Dominique Alain avait réservé ses premiers pas de course pour le Relais du lac Memphrémagog. Six mois après avoir été presque dévorée vivante par trois chiens agressifs, la dame de 55 ans de Potton a accepté de courir les deux derniers kilomètres avec l’équipe de l’Assemblée nationale formée pour l’occasion par le député d’Orford, Gilles Bélanger, à l’extrême-gauche. Le mari de Dominique Alain, Léo Joy, s’est fait un devoir d’accueillir son héroine, deuxième à partir de la droite. Christine Labrie, députée de Sherbrooke et membre de l’équipe de l’Assemblée nationale au Relais du lac Memphrémagog, était heureuse de vivre ce moment rempli d’émotions aux côtés de Dominique Alain.

Attaquée par trois chiens, Dominique Alain recommence à courir

Six mois après avoir été violemment attaquée par trois chiens à Potton, Dominique Alain a fait un pas de plus vers sa réadaptation en participant samedi au relais Desjardins du lac Memphrémagog.

Celle qui avait presque été dévorée vivante le 29 mars dernier et à qui on prédisait les jours les plus sombres en raison de la gravité de ses blessures avait été invitée par Gilles Bélanger, député caquiste de la circonscription d’Orford, à joindre à l’équipe de l’Assemblée nationale pour les deux derniers kilomètres.

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Dominique Alain, qui avait également participé en après-midi à l’ouverture de la nouvelle piste d’athlétisme de l’école secondaire la Ruche, attendait les membres de l’équipe de l’Assemblée nationale au kilomètre 121 du relais pour le moment tant attendu. C’est avec le courage qu’on lui connaît que la dame de 55 ans a couru les deux derniers kilomètres en compagnie de Gilles Bélanger, Christine Labrie, députée de Québec Solidaire pour Sherbrooke, Simon Allaire, député caquiste de Maskinongé, Karine Bélanger, Véronique Rodrigue et Rosanne Fréchette.

« Je vais me rappeler toute ma vie de cette journée. J’avais hâte de voir comment mon corps réagirait sur cette distance. Je me donne une bonne note. Mais surtout, j’ai été bouleversée pas la camaraderie au sein de l’équipe, leur appui, l’accueil à la Ruche et l’ovation en soirée. J’ai été touchée au plus profond de mon être. J’en ai mal dormi. Quand je traverserai d’autres moments difficiles, je vais me remémorer cette journée pour continuer à avancer dans ma réadaptation. » « C’est toute une tape dans le dos, semblable à l’appui que j’avais reçu à l’Hôtel-Dieu quand on m’avait applaudi dans le corridor de l’hôpital lorsque j’avais effectué mes premiers pas », a mentionné celle qui avait été plongée dans le coma en raison de la gravité de ses blessures.

Fondation Christian Vachon

Dominique Alain n’a pas hésité à accepter l’invitation de Gilles Bélanger. « Il m’a parlé beaucoup de Christian Vachon, de la fondation qui porte son nom et de cette activité du Relais du lac Memphrémagog qui sont sous le même toit. Les mots-clés de la Fondation sont la persévérance scolaire. Disons que la persévérance depuis cet incident du 29 mars, c’est mon quotidien. Je ne pouvais refuser. Je ne connaissais pas tellement le Relais, la Fondation et Christian Vachon. J’en avais entendu parler, sans plus. Quel jeune homme généreux qui transforme des vies chez nos jeunes des milieux défavorisés. C’est le genre de rencontre qui me rend encore plus forte, qui me réconforte avec la vie », a révélé celle qui a fait une promesse en s’adressant à l’auditoire des coureurs et coureuses samedi soir.

« L’an prochain, je serai partante si on veut bien de moi dans une équipe pour les 123 kilomètres autour du lac. Ce sera à mon tour de faire quelque chose pour la Fondation », a-t-elle déclaré sous un tonnerre d’applaudissements et d’encouragements.

Gilles Bélanger a été renversé par la force et la résilience de Dominique Alain. « À ma première rencontre avec elle, je croyais faire la connaissance d’une dame secouée, meurtrie moralement et physiquement et qui cherchait de l’aide. J’ai plutôt découvert une femme forte, dynamique et réfléchie. J’étais certain que les coureurs au Relais connecteraient avec Dominique, que ce serait un moment magique et inspirant autant pour nous que pour elle. Ce fut un honneur pour moi et les autres membres de notre équipe de courir derrière elle pour les deux derniers kilomètres. Elle nous a réservé ses premiers pas de course. Elle est une force de la nature qui refuse de se laisser abattre. Elle est unique. »

Projet de loi 128

D’ici là, Dominique Alain suivra à la lettre le plan tracé avec le Centre de réadaptation de l’Estrie. « J’ai toujours été active. On m’a prescrit des marches dans le bois, un peu de raquette et de ski de fond classique pour l’hiver. Je sais qu’à un moment donné on doutait que je marcherais de nouveau. J’ai un support moral incroyable de la communauté, mon mari. Je vais y arriver même s’il reste encore bien des étapes à franchir », promet Dominique Alain.

Dominique Alain a rappelé aux participants du Relais son message et de l’importance de l’adoption du projet de loi 128 pour un encadrement sévère à l’égard des chiens dangereux. « Quand des individus gardent des chiens agressifs à la maison, il y a des responsabilités qui viennent avec. Ils ne peuvent mettre en danger la sécurité des gens. Ça prend un encadrement serré. Le temps presse pour adopter cette loi. »