Selon la Dre Gobbi, psychiatre à l’Hôpital général de Montréal, la prévention devrait commencer à la préadolescence, entre 11 et 13 ans.

Cannabis: des «conséquences importantes sur la santé mentale des ados»

Le cannabis peut « changer le cerveau et avoir des conséquences importantes sur la santé mentale des ados », de sorte qu’il importe que les parents soient « bien informés » afin de mieux guider leurs enfants, plaide une psychiatre ayant observé une hausse des cas de consultation à l’urgence pour des problèmes mentaux liés à la consommation de cette drogue légalisée au pays depuis l’automne dernier.

La Dre Gabriella Gobbi est catégorique. « Le cannabis, ce n’est pas une drogue légère », a mentionné la chercheuse en marge d’une présentation faite au congrès de l’ACFAS lors d’un colloque sur les nouvelles perspectives scientifiques et l’importance pour la prévention du suicide.

Psychiatre à l’Hôpital général de Montréal, la Dre Gobbi observe dans sa propre pratique une hausse des consultations pour des problèmes de santé mentale chez de jeunes consommateurs de cannabis.

Elle a notamment évoqué le cas d’un jeune Français, fils de deux médecins, qui avait consommé du cannabis une fois avant d’arriver au Canada pour ses études, lorsqu’il avait 19 ans.

Mais « pendant une période de stress et d’insomnie, ses amis lui offrent du cannabis », a relaté la Dre Gobbi. À 22 ans, sa copine l’amène à l’urgence. Il est en dépression sévère et a des idées suicidaires.

La Dre Gobbi souligne que le cas de cet étudiant illustre « le risque du groupe ». « Quand il habitait avec ses parents, il n’avait pas vraiment consommé, […] mais avec les pairs, quand tous tes amis consomment, tu consommes aussi, explique-t-elle.

Selon des données de 2013, l’âge moyen de la première consommation de cannabis se situait à 15,1 ans au Canada et à 13,5 ans au Québec.

La prévention devrait donc commencer à la préadolescence, entre 11 et 13 ans, croit la Dre Gobbi. «Les études sont très claires et disent que quand les parents sont très informés des conséquences du cannabis sur la santé mentale, c’est là que la prévention est la plus efficace, expose-t-elle. C’est donc très important que les parents soient bien informés que le cannabis n’est pas une drogue légère, que ce n’est pas une drogue récréative.»

Les conséquences sur le cerveau peuvent se faire sentir à l’adolescence, mais aussi «plus tard dans la vie», souligne par ailleurs la psychiatre. Les jeunes adultes sont «encore à risque entre 18 et 21 ans», dit-elle, alors qu’on observe une «augmentation exponentielle» de la consommation de cannabis dans cette petite tranche d’âge.