Alain Bergeron (Mégantic-l'Érable), Valérie Tremblay (Chicoutimi-Le Fjord), Yves Perron (Berthier-Maskinongé) et André Parizeau (Ahuntsic-Cartierville) ont rencontré la presse vendredi matin à Trois-Rivières.

Bloc québécois: 29 associations veulent une question claire

TROIS-RIVIÈRES — «L’avenir du Bloc se joue dans les prochaines semaines. La raison d’être du parti est que le Québec parle d’une seule voix et ce n’est pas ça qu’on voit.»

À l’instar d’Yves Perron, les représentants de 25 autres associations du Bloc québécois (29 en incluant celles qui réclamaient la démission de la chef ou un vote de confiance concernant la direction) veulent que la crise qui secoue leur formation politique cesse. Et pour y parvenir, la question du leadership de Martine Ouellet doit être scellée d’ici le 15 mai par une question claire.

C’est la demande exprimée vendredi matin à Trois-Rivières par ces associations à l’attention du bureau national du Bloc québécois. 

«Notre message est d’arrêter de se déchirer. On veut l’intérêt et l’indépendance du Québec, on a besoin de quelqu’un qui va nous réunir», mentionne M. Perron, président de l’association de Berthier-Maskinongé, qui estime que l’appui à un chef doit être nettement supérieur à 50 % des votes plus un.

Selon le regroupement, ladite question doit se lire comme suit: «Désirez-vous, oui ou non, que l’actuelle chef Martine Ouellet quitte la direction du parti?»

La clarté devra aussi être de mise lorsque les membres seront consultés sur la mission du Bloc québécois. Selon les représentants régionaux, cette question ne devrait même pas être soumise, le travail de défendre les intérêts du Québec et de promouvoir son indépendance ne présentant aucune contradiction.

«Nous ne voyons aucune nécessité de la remettre (la mission) en question, ajoute Alain Bergeron, de l’Association bloquiste de Mégantic-l’Érable. Nous considérons qu’il s’agit là d’un faux débat qui vise à dévier l’attention de la véritable question, celle de la chefferie.»

Guy André croit lui aussi que les discussions entourant la mission de la formation politique sont un faux débat. Selon l’ex-député du Bloc québécois de Berthier-Maskinongé, Martine Ouellet doit laisser son siège. «Elle est brillante, elle est capable de défendre des dossiers, elle a de l’énergie, des connaissances. Mais elle n’est pas une leader. Elle est incapable de faire des consensus. Elle n’a pas ces qualités-là», raconte M. André, présent à la conférence de presse de vendredi.

Ce regroupement d’associations représente des régions comme l’Abitibi, l’Estrie, Montréal, Québec, les Laurentides, le Bas-Saint-Laurent, la Beauce et la Gaspésie. Il inclut les sept circonscriptions dont le député a quitté le caucus bloquiste il y a un mois.

L’Association de Bécancour-Nicolet-Saurel, dont la circonscription est représentée par Louis Plamondon, fait partie de cette coalition. Saint-Maurice-Champlain est absente, mais Trois-Rivières se joint au mouvement.

«La majorité du conseil d’administration demande un vote de confiance concernant Martine Ouellet. On ne demande pas sa démission. On explique que c’est facile de consulter les membres et on veut que la décision vienne de la base et que ce soit clair. Et on veut que la crise finisse. Il faut régler ça entre nous et on va se rallier à la décision», partage André Valois, président de l’association bloquiste dans la circonscription de Trois-Rivières.

Il y a environ 70 associations bloquistes au Québec et celle de Saint-Maurice-Champlain ne conteste pas le leadership de Martine Ouellet. Selon Sacki Carignan Deschamps, conseillère au sein du comité exécutif de cette association, la sortie des 29 associations est une tentative de démonstration de force.

«Personne ne nous a appelés pour ce regroupement. C’est biaisé comme démarche. Ce n’est que les 29 associations qui sont contre elle. Ce n’est pas une démarche démocratique. Ils ont appelé ceux qui appuyaient leur démarche. Ce que propose Martine Ouellet et le bureau national, c’est de consulter tout le monde. Pas juste les amis. Il n’est jamais nuisible de consulter les membres sur ce qu’ils pensent. Plus les membres s’expriment, mieux c’est. Il y a des individus malsains dans cette crise, qui sont peut-être à la solde du fédéral. Ces gens des associations sont de bonne foi, mais j’ai l’impression qu’ils sont manipulés.»

«Elle n’a pas les structures entre les mains»

Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon, souligne que le groupe des sept avait décidé de ne pas s’ingérer dans les débats des structures.

«J’ai toujours laissé les structures s’éveiller, parce qu’au début, elle disait qu’elle contrôlait toutes les structures. Et là, tout à coup, les structures se sont dit: attends un peu, ça ne marche pas comme ça. Et là, on le voit», a-t-il commenté.

Celui-ci a d’ailleurs laissé son exécutif de comté prendre position. Et son association de circonscription fait partie de cette coalition qui «demande un vote de confiance clair». «C’est tout ce qu’ils demandent, pas un vote sur le parti, parce que le premier vote qu’elle proposerait, c’est dans le programme du parti. On est tous d’accord, on a tous été élus là-dessus», ajoute M. Plamondon.

Selon lui, «ça prouve qu’à l’intérieur des associations, il y a la même approche qu’à l’intérieur des députés et de la population, les sondages disent à 72 % qu’elle doit s’en aller».

«Donc, ça confirme qu’elle n’a pas les structures entre les mains et qu’elle ne fait pas l’unanimité. On croit toujours, les sept, qu’elle doit partir pour le bien du parti, pour le bien du Québec», a conclu le doyen à la Chambre des communes.

Avec la collaboration de Marc Rochette