Le président de l'AFO, Carol Jolin.

Coupes dans les services en français: l'AFO embauche deux avocats

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) embauche une équipe juridique afin d’analyser l’option d’une révision judiciaire dans le dossier du financement de l’Université de l’Ontario français (UOF).

Les avocats Ronald Caza - connu pour son implication au sein de SOS Montfort — et Mark Power ont été mandatés par l’AFO pour formuler un avis juridique. Ils se pencheront aussi sur la nouvelle législation qui retire l’indépendance du Commissariat aux services en français en le plaçant sous le bureau de l’ombudsman.

Cette décision est prise le jour où l’Université de l’Ontario français souffle sa première bougie. Le 14 décembre 2017, l’Assemblée législative adoptait le projet de loi qui créait l’entité légale de l’UOF, un projet mis au rencart par l’adoption du projet de loi 57, à Queen’s Park.

« Dès le départ, on a essayé de régler ça sur le plan politique, souligne le président de l’AFO, Carol Jolin. Malgré ça, le gouvernement est allé de l’avant avec son projet de loi qui est maintenant loi », souligne le président de l’AFO, Carol Jolin.

Si le gouvernement ontarien ne souhaite pas investir pour que l’UOF ouvre ses portes dès 2020, l’AFO exige qu’un financement de base soit maintenu pour que l’équipe en place puisse continuer le développement du projet, au-delà du 15 janvier 2019.

M. Jolin espère aussi pouvoir s’entretenir avec la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, à ce sujet au cours des prochains jours. Il en profiterait également pour insister sur la nécessité d’envoyer une demande formelle au gouvernement fédéral pour une partie du financement de l’UOF.

Le fédéral serait prêt à verser l’ensemble de sa contribution durant les quatre premières années d’existence de l’institution, selon Carol Jolin.

« C’est une solution qu’on trouve gagnant-gagnant. D’une part, le gouvernement provincial a le temps de réagir et travailler à sa priorité, c’est-à-dire rétablir les finances publiques et, après ça, mettre l’argent nécessaire pour que l’université continue d’avancer. La communauté a une université fonctionnelle, un projet démarré et le gouvernement atteint ses objectifs. »

L’AFO a par ailleurs transmis une lettre à tous les députés du caucus progressiste-conservateur, vendredi matin, dans le but de les informer des discussions qu’elle a eues avec le gouvernement fédéral.

Bataille coûteuse

La préparation d’un avis juridique et le potentiel recours aux tribunaux risque de coûter cher à l’AFO. La majorité des sommes amassées jusqu’à maintenant par La Résistance ont servi dans le cadre des manifestations du 1er décembre dernier.

« Maintenant, il va falloir retourner du côté de la population pour demander un coup de main, mais aussi chez nos alliés un peu partout au Canada », souligne Carol Jolin.

Selon des informations reçues par Le Droit, l’AFO a reçu un appui financier significatif de la part du ministère fédéral des Langues officielles pour l’aider dans sa lutte. Questionn à ce sujet, M. Jolin n’a pas démenti l’information, mais préfère laisser le cabinet de la ministre, Mélanie Joly, divulguer les détails de cette aide.

Le président de l’AFO souligne toutefois l’importance du retour du programme de contestation judiciaire et affirme que son organisation va assurément demander du financement dans le cadre de ce programme.