Cette semaine à la Coupe Rogers, les projecteurs seront tournés vers Félix Auger-Aliassime, qui participera au tournoi montréalais pour une première fois.

Coupe Rogers: Auger-Aliassime brillera-t-il sous les projecteurs montréalais?

MONTRÉAL — Le Japonais Kei Nishikori a admis qu'il n'aimait pas jouer devant ses partisans à Tokyo à ses débuts. La pression et l'attention du public rendaient l'expérience difficile pour lui.

Après des éliminations rapides entre 2007 et 2011, Nishikori a finalement triomphé dans son pays natal en 2012, battant le Canadien Milos Raonic en finale. Le scénario s'est répété en 2014, quand il a à nouveau défait Raonic pour le titre.

«La pression faisait que je n'arrivais pas à bouger comme je le voulais, a mentionné Nishikori, cinquième tête de série cette semaine à Montréal. Les trois ou quatre premières années, je ne jouais pas du bon tennis. Par la suite, je me suis habitué à la situation. J'ai compris comment rester calme sur le terrain.

«Maintenant, c'est une expérience que j'apprécie. Je ressens un important appui du public chez moi et maintenant, j'aime jouer au Japon.»

Cette semaine à la Coupe Rogers, les projecteurs seront tournés vers Félix Auger-Aliassime, qui participera au tournoi montréalais pour une première fois.

Auger-Aliassime, 22e au classement mondial, a raconté avoir été surpris par l'imposante foule qui a assisté à son premier entraînement vendredi soir.

«Ce serait mentir que de dire que c'est un tournoi comme les autres. C'est spécial, avait affirmé Auger-Aliassime samedi. J'espère utiliser l'énergie et l'appui de la foule de manière positive. C'est certain qu'il y a un piège en se mettant trop de pression sur les épaules.»

Auger-Aliassime brisera la glace lundi en double en compagnie de son compatriote Vasek Pospisil. Les deux s'affronteront mardi après-midi dans un duel de premier tour en simple.

Maturité

Ce qui peut jouer en faveur d'Auger-Aliassime, c'est sa maturité. Tous les joueurs de l'ATP interrogés au sujet du Québécois au cours du week-end ont vanté cette qualité du jeune homme qui célébrera son 19e anniversaire de naissance le 8 août.

«Je crois qu'il est l'un des meilleurs au monde à son âge et je n'ai pas beaucoup de conseils à lui donner, a dit Nishikori. Je crois qu'il est bien entouré et c'est pour cette raison qu'il est toujours concentré. Du moins, c'est ce que je ressens de l'extérieur.»

De son côté, l'Allemand Alexander Zverev a subi trois fois l'élimination au premier tour dans sa ville natale à Hambourg. Il a toutefois atteint les demi-finales pour une deuxième fois le mois dernier, s'inclinant en trois manches face au Géorgien Nikoloz Basilashvili. Il espère qu'Auger-Aliassime ne sera pas étouffé par les projecteurs cette semaine.

«Vous ressentez de la pression, mais aussi une énergie positive, l'amour de la foule envers vous, a raconté Zverev, champion à Montréal en 2017 et troisième tête de série cette semaine. J'espère que Félix ressentira la même chose, qu'il appréciera l'expérience à la place de ressentir une pression négative.

«À Hambourg, c'est un tournoi moins important et j'étais l'un des favoris pour l'emporter. Je crois que Félix pourrait gagner un tournoi majeur un jour, mais il n'est pas encore l'un des favoris ici. Peut-être qu'il gagnera ce tournoi à plusieurs reprises dans l'avenir, mais il n'est âgé que de 18 ans. Il faut lui donner du temps.»

L'avantage du terrain pour les Canadiens?

Dans l'objectif d'aider un peu Auger-Aliassime et son compatriote Denis Shapovalov, le directeur du tournoi, Eugène Lapierre, avait affirmé lors du tirage au sort que les terrains du stade IGA étaient un peu plus lents cette année.

