Cannabis dans les lieux publics: Gatineau et Montréal feront front commun

Les villes de Gatineau et Montréal feront front commun devant le gouvernement du Québec sur la question de la consommation de cannabis dans les lieux publics. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin n’exclut pas que d’autres municipalités joignent leur rang en prévision de la commission parlementaire qui doit s’amorcer cet hiver sur le sujet.

«J’ai parlé à la mairesse [Valérie] Plante et [la conseillère] Renée Amyot a aussi parlé à d’autres élus de Montréal, a précisé le maire de Gatineau. Nos services se parlent. On veut arrimer le discours des deux villes. On demeure autonome, mais on cherche à être le plus près possible l’une de l’autre dans ce dossier.»

Alors que la Société québécoise du cannabis (SQDC) a confirmé, mercredi, l’ouverture d’ici l’été d’une première succursale à Gatineau, qui sera située au 73, boulevard la Gappe comme le révélait Le Droit en octobre dernier, M. Pedneaud-Jobin attend toujours l’invitation officielle de Québec qui lui donnerait le droit de s’exprimer en commission parlementaire sur le projet de loi 2. Il affirme avoir bon espoir de voir Gatineau sur la liste des intervenants convoqués par Québec.

«Nous avons, avec Montréal, un argument fort, c’est qu’on a une réalité de locataires particulière, soutient le maire de Gatineau. On a une proportion très élevée de gens qui vivent en appartement. C’est plus de 70 % par endroit. [Le projet de loi] fait en sorte que si ces gens ne peuvent consommer ni dans l’espace public et ni dans leur appartement, ils se retrouvent à devoir poser un geste illégal pour consommer quelque chose de légal. J’espère que le gouvernement va nous donner une certaine marge de manoeuvre à ce niveau-là.»

Cette flexibilité dont parle le maire réside, selon lui, dans le respect de l’autonomie municipale. Il explique n’y voir aucun inconvénient à ce que la réglementation sur la consommation dans les lieux publics soit différente d’une municipalité à l’autre. Québec refuse pour l’instant d’envisager cette possibilité. Le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, affirmait au Droit, avant les Fêtes, qu’il s’agissait d’une question de cohérence pour le gouvernement. 

«Règlement d’urbanisme, d’affichage et de circulation, les différences entre les villes existent dans énormément de domaines, rétorque le maire Pedneaud-Jobin. On peut faire la même chose avec le cannabis. La consommation dans l’espace public serait permise à Ottawa, mais pas chez nous. On aura un enjeu-là. On demande à Québec de respecter notre autonomie et notre capacité à prendre des décisions en lien avec notre réalité.»

De 15 à 20 employés pour la succursale gatinoise

La Société québécoise du cannabis (SQDC) a indiqué au Droit que la succursale de Gatineau, qui aura pignon sur rue dans le noyau commercial où on retrouve notamment les magasins Walmart, Winners et Golf Town, en bordure de l’autoroute 50, emploiera de 15 à 20 personnes, dépendant du taux de roulement.

« Tous les documents sont signés. On prévoit une ouverture au printemps, voire au début de l’été. Nous ne sommes pas en mesure pour l’instant d’être plus précis. Ce sera un endroit facile d’accès, avec la proximité du Rapibus », de dire le porte-parole de la Société d’État, Mathieu Gaudreault.

À l’heure actuelle, le magasin situé le plus près a pignon sur rue à Mirabel, à 160 kilomètres à l’est de Gatineau. Selon la loi, les succursales de la SQDC doivent être situées à plus de 250 mètres d’une école.

Avec Daniel LeBlanc, Le Droit