Le lancement du label propre aux produits de Saint-Élie-de-Caxton s’est fait en présence de trois des responsables de cette initiative locale. De gauche à droite: Isabelle Héroux, fondatrice et boulangère, Fred Pellerin, fondateur et Christine Ouellet, créatrice du logo officiel et artiste visuelle.

Création du FOC: un label caxtonien

SAIT-ÈLIE-DE-CAXTON — Saint-Élie-de-Caxton a désormais une appellation spécifique qui identifie des produits créés et vendus dans le village. Le label porte le nom de FOC, acronyme de Fabrication d’origine caxtonienne.

Pour l’instant, seuls dix produits ou services portent l’appellation mais une bonne trentaine d’autres seraient susceptibles de l’obtenir au cours des prochaines semaines ou mois. Le projet qui est aussi sérieux qu’il peut être ludique fait l’objet de discussions depuis plus d’un an. Cette certification qui n’a aucune valeur légale vise à identifier des produits locaux qu’on a divisés en quatre catégories: les produits bruts, les produits transformés, les services et les œuvres d’art.

Si son nom même dévoile le côté humoristique de la démarche, il reste que les instigateurs ont développé une grille de critères qui sont, eux, plus sérieux. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment le fait que le producteur a à cœur le bien de sa communauté, que la production n’implique pas de maltraitance d’humains ou d’animaux et que le produit offert soit réalisé et offert à Saint-Élie. Ensuite, chaque sous-catégorie a ses propres critères. La liste a été distribuée aux producteurs de biens et services qui ont rempli la demande qui a ensuite été étudiée par le comité FOC.

Les produits sélectionnés pour porter le label sont au nombre de dix. Dans les produits transformés, on retrouve: le gâteau à la mandarine de Josée Beaudoin, de Chez Elle, le cimeterre Dragon des Ateliers Nemesis, le pendentif Cœur mosaïque de la joaillière Judith Picard, la tente Alaskan de Guy Hébert, de l’A.T.U.K., le sel aux herbes, de Michelle Beauregard, les baguettes du boulanger Vincent Vogelé de la boulangerie Croûte que Croûte, les jardinières de tomates cerises de Serge Dupuis, des Serres Serge Dupuis, les tasses du potier Sébastien Houle, potier de Saint-Élie. Deux services sont également coiffés de l’étiquette et ce sont l’igloo de bois du Rond-Coin et le pelletage de Rocker, personnage bien connu du village.

Derrière l’autodérision qui demeure accolée à la démarche, se tissent des objectifs tout ce qu’il y a de sérieux. Par cette initiative, on reconnaît la qualité et la diversité des produits locaux, en favorise l’achat tout en augmentant la fierté et le sentiment d’appartenance des habitants du village. Tous les produits ayant reçu leur sceau d’approbation seront identifiés par un auto-collant portant le logo emblématique de l’appellation et une page Facebook y est d’ailleurs consacrée. Par ailleurs, des vêtements faisant la promotion de l’initiative sont déjà en circulation et portent le slogan de l’initiative qui est: «FOC-tu?»

«L’idée, dit Fred Pellerin, un des initiateurs du projet, c’est de faire connaître les grands crus du Caxton. Ça vient avec un sourire mais ça a aussi un côté sérieux. Tous les commerçants du village ont embarqué dans le projet mais même à l’extérieur de la région, les produits vont demeurer identifiés à Saint-Élie. Les fonds nécessaires à la mise en place de la chose proviennent du Fonds fou, une récupération de certains droits d’auteur et de ventes de produits dérivés que je récupère dans un compte spécifique et qui injecte de l’argent dans des trucs comme ça au village. Ça dépense quelques dizaines de milliers de dollars par année pour des projets artistiques ou pour que ça profite aux enfants de Saint-Élie mais ça demeure très discret.»

«C’est une initiative indépendante de l’administration municipale qui s’est faite par un comité composé d’Isabelle Héroux, Christine Ouellet et moi mais en collaboration avec les commerçants. Certains critères sont plus techniques alors que d’autres vont dans un autre sens comme de savoir si le produit peut être associé à une anecdote au village.»

«Ça pourrait peut-être donner l’idée à d’autres villages de certifier des produits qui participent à leur identité. Sur le logo, on retrouve une carte de St-Élie mais on peut très bien y mettre celle d’un autre village. Dans nos rêves, on se dit qu’il se pourrait qu’il y ait quelques certifications de fabrication locales sur le territoire de la province. Au début, on aurait voulu créer une certification officielle comme il en existe pour certains produits mais les critères à respecter étaient beaucoup trop nombreux et trop stricts et on n’a pas ce qu’il faut ici.»

Isabelle Héroux soutient que l’initiative pourrait très bien avoir d’heureuses conséquences. «Je pense que ça peut avoir des retombées économiques. Les gens qui visitent un village sont portés à acheter des produits locaux mais ceux-ci ne sont pas identifiés la plupart du temps. Les gens vont venir ici et savoir quoi rechercher. C’est gagnant pour le village et gagnant pour les producteurs. On a toutes sortes de produits qui pourraient s’ajouter: une couturière, des cours de yoga, des massages, un maréchal-ferrant, etc. On n’est qu’au début de l’appellation.»