La Coalition avenir Québec n’était pas en mesure de dire mardi si son parti prévoyait empêcher l’ouverture de la succursale de Sainte-Foy de la Société québécoise du cannabis le 17 octobre. Du côté de la Société québécoise du cannabis, on souligne que les travaux vont bon train.

Cannabis près des écoles: le temps presse pour la CAQ

Sitôt élu, sitôt le dossier chaud du cannabis récréatif entre les mains. Les bottines du nouveau gouvernement suivront-elles ses babines?

«Pas de point de vente de la Société québécoise du cannabis [SQDC] à proximité d’un établissement d’enseignement.» C’était l’un des engagements de la Coalition avenir Québec (CAQ) durant sa campagne électorale.

En point de presse, mardi, le premier ministre élu, François Legault, a assuré que son gouvernement allait tenir toutes ses promesses électorales. Il fait déjà face à un premier défi.

Au cours des prochaines semaines, les premières succursales de la SQDC ouvriront leurs portes à travers la province. L’un des points de vente dans la capitale, à Sainte-Foy, se retrouve justement à proximité d’établissements scolaires.   

D’ailleurs, l’annonce de l’ouverture de cette succursale près du Cégep de Sainte-Foy, du Collège St. Lawrence et de l’Université Laval avait fait couler beaucoup d’encre au mois d’août. 

Vigilance

Le choix de l’emplacement inquiétait plusieurs organisations, dont la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Et c’est quelques jours après cette sortie publique que la CAQ avait pris position dans ce dossier.

«On va rester vigilants quant aux intentions du nouveau gouvernement. C’est important pour nous que les points de vente de cannabis soient à une distance respectable des établissements d’enseignement», a affirmé au Soleil Fred-William Mireault, président de la FECQ. 

«Les étudiants ne pourront pas avoir de cannabis sur eux sur les campus [...], c’est donc contradictoire à ce stade-ci d’installer les points de vente à côté de ceux-ci», poursuit-il.

Interrogé sur ce sujet, mardi, le nouveau gouvernement s’est contenté de répondre à plusieurs reprises qu’il allait respecter ses engagements, demeurant avare de commentaires sur les détails.

En fin de journée, l’attaché de presse de la CAQ, Ewan Sauves, n’était pas en mesure de dire si son parti prévoyait empêcher l’ouverture de ce point de service d’ici le 17 octobre. Il ne pouvait également pas statuer sur l’avenir de cette succursale. 

«En raison du contexte de transition et des délais, nous n’avons pas d’échéancier pour le moment.»

Travaux en cours

Du côté de la SQDC, on souligne que les travaux vont bon train et que l’ouverture est toujours prévue dans 15 jours.  

«Les travaux avancent selon l’horaire établi», affirme Mathieu Gaudreault, porte-parole de la société d’État, ajoutant que la SQDC n’a pas de plan B dans sa manche si le gouvernement de François Legault choisissait d’abandonner ce site. 

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Le bail est signé pour plusieurs années. Comme pour d’autres ententes du genre, des pénalités financières pourraient être appliquées. Mais motus et bouche cousue de la direction sur les détails financiers.

«Actuellement, la distance séparatrice entre les écoles primaires et secondaires, c’est 250 mètres. Les établissements collégiaux ne sont pas soumis à cette distance. Nous répondons au cadre légal qui nous gouverne», mentionne M. Gaudreault. «Pour l’instant, nous n’avons pas évalué d’autres scénarios, ce n’est pas dans nos cartons. Maintenant, le gouvernement va prendre place et il prendra ses décisions par la suite», poursuit-il.

Au cours des dernières semaines, les employés de la succursale située au 2491, chemin Sainte-Foy ont été embauchés. Chaque boutique devrait compter une quinzaine de paires de bras.

Âge légal

Par ailleurs, la CAQ a promis de faire passer l’âge minimal pour consommer du cannabis récréatif à 21 ans. Une décision déplorée par la FECQ. Précisons que cette modification pourrait prendre plusieurs mois en raison de la démarche législative nécessaire.

«Sur la question de l’âge légal de vente, il nous apparaît incongru de la réviser à 21 ans. L’objectif initial de la légalisation de la marijuana était de sortir les jeunes du marché illicite et ce n’est pas comme ça que le gouvernement va tendre vers cette fin», dit Fred-William Mireault.

La CAQ souhaite aussi interdire la consommation du cannabis dans les lieux publics sur tout le territoire du Québec et revoir à la baisse la limite de possession individuelle. Elle est fixée présentement à 30 grammes dans les lieux publics.

Le 17 octobre, la SQDC ouvrira à travers la province une douzaine de points de vente, dont trois dans la grande région de Québec.