C’était une fausse alerte : l’eau potable de la Ville de Sherbrooke n’a jamais été contaminée à l’E. coli.

Avis d'ébullition : c'était une fausse alerte

C’était une fausse alerte : l’eau potable de la Ville de Sherbrooke n’a jamais été contaminée à l’E. Coli. Les Sherbrookois ont quand même dû faire bouillir leur eau pendant un peu plus de 48 heures. Qu’est-ce qui s’est passé à la Station de traitement de l’eau potable J.-M.-Jeanson pour qu’on en arrive avec ce résultat?

Les fonctionnaires de la Ville de Sherbrooke ont commencé dès lundi matin leur enquête afin de comprendre comment un échantillon d’eau prélevé lors d’un contrôle quotidien à la station de traitement de l’eau potable J.-M.-Jeanson est ressorti contaminé à la bactérie E. coli alors que les contrôles de jours précédents et des jours suivants n’ont prouvé la présence d’aucune bactérie.

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Rappelons que la réception d’un échantillon contaminé a forcé la Ville de Sherbrooke, vendredi à 16 h 15, a émettre un avis d’ébullition de l’eau potable pour l’ensemble du territoire sherbrookois, touchant ainsi 150 000 résidents.

« Les sources de contamination de l’échantillon peuvent être nombreuses. D’abord, l’eau aurait pu être contaminée, c’est pourquoi nous avons lancé l’avis d’ébullition par principe de précaution. Maintenant, il semble que ce n’était pas le cas. Les autres sources possibles sont des bouteilles d’échantillons contaminées, une erreur de manipulation, des instruments qui auraient être contaminés... Nous sommes à réduire les hypothèses en ce moment pour comprendre ce qui a pu se passer. Ce sera difficile d’avoir la réponse juste et exacte, mais nous sommes en mesure de réduire les hypothèses pour ensuite pouvoir, sûrement, revalider nos procédures actuelles », a expliqué lundi matin en point de presse Jean-Pierre Fortier, chef de la division de la gestion des eaux et de la construction à la Ville de Sherbrooke.

Plusieurs dizaines d’analyses par mois

L’eau potable de la station J.M.-Jeanson est analysée une fois par jour, ce qui est au-delà des normes du ministère de l’Environnement et des changements climatiques (MECC). « Ça fait partie de nos procédures internes, mais ce n’est pas une obligation légale de le faire tous les jours », ajoute M. Fortier.

Les analyses sont effectuées dans un laboratoire accrédité appartenant à la Ville de Sherbrooke. « Notre laboratoire est accrédité pour faire ces analyses qui sont reconnues par le ministère de l’Environnement, ce qui nous permet d’avoir des résultats beaucoup plus rapidement que si les analyses étaient faites par un laboratoire à l’externe », précise-t-il.

« Mensuellement, il y a des dizaines et des dizaines d’analyses qui sont faites pour s’assurer de la qualité de notre eau sur l’ensemble de notre réseau », ajoute le chef de la division de la gestion des eaux et de la construction.

Samedi soir, les résultats rassurants laissaient croire à une erreur lors du test reçu vendredi soir. L’avis d’ébullition aurait-il pu être levé à ce moment-là?

Non, affirme Jean-Pierre Fortier.

« Les conséquences de l’avis d’ébullition étaient grandes pour les citoyens et les institutions, nous le savons. Mais un doute n’est pas une assurance. Nous devions appliquer le principe de précaution. S’il y avait eu une réelle contamination, on aurait pu mettre la population en danger en n’avisant pas tout de suite et en ne maintenant pas l’avis d’ébullition suffisamment longtemps. Ça peut paraître facile de penser que nous aurions pu lever l’avis d’ébullition plus tôt en étant pas mal sûrs que c’était un problème externe, mais nous avons des procédures strictes. Ça nous prend la permission de la Santé publique et du ministère de l’Environnement pour faire les fins d’avis », ajoute-t-il.

