertrand-Bibeau, 30 ans, était en couple depuis presque huit ans avec Marie-Anne* lorsque la situation s’est mise à dégénérer, au printemps dernier. La consommation de drogue aurait agi comme déclencheur, selon le récit fait par la procureure de la Couronne Me Geneviève Blouin.

Lors d’une dispute, en avril, l’homme frappe sa conjointe avec le tranchant de la main. Il rejoint ensuite Marie-Anne dans la chambre à coucher et lève une machette au dessus de son épaule, comme s’il voulait l’attaquer.

À une autre occasion, Guillaume Bertrand-Bibeau menace Marie-Anne de la tuer avec la machette, de mettre son corps dans la voiture avant d’aller la jeter dans le fleuve.

Les jours passent, les crises se multiplient. 

Bertrand-Bibeau met sa copine au défi de le dénoncer à la police. Il promet qu’il va alors tuer les policiers et qu’elle aura leur mort sur la conscience.

Guillaume Bertrand-Bibeau a filmé avec son téléphone une courte vidéo de 13 secondes qu’il a envoyée à ses frères par Facebook Messenger. Dans la vidéo, l’homme apparaît avec sa fameuse machette et il explique ce qu’il fera à Marie-Anne.

«Je vais commencer par y donner un petit coup dans la jugulaire, m’a l’a saigner, m’a la pendre comme un cochon à l’envers. Ça va se vider. Avec le sang en moins, elle va peser plus léger.» Marie-Anne va se rendre au poste de police le 10 mai, en compagnie des frères de Bertrand-Bibeau, pour porter plainte.

En raison de la présence de l’arme, c’est le groupe technique d’intervention de la police de Québec qui va procéder à l’arrestation du conjoint violent, le jour même.

Bertrand-Bibeau, qui a été gardé détenu durant les procédures, a plaidé coupable vendredi aux voies de fait et menaces de causer la mort. «Oui, c’est correct», répond-il, d’un ton léger, à la juge Rena Émond de la Cour du Québec qui lui demande s’il souhaite réellement plaider coupable. «Ce sont les faits que vous reconnaissez?», ajoute la juge. «Oui, oui», ajoute l’accusé, sans plus d’émotion.

Les représentations sur la peine auront lieu en décembre.

* Prénom fictif