Après de sérieuses réflexions, la directrice générale du Cégep de Sherbrooke, Marie-France Bélanger, choisit de rester en poste et espère, grâce à la médiation, renforcir les liens, qui ont été affaiblis au cours des dernières semaines, avec le SPECS-CSN.

Cégep : Marie-France Bélanger reste en poste

La directrice générale du Cégep de Sherbrooke est en poste pour y rester. Après trois semaines de réflexion, Marie-France Bélanger a annoncé publiquement son intention de demeurer à la tête de l’établissement pour lequel elle travaille depuis 33 ans dont 10 à titre de directrice générale. Sa décision se base sur deux principaux éléments. Sa volonté de continuer à contribuer au développement de l’institution et de ses étudiants et l’assurance d’avoir la légitimité pour le faire.

« Je pense que c’est important de boucler la boucle sur les événements des dernières semaines. J’ai décidé de rester en poste, car je me sens en pleine légitimité. Je me sens ainsi parce que j’ai eu un appui sans réserve de mon conseil d’administration, des appuis solides à l’interne dont celui de nombreux enseignants. J’ai aussi eu beaucoup d’appuis à l’externe, notamment du ministre de l’Éducation, du réseau collégial et des partenaires de la région. Maintenant, je me suis demandé si j’avais encore envie d’être en poste. Et après avoir pris quelques pas de recul, je suis arrivée à la conclusion que je peux et je veux encore diriger cette organisation », a révélé d’emblée Mme Bélanger, précisant qu’un courriel faisant état de sa décision avait été envoyé, jeudi après-midi, aux quelque 850 employés du Cégep de Sherbrooke.

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Le conseil d’administration réitère son appui à la directrice du Cégep

Le Syndicat des enseignants du Cégep réclame la démission de la DG

Rappelons que le 1er avril, jugeant qu’elle n’était plus la bonne personne pour défendre la situation financière du Cégep de Sherbrooke, le syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN) avait demandé la démission immédiate de Mme Bélanger, « à défaut de quoi » ils demanderaient « au comité exécutif du conseil d’administration de procéder à son licenciement dans les plus brefs délais ». Selon les résultats du vote, 39 personnes avaient voté en faveur de la proposition sur les 75 membres présents à l’assemblée syndicale. Soulignons que le SPECS regroupe environ 535 membres et le quorum nécessaire lors d’une assemblée est de 30 membres.

Après la tempête, une vague de bienveillance

Dans les semaines qui ont suivi, le conseil d’administration a défendu les qualités de la directrice générale qui a aussi reçu l’appui du Syndicat du personnel de soutien, du Syndicat du personnel professionnel, de l’Association des cadres et de plusieurs enseignants qui lui ont écrit personnellement. « J’ai reçu une vague d’appuis et de bienveillance autant des instances que de leurs membres », note Mme Bélanger, confirmant avoir reçu une centaine de courriels personnels manifestant du soutien.

« Je vais rester celle que je suis. Avec une approche participative, j’essaie d’être la plus authentique dans mon travail et je choisis la transparence même si elle implique certains risques », note-t-elle.

La direction du Cégep de Sherbrooke a fait une offre de médiation au SPECS-CSN la semaine dernière. Elle a été acceptée par principe la semaine passée et acceptée formellement jeudi. Une demande sera donc déposée au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et l’exercice de médiation devrait débuter prochainement.

« On ne peut pas gommer ce qui s’est passé ni l’effacer. Mais on doit trouver des moyens de regarder en avant. Il y a des liens qui ont été fragilisés, je ne crois pas qu’ils aient été rompus, et pas juste à mon niveau. Les deux autres syndicats et les cadres ont été surpris par la position assez dure du SPECS. Il faut resolidifier ces liens pour être en mesure d’aller plus loin », souligne Mme Bélanger, ne cachant pas qu’elle a été « secouée » par les propos du SPECS et la résolution adoptée le 1er avril. Une résolution qu’elle n’a pas vue venir.

« Ce qui nous rallie tous, ce sont les étudiants, jeunes ou adultes, notre mission et nos valeurs institutionnelles, soit la coopération, l’ouverture, la reconnaissance et l’intégrité », résume-t-elle sur une note positive, ajoutant que le Cégep de Sherbrooke n’est pas ce qu’on a pu lire dans les médias dans les dernières semaines.

« C’est beaucoup plus que ça. C’est un beau milieu. Les gens sont engagés. Il y a toutes sortes d’initiatives prises par le personnel et les étudiants. Et je suis profondément attaché à cet établissement », conclut-elle.

Diane Cloutier

Une nouvelle directrice à la formation continue

 Diane Cloutier est la nouvelle directrice de la formation continue et des services aux entreprises au Cégep de Sherbrooke. Mme Cloutier possède près de 30 ans d’expérience dans la gestion d’organismes et d’entreprises en plus de détenir une maîtrise en gestion et développement des organisations et un baccalauréat en administration des affaires.

Concrètement, Mme Cloutier a œuvré durant sa carrière de 30 ans pour le Centre d’éducation physique et sportive de l’Université de Montréal, les Fonds régionaux de la FTQ, l’Association du camionnage du Québec, C.A.T. Inc. et le Groupe Réal Caron. 

Durant ces années où elle a occupé des postes de direction, Diane Cloutier a développé des stratégies d’affaires qui ont permis aux organisations sous sa gouverne de déployer leur expertise et de pénétrer de nouveaux marchés. Elle entrera en poste le 13 mai prochain.  

Avec Simon Roberge