Une équipe d'universitaires se penche sur les facteurs qui augmentent les possibilités qu’un suspect confesse un crime.

Congrès de l'ACFAS: les dessous de la confession de crimes

Quels peuvent être les facteurs qui augmentent les possibilités qu’un suspect confesse un crime ? Telle est la délicate question à laquelle tente de répondre une équipe d’universitaires.

Étudiante au doctorat en criminologie à l’Université de Montréal, Andréanne Bergeron a présenté les grandes lignes d’une recherche menée par une équipe dont elle fait partie, lundi après-midi, à l’Université du Québec en Outaouais, dans le cadre du 87e congrès de l’Association francophone pour le savoir.

L’équipe a eu accès à 200 dossiers de leurre informatique ou de pornographie juvénile de la Sûreté du Québec. Dans tous les cas, les dossiers sont fermés et les suspects ont été condamnés.

Ils n’ont cependant pas tous avoué leur crime devant un enquêteur. Dans certains cas, c’est la preuve amassée qui a permis d’en arriver à un verdict de culpabilité.

Après avoir visionné 46 interrogatoires – dont la durée atteignait parfois plusieurs heures –, l’équipe dont fait partie Andréanne Bergeron a divisé les suspects selon différentes « dynamiques ».

Le 87e congrès de l’Association francophone pour le savoir réunit plusieurs expertes scientifiques comme l’étudiante au doctorat Andréanne Bergeron et la professeur associée Sarah Paquette.

Un peu plus de la moitié (52 %) ont fini par faire une « confession complète ». Du lot, certains ont exprimé des remords, d’autres pas du tout. Certains ont essayé de se justifier avec des phrases comme « la petite fille, elle voulait, je ne l’ai pas forcée », a indiqué Mme Bergeron.

D’autres suspects (24 %) ont fait une confession partielle, tandis qu’une proportion égale des suspects sont demeurés dans le déni. Dans cette dernière catégorie, certains suspects ont été des « négateurs actifs » lorsqu’interrogés par un enquêteur, tandis que d’autres sont demeurés complètement muets.

Ces données ont été croisées avec les différentes techniques d’interrogatoire utilisées par les enquêteurs. Elles seront aussi ultérieurement analysées en fonction du moment où elles sont utilisées en cours d’interrogatoire.

« Le but, c’est d’analyser toutes les techniques qui sont utilisées et de voir lesquelles sont les plus efficaces, a expliqué Mme Bergeron. Je pense qu’on va être en mesure, après, de faire un rapport de ce qui est efficace et de ce qui l’est moins. Si ça peut servir aux enquêteurs comme formation, on va être bien contents. »