«Je crois avoir été le premier à m'entraîner sur la nouvelle surface avant de partir pour Washington il y a presque deux semaines, avait noté Auger-Aliassime, samedi. Ils ont adapté les terrains pour que ça ressemble à Miami.»

«La vitesse est un peu plus lente et la balle rebondit plus haut. C'est parfait pour moi, avait analysé Shapovalov. J'aime pouvoir prendre mon temps et y aller d'un gros élan. C'est idéal pour un joueur comme moi.»

Auger-Aliassime et Shapovalov avaient atteint les demi-finales à Miami ce printemps, tandis que Milos Raonic avait atteint le troisième tour.

«Ça permet de bien s'installer, de construire le point, avait mentionné Auger-Aliassime. Le nouveau jeu se dirige vers ça. Les courts sont moins rapides sur le circuit. C'est mieux pour les joueurs, le spectacle, les échanges et le niveau de jeu.»

Toutefois, les joueurs sondés dimanche n'étaient pas prêts à dire que le court central du stade IGA était plus lent qu'en 2017.

«Peut-être que les autres terrains ne sont pas aussi vites, mais le central semblait rapide, a dit Zverev. Peut-être que c'est parce que j'arrive d'un tournoi sur terre battue.»

«Je me suis entraîné hier (samedi) et ça semblait rapide», a dit l'Italien Fabio Fognini.

Nishikori, le Russe Karen Khachanov ainsi que l'Espagnol et favori Rafael Nadal trouvaient aussi que le court central était plutôt rapide.

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LES SIX CANADIENS EN LICE SERONT EN ACTION LUNDI

MONTRÉAL — Les six Canadiens en lice au volet masculin de la Coupe Rogers seront en action lors de la première journée d'activités du tableau principal, lundi.

Le Torontois Steven Diez espérait s'ajouter au contingent de l'unifolié. Diez a toutefois perdu son deuxième match de qualification 7-6 (4), 7-6 (5) contre l'Américain Bradley Klahn.

Le vétéran Milos Raonic, 17e tête de série, ouvrira le bal, lundi, sur le court central du stade IGA. Raonic, 20e raquette mondiale et finaliste à Montréal en 2013, croisera le fer avec le Français Lucas Pouille. Ce dernier a gagné le dernier duel entre les deux hommes aux Internationaux d'Australie, après avoir subi la défaite à ses trois premières sorties contre le puissant serveur ontarien.

Le favori local Félix Auger-Aliassime disputera ensuite un premier match en carrière à la Coupe Rogers devant ses partisans. Auger-Aliassime fera équipe avec son compatriote Vasek Pospisil dans une rencontre de premier tour en double face aux Français Jérémy Chardy et Fabrice Martin.

Auger-Aliassime et Pospisil doivent s'affronter en simple, mardi après-midi.

Denis Shapovalov aura l'honneur de disputer le premier match en soirée sur le court central lundi. De retour là où sa carrière a pris son envol, Shapovalov affrontera le Français Pierre-Hughes Herbert.

Lors de son parcours jusqu'en demi-finales en 2017, Shapovalov avait notamment défait Juan Martin del Potro et Rafael Nadal, avant de s'incliner face à l'éventuel vainqueur, Alexander Zverev.

Aujourd'hui âgé de 20 ans, Shapovalov occupe le 31e rang mondial. Il a toutefois perdu ses cinq derniers matchs et a franchi le premier tour à seulement deux de ses neuf derniers tournois, soit depuis sa défaite contre Roger Federer lors des demi-finales à Miami.

Le vétéran Peter Polansky terminera la journée de lundi sur le court central avec un duel contre le Français et 16e tête de série Gaël Monfils.

De son côté, Brayden Schnur jouera lors du deuxième duel à l'horaire sur le court Banque nationale face à l'Américain Tommy Paul, qui est issu des qualifications.