Le chef de service salue le travail qui a été fait dans la gestion de ce dossier qui a impliqué beaucoup de gens. « Nous avons reçu nos derniers résultats dimanche autour de 22 h 30. Il fallait ensuite entrer en communication avec le ministère pour qu’il nous permette de lever l’avis d’ébullition. Je remercie d’ailleurs le ministère de l’Environnement, la Santé publique et la contremaître en qualité d’eau de réseau Karine Vigneux qui ont fait un travail digne de mention. Tout le monde a répondu présent », conclut Jean-Pierre Fortier.

Fin de semaine de la Collation des grades, l’UdeS a dû recourir à son plan de mesures d’urgence dès vendredi soir quand elle a appris l’avis d’ébullition de l’eau de la Ville de Sherbrooke.

L’UdeS et le CIUSSS s’en sont bien sortis

La communauté universitaire a retrouvé son eau potable lundi midi, une douzaine d’heures après la fin de l’avis d’ébullition de l’eau potable de la Ville de Sherbrooke. « C’est souvent habituel de voir des papiers et du collant sur les abreuvoirs, mais nous, notre procédure, c’est de fermer notre système d’alimentation des abreuvoirs. Une fois que l’eau potable est de retour, ça prend un certain temps pour les rouvrir », explique Jacques Girard, directeur de la sécurité et coordonnateur des mesures d’urgence à I’UdeS.

Les grandes institutions comme le CIUSSS de l’Estrie-CHUS et l’Université de Sherbrooke (UdeS) ont de solides plans de mesures d’urgence qui prévoient toutes sortes de catastrophes, comme l’hypothèse de voir leurs établissements privés d’eau potable durant plusieurs jours. L’UdeS a dû recourir à son plan de mesures d’urgence dès vendredi soir quand elle a appris l’avis d’ébullition de l’eau de la Ville de Sherbrooke.

« Pour la collation des grades, nous avions le devoir d’en faire un événement écoresponsable en réduisant le plus possible notre empreinte écologique. Alors nous avons fait le choix de commander des contenants d’eau de 18 litres au lieu de nous mettre à distribuer des milliers de petites bouteilles individuelles. Aux bornes de remplissage, qui auraient normalement dû être alimentées par l’aqueduc, nous avions donc mis des bouteilles de 18 litres où les gens pouvaient se servir. Ç’a été un grand succès, j’ai été très heureux du déroulement », soutient M. Girard.

Soulignons que ces bouteilles peuvent être lavées et réutilisées.

Des bouteilles de 18 litres ont également été déposées à l’entrée des différentes facultés pour les étudiants et professeurs qui avaient à y travailler au courant de la fin de semaine ainsi que lundi matin.

Du côté du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, la fin de semaine s’est aussi bien déroulée. « Aucun incident n’a été observé dans les 15 installations de notre établissement qui étaient touchées au cours du week-end et où il y avait des usagers et du personnel présents. La distribution d’eau et le ravitaillement se sont bien déroulés selon ce qui est déjà prévu dans notre plan de mesures d’urgence habituel », précise Marie-France Thibeault, porte-parole de l’organisation.

Jeudi, la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS avait expliqué qu’elle allait affronter une fin de semaine particulièrement difficile dans ses hôpitaux universitaires de l’Hôtel-Dieu et de Fleurimont et que des bris de service étaient à craindre. Le CIUSSS avait même lancé un appel pressant à ses employés pour qu’ils acceptent de faire des heures supplémentaires.

L’application du plan d’urgence pour les établissements privés d’eau potable a donc eu peu d’effets au niveau clinique. « Nous avons rappelé au travail des membres du personnel des services techniques pour les aspects logistiques de la distribution d’eau, de l’affichage de la restriction et de la fermeture de certains points d’eau, comme les buvettes. Il n’y a donc pas d’impact significatif sur le personnel clinique et nous n’avons pas dû ajouter de personnel de ce côté en lien avec la situation de l’eau », ajoute Marie-France Thibeault.