Bitfarms, géant québécois du bitcoin et entreprise technologique utilisant la chaîne de blocs, investit massivement à Sherbrooke en injectant 250 M$.

Bitfarms investit 250 M$ à Sherbrooke

Bitfarms, géant québécois du bitcoin et entreprise technologique utilisant la chaîne de blocs, investit massivement à Sherbrooke en injectant 250 M$. En s’installant dans le parc industriel régional, elle créera 250 emplois.

L’entreprise a acquis deux bâtiments du parc industriel et pourrait en acheter ou en construire un troisième. Elle embauchera 50 personnes dans les premiers mois et ajoutera des employés au fil du temps. Elle amorcera ses travaux en avril pour une ouverture en juin.

« Depuis que je suis à Sherbrooke Innopole, parmi les entreprises de nos filières clés, c’est un des plus gros, sinon le plus gros investissement », s’est enthousiasmé Josée Fortin, directrice générale de Sherbrooke Innopole.

La chaîne de blocs pourrait prendre autant de place dans nos vies que le fait actuellement internet, illustre le président de Bitfarms, Pierre-Luc Quimper. « Pour l’instant, nous construisons des centres de puissance de calculs et nous œuvrons dans la cryptomonnaie. Nous validons des transactions sur le réseau bitcoin. Sherbrooke sera notre plus gros centre de calculs et nous nous installerons dès que nous aurons exécuté nos travaux à Magog. »

L’entreprise avait annoncé en février qu’elle avait amorcé la transformation d’un bâtiment de 2000 mètres carrés dans le parc industriel de Magog.

Lire aussi : Bitfarms et Sherbrooke Innopole discutent
Lire aussi : Une entreprise spécialisée dans la cryptomonnaie veut s'implanter à Magog

Concrètement, la chaîne de blocs sert par exemple à réaliser des transactions sécurisées. « Toutes les transactions sont mises dans un registre et nous les validons. On peut dire qu’on sécurise le réseau. »

Le président de Bitfarms, Pierre-Luc Quimper, a annoncé des investissements de 250 M$ à Sherbrooke jeudi.

À terme, elle pourrait permettre l’échange de documents entre particuliers en authentifiant toutes les étapes légales du processus sans passer par l’intermédiaire d’un notaire. Elle offre aussi la possibilité de transférer des actifs numériques sans que le propriétaire original en garde une copie. Autrement dit, en utilisant la chaîne de blocs, les données transférées à un tiers disparaissent de l’ordinateur de celui qui les envoie.

Autre application possible : la traçabilité. La chaîne de blocs serait utilisée pour suivre un aliment, de sa production jusqu’à sa consommation, pour s’assurer de sa provenance.

Les installations sherbrookoises permettront à Bitfarms de quadrupler la puissance des calculs informatiques de ses installations et de faire passer de 80 à 330 le nombre d’employés au Québec d’ici la fin de l’année. Pierre-Luc Quimper croit d’ailleurs tellement en sa technologie qu’il qualifie ses projections pour Sherbrooke de conservatrices. Il espère créer encore plus d’emplois.

Les emplois offerts sont des postes d’ingénieurs, de techniciens, d’électriciens, d’administrateurs de systèmes, de gestionnaires de sûreté et de personnel de sécurité.

Le maire Steve Lussier a indiqué que l’arrivée de Bitfarms représentait des dizaines de millions de dollars chaque année en vente d’électricité. « Dans un marché où la concurrence est féroce, Bitfarms a réussi à se tailler une place en respectant l’environnement et en offrant des emplois bien rémunérés. Avec l’arrivée de Bitfarms, Sherbrooke participe à la naissance d’un tout nouvel écosystème, car la nouvelle technologie de chaîne de blocs révolutionnera notre société. »

Le choix de la Ville de Sherbrooke s’est imposé entre autres en raison du bassin de connaissances généré par la présence de l’Université de Sherbrooke. La collaboration d’Hydro-Sherbrooke pèse aussi dans la balance. Dans les périodes de pointe de consommation d’électricité, Bitfarms pourra réduire ses activités pour soulager le réseau sherbrookois.

Une convention de fourniture d’électricité de 98 mégawatts a été signée avec Hydro-Sherbrooke. « C’est assez facilitant avec Hydro-Sherbrooke du fait qu’elle a une certaine autonomie. Souvent, on entend de ces gens-là qu’ils doivent travailler avec Hydro-Québec et que c’est un peu plus lourd », résume Josée Fortin.

« L’une des forces de l’économie sherbrookoise est sa diversité. Prenant part à la vague tendance et prometteuse de la cryptomonnaie, Bitfarms contribuera à la diversification de notre économie. Elle contribuera au positionnement de Sherbrooke dans les disciplines émergentes des TI telles que les chaînes de blocs. L’implantation de cette belle entreprise nous permettra certainement d’aller chercher d’autres joueurs forts importants. »

Bitfarms est en activités depuis un an et a déjà investi 50 M$ au Québec. Elle possède des installations à Saint-Hyacinthe, Farnham, Notre-Dame-de-Stanbridge, Cowansville et Magog.