Serge Aubé

Coupable d'avoir tué un chien: absolution conditionnelle pour Aubé

Serge Aubé de Cookshire-Eaton, qui a tué le chien de sa voisine d’un coup de feu, pourra profiter d’une absolution conditionnelle.

L’individu de 59 ans devra cependant verser une compensation monétaire de 3000 $ à la propriétaire de l’animal.

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« Je suis sous le choc. Je n’en reviens pas qu’il s’en sorte aussi bien. Ce n’est pas de l’argent que je voulais, mais qu’il paye pour son geste. Il méritait une peine d’emprisonnement », estime la propriétaire de l’animal.

Jessica Lambert a subi un choc post-traumatique à la suite de ces violents événements qui sont survenus en août 2017.

Dans sa décision rendue, mardi, le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec a imposé une série de conditions à Aubé dont celles de ne pas communiquer avec la victime et ne pas posséder d’arme à feu. L’individu de 59 ans évite l’imposition d’un casier judiciaire qui aurait mis son emploi en péril. 

« Dans un geste d’impulsivité et de frustration vous avez tué le chien de votre voisine avec une carabine 22. Les faits sont simples, vous étiez frustrés parce que le chien faisait ses besoins sur votre terrain. Malgré des plaintes à la Ville rien n’avait été fait. Vous avez tiré un coup de feu vers le chien que vous avez atteint mortellement. Vous avez tenté de fuir, mais les voisins vous en ont empêchés », a rappelé le juge Chapdelaine.

En juin 2018, Serge Aubé avait reconnu devant le tribunal avoir tué le chien de sa voisine parce qu’il était « lousse » et faisait ses besoins sur son terrain le 14 août 2017. Il a tiré sur le chien à partir de la fenêtre de sa chambre avec une carabine vers 22 h. 

« Pour moi, c’est vraiment une perte majeure. Je ne pense pas qu’un montant d’argent puisse venir m’aider dans cette situation. Je revis ce moment constamment. Je suis vraiment déçue du processus judiciaire », signale Jessica Lambert.

Comme facteur aggravant, le tribunal a retenu le coup de feu tiré dans un quartier résidentiel où se trouvent des enfants « un geste disproportionné et violent ».

Le juge Chapdelaine a cependant considéré plusieurs facteurs atténuants dans cette affaire pour en arriver à conclure qu’il pouvait accorder une absolution étant donné l’intérêt véritable de l’accusé sans nuire à l’intérêt public.

Jessica Lambert

Le juge considère que Serge Aubé demeure un actif pour la société et son emploi aurait pu être mis en péril si un casier judiciaire lui avait été imposé.

L’absence d’antécédent judiciaire, les remords sincères, sa capacité de rembourser la victime et la reconnaissance immédiate de ses torts ont été tenus en compte.

« Les douleurs et inconvénients, même s’ils sont difficiles à chiffrer, justifient la remise de la somme de 3000 $. Ce montant, le double de ce qui avait été proposé par la défense, représente un caractère réparateur et punitif », signale le juge Chapdelaine.

Me Émilie Baril-Côté en poursuite réclamait une peine de six mois de prison à purger dans la collectivité, alors que Me Michel Dussault défense souhaitait qu’il puisse bénéficier d’une absolution inconditionnelle.

L’individu de 59 ans avait présenté ses excuses à la victime lors des observations sur la peine.

« Je ne crois pas à ses excuses », signale Jessica Lambert qui pourrait entreprendre une poursuite civile contre Serge Aubé.