Les 600 travailleurs de Bombardier à La Pocatière craignent pour leur avenir.

Bombardier: l’impatience monte à La Pocatière

MATANE — Pendant que les élus du Kamouraska ont répété, lundi, qu’ils souhaitaient une rencontre urgente avec le premier ministre concernant l’avenir de Bombardier à La Pocatière, le représentant des fournisseurs régionaux a mis en doute la compétence de Philippe Couillard à gouverner

«Comme le premier ministre sous-entend la mauvaise qualité de gestion des entrepreneurs d’ici pour qu’ils puissent compétitionner au niveau mondial, nous nous permettons de douter de ses capacités à gérer le Québec», a soutenu le président de Graphie 222 de La Pocatière, Bruno Morin. 

«Si le premier ministre a de la misère à comprendre les concepts de base de l’économie, il devrait écouter les personnes compétentes dans ce domaine. Monsieur le premier ministre, allez-vous vous tenir debout et faire vraiment ce que vous avez dit? Les Québécois auront la chance de vous juger sur vos actes lors du prochain scrutin. N’oubliez pas que la devise du Québec est “Je me souviens”!»

Le maire de La Pocatière, Sylvain Hudon, ainsi que le préfet du Kamouraska, Yvon Soucy, exhortent le premier ministre à accepter de les rencontrer. Les élus souhaitent que Philippe Couillard clarifie ses récentes déclarations laissant entendre qu’il y aurait d’autres projets pour Bombardier à La Pocatière.

«La solution au problème, c’est le contenu local», a pour sa part martelé avec émotion le président du syndicat des employés de Bombardier à La Pocatière, Mario Guignard. 

Rappelons que Bombardier Transport a échappé le contrat de fourniture et d’entretien du matériel roulant du Réseau express métropolitain au profit d’un consortium formé d’Alstom et d’une filiale de SNC-Lavalin. Aucune exigence de contenu local n’avait été prévue par la Caisse de dépôt et de placement du Québec, qui dirige le projet de 6,3 milliards $.

Patience, dit Couillard

De passage à Saint-Félicien, le premier ministre Philippe Couillard n’a pas fermé la porte à une rencontre, mais pas à court terme. Il a dit travailler sur des «choses concrètes», sans aller plus loin.

«Si j’en parle maintenant, je risque de tout faire dérailler a affirmé M. Couillard au cours d’une mêlée de presse. Lorsqu’il y aura des nouvelles, j’irai les annoncer directement aux travailleurs.»  Avec La Presse canadienne