Le pont des Chaudières est toujours fermé à toute circulation en raison de la crue printanière.

Crue des eaux à Gatineau: «Il est temps que ça finisse»

Le répit est lent à obtenir chez les sinistrés des inondations en Outaouais. Les niveaux d’eau des rivières Gatineau et des Outaouais ont légèrement augmenté par endroits et fléchi à un autre entre vendredi après-midi et samedi après-midi, selon les plus récents relevés des stations hydrométriques.

La rivière des Outaouais dans le secteur Aylmer a décru d’un centimètre entre vendredi (16 h 30) et samedi (16 h 30), et s’élevait à 60,53 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer. Elle avait atteint une pointe de 60,70 m au plus fort des inondations.

La rivière Gatineau à la hauteur de la rue Cartier a augmenté d’un centimètre en 24 heures pour se situer à 44,87 m, une réduction de 36 cm sur sa pointe d’il y a une dizaine de jours.

À la marina de Hull, le niveau de la rivière des Outaouais a crû de 2 cm entre vendredi et samedi. Les stations hydrométriques à Masson-Angers et au Quai des Artistes sur la rue Jacques-Cartier révélaient des croissances respectives de 4 cm et de 2 cm en 24 heures.

La Commission de planification de la régulation de la rivière des Outaouais anticipe une hausse de 8 cm de la rivière à la hauteur de la marina de Hull, dimanche.

La Ville de Gatineau comptait samedi après-midi 1038 ménages sinistrés de la crue printanière pour un total de 2140 personnes, une augmentation par rapport à la matinée. En Outaouais, ce sont 2094 résidences qui ont été inondées, selon Urgence Québec.

Essoufflement

Comme bon nombre de sinistrés des inondations un peu partout dans la région, l’ancienne conseillère municipale Sylvie Goneau, une résidente du boulevard Hurtubise, doit elle aussi se déplacer en embarcation pour rejoindre la terre ferme. Sa nouvelle maison n’est pas inondée puisqu’elle a reconstruit plus haut à la suite de la crue de 2017, mais elle constate l’épuisement et l’écoeurement chez ses voisins, et chez elle aussi, après plus de trois semaines de lutte.

«C’est comme des montagnes russes au chapitre émotionnel», a illustré Mme Goneau, tout en précisant que de nombreux sinistrés des inondations de 2017 doivent se battre encore cette année contre le débordement des rivières.

«Il est temps que ça finisse», a-t-elle laissé tomber, exaspérée.

Elle pense notamment aux résidents qui doivent se relayer la nuit pour s’assurer que les pompes fonctionnent toujours.

«Quand l’eau monte rapidement, tu ne dors jamais sur tes deux oreilles puisque tu ne sais pas si tu vas te lever le lendemain et que ta digue aura ou non tenu le coup, si elle sera suffisamment élevée, que tes pompes n’auront pas subi un problème mécanique», a partagé Mme Goneau.

«Quand tu te lèves le matin, la première chose que tu fais est de regarder dehors, pas pour savoir s’il fait beau, mais pour voir le niveau de l’eau», a-t-elle continué.

Mme Goneau rappelle aussi que les résidents doivent constamment utiliser un bateau pour aller faire des courses, aller au travail.

«C’est toujours un effort supplémentaire de partir de chez toi et de revenir chez toi», a expliqué Mme Goneau, précisant que les gens doivent enfiler bottes et gilet de sauvetage, s’assurer de ne pas se salir lorsqu’on va au travail et s’assurer que l’épicerie est couverte lorsqu’il pleut.

«Malheureusement, pour ceux qui sont en train de se battre pour protéger leur maison, il n’y a pas de tranquillité d’esprit et on ne se change pas les idées lorsqu’ils vont en ville parce qu’il y a toujours une partie de toi qui reste dans la maison», a-t-elle raconté.