À sept ou huit ans, la mère de Richard Therrien lui avait acheté une machine à écrire. «Au lieu d’aller jouer dehors, j’écrivais des chroniques de télévision. Je refaisais les grilles horaires de la télévision. Je prenais des notes dans les télés horaires et ça me sert encore aujourd’hui», confie-t-il.

Conversation avec Richard Therrien: «La télé m’a amené au journalisme» [VIDÉO]

Richard Therrien est tombé dans la télé quand il était petit. Il n’a jamais rêvé d’être policier ou astronaute. Non, lui, il voulait devenir chroniqueur télé.

Première de la série Conversation avec nos chroniqueurs, au Diamant, la rencontre avec Richard Therrien a donné l’occasion, dans le contexte difficile que l’on connaît, à une soixantaine de lecteurs du Soleil de montrer leur soutien au quotidien centenaire de Québec et d’en savoir un peu plus sur le métier de chroniqueur télé. Réservée aux abonnés du journal, la soirée s’était remplie en quelques minutes. 

Il faut dire que les chroniques de Richard Therrien sont très suivies, surtout dès qu’il parle de District 31. Richard a eu la chance de voir les quatre premiers épisodes, lors de la projection de presse mardi, mais il ne fallait pas compter sur lui pour révéler ce qui nous attend cette saison. Il a tout de même lâché une petite primeur, rendez-vous jeudi pour savoir ce qui arrive avec Yannick Dubeau.

Chroniqueur télé du journal Le Soleil depuis 2001, Richard Therrien carbure à son petit écran. Cette véritable «encyclopédie de la télévision» a d’abord écrit pour TV Hebdo de 1996 à 2001. On peut l’entendre régulièrement commenter l’actualité télévisuelle au 98,5 FM. Il tient aussi le répertoire de la télévision québécoise en ligne Qui Joue Qui?

À VOIR Extraits de la conservation avec Richard Therrien [VIDÉO]

«Ma mère m’a acheté une machine à écrire quand j’avais sept ou huit ans. Au lieu d’aller jouer dehors, j’écrivais des chroniques de télévision. Je refaisais les grilles horaires de la télévision. Je prenais des notes dans les télés horaires et ça me sert encore aujourd’hui», confie-t-il. 

Adolescent, il ne ratait jamais la chronique de Louise Cousineau. «J’étais pensionnaire et je me levais plus tôt pour la lire. Elle a confirmé mon envie de devenir chroniqueur. À l’époque, ce n’était pas important, elle était à la fin du cahier, mais les gens aimaient ça et peu à peu elle s’est retrouvée à la une», relate-t-il. 

Un vrai travail 

Il dit souvent : «Ce n’est pas le journalisme qui m’a amené à la télévision, mais la télévision qui m’a amené au journalisme.» Et contrairement à la perception de nombreuses personnes, regarder des émissions et écrire dessus est un vrai travail. Il passe environ une quarantaine d’heures par semaine à visionner des séries, des documentaires et toutes sortes d’émission. 

«J’ai toujours un carnet de notes. Je ne reste pas chez nous à regarder la télé non plus. Le matin souvent, je vais voir des projections de presse, après on rencontre l’équipe, on va sur des tournages», souligne-t-il.

L’après-midi, il écrit sa chronique et il travaille comme n’importe quel journaliste en enquêtant et en posant des questions pour sortir une nouvelle. 

À force de rédiger sur la télévision, aurait-il le goût d’écrire une série? lui a demandé un lecteur. «Non, dit-il. J’ai suivi un cours d’écriture de fiction et je me suis rendu compte que ce n’était pas pour moi. Je dois être trop terre-à-terre», avoue-t-il.

L’avenir de la télévision 

S’il est vrai que certaines émissions attirent encore un large public, les cotes d’écoute de la télévision québécoise sont en baisse. Les jeunes se débranchent du câble pour s’abonner à Netflix. Or sur Netflix, on ne trouve pas de séries québécoises, dont tout le monde va parler le lendemain devant la machine à café. Plusieurs lecteurs sont inquiets de la disparition de la culture québécoise. 

Pour Richard Therrien, Netflix est une menace et il faudrait que la compagnie américaine achète et produise des séries québécoises. «Les Québécois souvent ont beaucoup aimé la télévision parce que ça racontait leur histoire. Ils se reconnaissaient dans l’histoire qu’il voyait». 

«Netflix aime faire du produit original qui n’a pas été vu ailleurs. Mais une série comme M’entends-tu? est en train de se vendre sur Netflix. Éventuellement, cette série-là va pouvoir faire le tour du monde comme nous on regarde des séries des pays scandinaves qu’on découvre et qu’on adore parce qu’ils ont un style bien à eux et ils font de la super bonne télé», poursuit-il. 

Pas juste des niaiseries 

Certes, les gens regardent de moins en moins la télévision, à cause d’Internet, de Netflix. Pourtant la télévision offre un large éventail d’émissions. Il y en a pour tous les goûts et il ne faudrait pas perdre ça, selon Richard Therrien. 

Contrairement à la France ou les États-Unis où les séries sont écrites par des équipes d’auteurs, au Québec, il y a souvent un seul auteur. «On a une débrouillardise, on n’a pas les budgets d’ailleurs, mais on réussit à faire de la bonne TV», affirme-t-il. 

Il reconnaît par contre que certaines émissions sont une «véritable punition» à regarder pour lui, comme Occupation double. «Je fais l’effort, c’est mon travail. C’est une punition pour moi, j’ai l’impression de perdre mon temps.» Il préfère Douane sous haute surveillance qu’il a découvert par hasard en zappant. 

Pour M. Therrien, être chroniqueur télé l’amène à parler de plein de sujets et à découvrir des choses. «La télé, ça nous fait grandir aussi, j’ai appris beaucoup de chose, il n’y a pas juste des niaiseries.»

Il constate également que les réseaux sociaux ont changé son métier. Il trouve parfois difficile la proximité avec les artistes et les créateurs. 

Vous pourrez regarder l’intégralité de la rencontre dans les prochains jours sur nos plateformes numériques. La prochaine soirée de la série Conversations avec nos chroniqueurs aura lieu en octobre au Diamant avec François Bourque.