Émmy Moisan est la seule des cinq accusés du braquage de domicile qui n’a pas encore réglé ses comptes avec la justice.

De deux à trois ans de prison pour un règlement de compte

Un règlement de compte coûtera cher à quatre Sherbrookois qui ont été condamnés à des peines de prison fédérale pour un braquage de domicile, mardi, à Sherbrooke.

Tommy Moreau-L’Espérance, Kevin Belisle, condamné à trois ans de prison, et Patrick Hébert-Bazinet, à 35 mois de détention, passeront plus de deux ans à l’ombre après avoir reconnu la trame factuelle de leur aventure criminelle de juillet 2018. Benjamin Paquette devra passer pour sa part deux ans moins un jour derrière les barreaux dans un centre de détention provincial.

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Ces hommes âgés dans la vingtaine se sont rendus dans un logement situé dans le secteur de la rue Johnson dans l’est de Sherbrooke chez une connaissance le 8 juillet dernier.

Ils sont entrés dans le domicile et y ont frappé l’occupant.

La victime ne s’est pas présentée à l’hôpital, mais s’était replacé la mâchoire après l’altercation. La poursuite a retiré l’accusation de voies de fait, mais affirme qu’il y a eu usage de violence.

Les accusés ont volé des appareils électroniques, dont un ordinateur portable, une carte de son et une clé USB pour une valeur d’environ 1500 $.

Kevin Bélisle, Tommy Moreau-L’Espérance, Benjamin Paquette et Patrick Hébert-Bazinet ont reconnu une introduction par effraction chez la victime, un vol qualifié et un complot pour commettre un vol qualifié.

C’est dans la nuit du 8 et le 9 juillet 2018, que les accusés se sont présentés chez celui qui deviendra la victime.

La victime a ouvert la porte à Kevin Bélisle et à Emmy Moisan, qui se sont présentés chez lui. Plusieurs individus se sont alors introduits chez lui pour le tabasser et le voler.

Paquette savait où résidait la victime.

« Sans lui, l’événement ne serait pas arrivé ce soir-là. C’est un élément que la poursuite trouve très important », a expliqué la procureure aux poursuites criminelles, Me Gabrielle Cloutier.

« Que je donne l’adresse ou pas, ils se seraient battus quand même », a signalé Paquette en plaidant coupable.

C’est lors d’un feu de camp où les accusés se sont « crinqués » contre la victime que cette affaire a commencé. Il régnait une certaine animosité entre plusieurs des accusés et la victime dépuis plusieurs semaines.

Les peines ont été imposées à la suite de suggestion commune des avocats de la défense Me Patrick Fréchette, Me Christian Raymond, Me Kim Dingman et Me Mélissa Podilchuk avec la procureure aux poursuites criminelles Me Gabrielle Cloutier.

La détention provisoire a été retranchée de leurs peines de prison.

Ils étaient tous détenus depuis juillet sauf Hébert-Bazinet, qui a été arrêté en décembre. 

Concernant chaque accusé

Chacun des avocats au dossier a ajouté certains éléments de preuve concernant l’accusé qu’il représente.

Tommy Moreau-L’Espérance, défendu par Me Kim Dingman, n’a pas frappé la victime, mais se trouvait dans une autre pièce pour commettre les vols.

Hébert-Bazinet a aussi reconnu une accusation de menaces soit d’avoir transmis un message à la victime sur Facebook « qu’il allait le passer et qu’il allait s’en souvenir s’il le passait ».

« Il est maintenant déterminé à reprendre son sort en main. Il est sincère dans son intention de se réhabiliter », a indiqué Me Fréchette.

Bélisle, 28 ans, possède des antécédents en semblable matière.

« Il s’est informé des programmes qui pourraient lui être offerts en détention. Il souhaite notamment régler ses problèmes de consommation », a expliqué Me Raymond.

Benjamin Paquette est le seul qui s’est adressé au tribunal.

« Je ne savais pas ce qui allait arriver. C’est juste un one at one qui devait se passer. S’il est arrivé autre chose, je suis désolé », a mentionné Paquette à l’intention de l’accusé.

Une fois la détention provisoire retranchée, Paquette devra purger une peine de deux ans moins un jour, soit la peine la moins importante du quatuor.

« Il y a eu une certaine forme de collaboration avec les policiers. Il s’est excusé à la victime », a mentionné Me Cloutier.

Cet agression a causé une insécurité à l’accusé qui a installé des caméras à la suite de cet événement.

Des interdits de contact ont été imposés entre les accusés et avec la victime.

« Vous avez commis des délits très sérieux. Il y a beaucoup de facteurs aggravants dans le dossier. Clairement, la victime a subi des séquelles psychologiques », a mentionné la juge Fabi.

Émmy Moisan, la seule qui n’est pas détenue, a été cité à son procès sur les quatre chefs d’accusation.

Son avocate Me Mélissa Gilbert a remis le dossier au 13 mars pour prendre position dans son dossier.