Jacques Guertin, propriétaire du complexe de sports motorisés Sanair.

Bruit de la piste de course: Sanair et ses clients gagnent leur contestation

Le complexe de sports motorisés Sanair avait joué franc jeu dès qu’un règlement municipal limitant ses activités avait été adopté, à Saint-Pie, il y a un an. Le propriétaire Jacques Guertin avait promis de contester toute contravention donnée en vertu de ce règlement, qu’il qualifie de discriminatoire. C’est ce qu’il a fait, et il a remporté sa cause devant la cour municipale à St-Hyacinthe, a-t-il appris lundi.

L’été dernier, à la fois Sanair et deux de ses clients ont reçu des contraventions pour le bruit, même si les activités se déroulaient durant les heures permises. Les amendes étaient toutes de 2500 $ et ont refroidi les ardeurs de bien des clients de la piste de course, affirme le propriétaire des lieux. La majorité des clubs qui louaient l’espace sont allés voir ailleurs pour la saison 2019, dit-il.

« Avant que le règlement 235 soit passé, celui en vigueur était le G200 pour ceux qui faisaient du bruit dans la rue et des burns. T’avais une amende de 100 $. Maintenant, si un groupe ou un individu plus responsables vont sur une piste de course plutôt que de faire les fous dans la rue, c’est 2000 $ pour le groupe plus des frais de 500 $, et 2500 $ pour la piste de course pour leur avoir donné accès à ses installations », critique Jacques Guertin.

Le règlement interdit la majorité des activités qui ont lieu sur les pistes de Sanair. Adopté en juin 2018, il encadre de façon serrée toute activité automobile pouvant provoquer du bruit, incluant des formations à la course. On y donne des horaires où ces activités peuvent avoir lieu, en semaine, et exclut toute activité automobile qui n’est pas une compétition de course durant les week-ends.

Il oblige également tous les véhicules qui participent à une course automobile d’être munis d’un silencieux fonctionnel. M. Guertin­ assure que certains éléments relèvent du bon sens, mais d’autres sont discriminatoires à l’endroit de son entreprise. « Le citoyen qui se plaint du bruit est venu se coller sur la piste de course, déplore-t-il, évoquant un droit acquis. Quand on s’est bâti en 1970, il n’y avait pas un chat. »

Il les invite gentiment à déménager ailleurs.

La juge a rendu son verdict lundi dans un long exposé de deux heures, donnant raison aux deux clubs et à Sanair.

M. Guertin ne souhaite pas contester la validité du règlement. Cependant, il n’a plus l’intention d’arrêter les manifestations automobiles que certains clients veulent faire, pourvu qu’elles soient encadrées avec la Sûreté du Québec.

La Voix de l’Est n’a pas réussi à parler au maire de St-Pie mardi pour obtenir ses commentaires.