Diane Dessureault et Maya.

Chien attaqué à Trois-Rivières sur Saint-Laurent: des excuses et une leçon à tirer

Trois-Rivières — Une histoire de morsure de chien qui avait fait beaucoup réagir, en juillet, connaît un dénouement heureux et inattendu. Rappelons brièvement les faits. Un homme faisait une marche avec son chien dans le secteur de Trois-Rivières sur Saint-Laurent sans garder ce dernier en laisse. Diane Dessureault, une résidente du coin, promenait Maya, une toute petite chienne de race schnauzer. Ce qui devait arriver arriva. Maya s’est fait attaquer par le plus gros chien qui n’était pas sous contrôle. Sa maîtresse, sous le choc et indignée, avait raconté sa mésaventure dans Le Nouvelliste dans l’espoir de faire de la sensibilisation.

Le lundi 5 août, soit une semaine plus tard, le directeur de la Société protectrice des animaux de la Mauricie, Marco Champagne, a reçu par la poste une lettre d’excuses anonyme destinée à cette dame. L’enveloppe contenait 145 $ en argent comptant, soit le montant que Mme Dessureault a dû payer pour faire soigner Maya chez le vétérinaire.

Mme Dessureault, on s’en souviendra, avait raconté son histoire dans Le Nouvelliste en demandant l’anonymat, craignant un peu de recroiser cet homme et de subir des représailles. C’est pourquoi le propriétaire de l’autre chien a eu l’idée de passer par la SPA. Cette fois-ci, Mme Dessureault accepte de se nommer pour remercier l’homme et pour faire une fois de plus de la sensibilisation. Avec elle, elle apporte en entrevue le sac de médicaments prescrits et la facture du vétérinaire sans oublier de montrer la cicatrice laissée sur le ventre de Maya à la suite de l’attaque.

Or, il appert que le propriétaire du chien agresseur s’est trouvé bien attristé par cet événement. Après avoir pris connaissance de l’article paru dans l’édition du 30 juillet dans nos pages, l’homme a en effet décidé de réparer les pots cassés. «Je tiens cependant à garder l’anonymat, mais j’en tire une grande leçon», écrit-il en signant sa lettre du pseudonyme «Un citoyen qui a eu sa leçon.»

Faisant référence au montant de 145 $ joint à sa missive, il écrit: «Je comprends que c’est bien peu par rapport à la frayeur que vous avez éprouvée. Je tiens à m’excuser à nouveau et soyez assurée que ce chien sera toujours promené en laisse à l’avenir et que vous n’aurez plus à craindre lors de vos promenades. Espérant que vous retrouverez le sentiment de sécurité auquel vous avez droit.»

L’auteur de la lettre indique que c’est avec consternation qu’il a appris que la petite Maya avait subi des séquelles. «Je me souviens de vous avoir demandé si tout était ok pour votre chien et que nous pourrions aller chez le vétérinaire et vous m’avez dit qu’il allait bien. Tout s’est passé si vite que je comprends que vous ayez pu constater des séquelles par la suite», ajoute-t-il.

Diane Dessureault se dit bien heureuse du dénouement de cette affaire et tient à remercier l’homme qu’elle risque en effet de croiser à l’occasion sur le sentier de la rue des Draveurs. «Maya avait jappé», dit-elle, ce qui semble avoir attiré l’attention du gros chien. «Ça aurait pu être un petit enfant qui criait», s’inquiète-t-elle, d’où l’importance de garder Pitou en laisse en public pour prévenir des drames inutiles, plaide-t-elle.

La dame estime qu’il faut faire plus de sensibilisation sur cette question. Elle propose que la Ville affiche des pancartes dans les lieux publics pour rappeler aux propriétaires canins de toujours garder leur animal en laisse. Son histoire, dit-elle, démontre bien qu’il y a encore de l’éducation à faire et que même si Fido est un gros toutou bien doux avec son maître, il demeure un animal et de ce fait, il demeure imprévisible.

Le directeur de la Société protectrice des animaux de la Mauricie, Marco Champagne, se dit ravi de constater la conclusion positive de cette histoire. «C’est une belle finalité. Des gens ont été sensibilisés», dit-il en rappelant que la réglementation oblige le port de la laisse en tout temps dans les lieux publics.

Quant à accroître les affichages à ce sujet dans la ville, il n’est pas écarté que le point soit soulevé au conseil d’administration de la SPA de la Mauricie, laisse-t-il entendre, ce qui permettrait de faire des recommandations à la Ville de Trois-Rivières. «Il n’y a jamais trop d’affichage», estime-t-il.