Le boxeur de Québec Lexson Mathieu

Boxe: Lexson Mathieu sous contrat à long terme avec EOTTM

Même si le combat qu’il devait livrer a été annulé, samedi dernier, le boxeur de Québec Lexson Mathieu a réalisé un gros coup, jeudi, en signant une prolongation de contrat à long terme avec le promoteur Camille Estephan, président du groupe Eye of the Tiger Management (EOTTM).

À 20 ans, Mathieu représente l’un des plus beaux espoirs de la boxe québécoise. Il montre une fiche de 8-0 (7 K.-O.) depuis son passage dans les rangs professionnels amorcé en 2019. Le combat qui devait le voir affronter le Slovaque Robert Racz, samedi dernier au Casino de Montréal, aurait été son neuvième et la ceinture NABF des super-moyens était à l’enjeu.

«Je me sens comme si on se blindait pour la suite de ma carrière. Ce partenariat entre nous deux montre qu’on est prêt à avancer et qu’on veut aller dans la même direction. Ça faisait déjà un petit bout de temps qu’on en jasait, mais comme je n’ai pas beaucoup d’expérience dans l’aspect business de la boxe, j’ai pris le temps de m’informer. On m’a dit que ce qu’il m’offrait valait de l’or», a admis le boxeur, jeudi.

Le pacte d’une durée de cinq ans entre Mathieu et EOTTM favorisera la qualité des combats au lieu de la quantité et lui permettra aussi de bénéficier de partenaires d’entraînement de qualité. «On est prêt à partir la machine, mais pour l’instant, la santé des gens et ce qui se passe dans le monde est bien plus important que la suite de ma carrière», a dit le jeune homme d’un ton posé.

Boxe imaginaire

Depuis la fermeture des salles d’entraînement et du club de boxe Empire, Mathieu s’entraîne à la maison, où il fait de la course, maintient une bonne alimentation et s’offre des sessions de boxe imaginaire grâce à un casque de réalité virtuelle.

«Il y a des gens qui ont de la misère à me croire, mais c’est ce qui se rapproche le plus de la vraie boxe. Je ne pourrais pas faire une meilleure simulation de combat. C’est comme si j’étais dans le ring, l’intensité est élevée. La plupart des gens ne peuvent pas faire trois rounds, mais j’y parviens. En plus, je ne reçois aucun coup à la tête, c’est l’idéal», dit-il en riant.

En plus de profiter de la supervision de son entraîneur François Duguay, Mathieu pourra aussi compter sur l’encadrement de l’ancien champion du monde Éric Lucas, embauché à titre d’ambassadeur et de directeur du développement par EOTTM. 

«Camille fonde beaucoup d’espoir en Lexson, qui est le prochain visage de la boxe québécoise au niveau international et qui aura la possibilité de se battre en championnats du monde. Je l’entraîne depuis qu’il a 11 ans, ça fait longtemps que je sais qu’il a du talent et du potentiel. J’ai vu beaucoup de boxeurs dans ma vie, on va aller loin avec lui. Les gens ne suivaient pas tous sa carrière dans les rangs amateurs, mais ils s’en aperçoivent, maintenant», a affirmé Duguay.

Ce que confirme Antonin Descarie, directeur général d’EOTTM, par communiqué : «Lexson est probablement le plus beau talent que le Québec ait produit depuis des années. Non seulement est-il doté d’un talent naturel, il est également très sérieux dans sa démarche et extrêmement déterminé. Nous l’avons recruté avec la ferme conviction qu’il allait non seulement atteindre les plus hauts niveaux de la boxe internationale, mais qu’il allait s’établir comme une vedette au Québec», a-t-il laissé savoir.

L’entraîneur du club Empire garde ses protégés à l’œil même s’il ne peut les voir tous les jours au gymnase. Il demande à Mathieu, Leyla Beaudoin et aux autres de garder un bon niveau de condition physique, de faire de la course, etc.

«À part de maintenir la forme, on ne peut pas faire grand-chose. C’est difficile, présentement, de développer un plan à moyen terme. On sait juste que ça prend huit semaines pour se préparer à un combat d’importance. Pour le reste, c’est une vraie pause. Comme Lexson n’a pas atteint la limite souvent à ses huit premiers combats, ça ne change rien pour lui. Cette pause, elle profite à la nature : le ciel est bleu en Chine et il y a des poissons à Venise», a philosophé l’entraîneur, qui se transforme en professeur à la maison ces temps-ci pour sa fillette.