Jugeant que le CISSSO n’a « pas les ressources nécessaires pour s’en sortir », un nouveau groupe baptisé SOS 07 souhaite inonder les boîtes courriels des députés de la région afin de leur faire réaliser l’ampleur des problèmes.

CISSSO: un envoi «massif» de lettres pour faire bouger les élus

Jugeant que le réseau de la santé de l’Outaouais n’a « pas les ressources nécessaires pour s’en sortir », un nouveau groupe baptisé SOS 07, dans lequel s’implique un urgentologue de la région, souhaite inonder les boîtes courriels des députés de la région afin de leur faire réaliser l’ampleur des problèmes qui font en sorte que « le système ne marche pas de façon optimale ».

Le Dr Alexandre Place, qui pratique autant à l’urgence de l’Hôpital de Hull qu’à celle de l’Hôpital de Gatineau, est aux premières loges pour constater qu’il y a « plusieurs défis dans le système de santé régional ».

Tant les professionnels de la santé que les gestionnaires « travaillent très fort », mais rien ne vient vraiment à bout des maux qui affectent le réseau, a-t-il confié en entrevue avec Le Droit.

Un groupe de quatre anciens voisins – dont le Dr Place – a donc décidé de monter un projet dans l’espoir de faire bouger les décideurs, par le biais de la plateforme Situation Outaouais Santé (SOS 07).

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Le changement de gouvernement l’automne dernier et l’arrivée de trois députés caquistes dans la région servent ainsi d’opportunité pour ce regroupement, qui souhaite « sensibiliser » les élus aux enjeux du réseau de la santé de l’Outaouais.

L’un des comparses du Dr Place, Alexandre Gingras, indique avoir réalisé en travaillant sur la scène politique fédérale que « l’outil le plus efficace » pour obtenir des changements est l’envoi « massif » de messages aux élus.

Avec l’aide de la recherchiste Marie-Ève Coupal et de l’analyste François Martel, le site sos07.org a été monté pour mobiliser la population. En s’inscrivant, les citoyens peuvent envoyer des lettres prérédigées pour signaler à leurs élus qu’ils sont préoccupés par un enjeu.

« On ne demande même pas aux gens de sortir manifester, on demande aux gens de prendre cinq minutes, soit trois minutes pour s’enregistrer et deux minutes pour envoyer une lettre, explique M. Gingras. C’est tout ce qu’on demande aux gens de l’Outaouais. »

La première lettre est déjà prête et concerne le financement des soins de santé dans la région. On y mentionne qu’« en moyenne, les contribuables de l’Outaouais reçoivent 25 % moins de financement des soins de santé que ceux des autres régions du Québec ». On y évoque aussi « des listes d’attente interminables » et des « défaillances sévères en matière de financement, de personnel et d’infrastructures qui asphyxient notre système de santé ».

« Aussitôt que les gens sont inscrits, on peut les recontacter pour envoyer des lettres sur d’autres enjeux, donc ça va permettre de se mobiliser de façon périodique sur différents enjeux, ajoute le Dr Place. On va pouvoir mettre de la pression et on va aussi pouvoir faire un suivi [auprès des élus]. Plus on envoie de lettres, plus l’impact est important. »

Alors que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais a récemment fait les manchettes en raison de nombreux rapports de coroners ou encore pour des conflits avec ses travailleurs, le Dr Place estime que les citoyens de la région sont « vraiment sensibilisés » à la situation. « On veut leur donner un outil pour exprimer leur frustration », dit-il.

Les instigateurs du site SOS 07 ont entre autres consulté des documents ministériels, de même que les chiffres du rapport présenté par Équité Outaouais sur le sous-financement de l’Outaouais, des données qu’ils ont fait valider par un actuaire.

Le site Internet inclut un « tableau de bord » où des suivis seront proposés, tandis qu’une autre section traitera de différents enjeux d’actualité.