C’est un passant qui a remarqué la dame gravement blessée gisant au sol. Celle-ci a été attaquée par deux chiens, qui n’étaient pas attachés, alors qu’elle se trouvait sur le terrain d’une propriété de la route 112. Les animaux ont été saisis et sont sous la garde de la SPA des Cantons.

Attaquée par des chiens à Saint-Césaire: la dame hors de danger

La sexagénaire violemment attaquée par deux chiens mercredi à Saint-Césaire ne lutte plus pour sa vie.

Selon Marie-Michèle Moore, porte-parole de la Sûreté du Québec, la dame ne serait plus en danger et son état serait stable. Elle demeure cependant hospitalisée à Montréal en raison de la gravité de ses blessures.

Une tierce source a fait savoir à La Voix de l’Est que la femme conserverait des séquelles permanentes de sa mésaventure, une information que la Sûreté du Québec n’a pas validée.

Rappelons que c’est un passant qui a remarqué la dame gravement blessée gisant au sol mardi après-midi. Celle-ci a été attaquée par deux chiens, qui n’étaient pas attachés, alors qu’elle visitait une brocante sur le terrain d’une propriété de la route 112.

Mme Moore n’a pas pu confirmer si la victime avait été rencontrée par des enquêteurs. « Probablement pas, vu son état, mais je ne saurais vous le dire », a-t-elle indiqué.

Le propriétaire des bêtes, Mario Fortier, a pour sa part été interrogé par les policiers à son retour sur les lieux du drame. 

Il est encore trop tôt dans l’enquête pour savoir si des accusations, notamment de négligence criminelle, seront déposées contre lui.

« Notre enquête vise à déterminer s’il y a eu infraction au Code criminel, mais également en vertu de la réglementation municipale en vigueur à Saint-Césaire », a affirmé Mme Moore.

Selon cette réglementation, les propriétaires de chien doivent obtenir une licence auprès de la municipalité. La directrice générale de Saint-Césaire, Isabelle François, a confirmé jeudi après midi à La Voix de l’Est qu’aucune licence n’avait été émise au nom de M. Fortier.

« On n’avait pas de place »

Les animaux ont été saisis et sont sous la garde de la SPA des Cantons, bien que le territoire soit desservi par la SPCA Montérégie. 

« Nous avons été contactés peu après midi, confirme la directrice de l’organisme, Linda Robertson. À ce moment, nous pensions qu’il n’y avait qu’un seul chien, j’ai envoyé deux personnes du refuge sur place, et j’ai aussi contacté la SPA des Cantons pour être disponible au besoin. »

« Comme nous sommes durant la période des déménagements, nous étions pas mal pleins. On n’avait pas la place pour garder les chiens, surtout que selon la loi, dans ce genre de cas, nous devrions les garder 10 jours. C’était plus difficile pour nous », explique Mme Robertson pour justifier l’intervention de la SPA des Cantons.

Témoins recherchés

Mercredi, La Voix de l’Est s’est entretenue avec plusieurs personnes prétendant avoir été attaquées ou poursuivies par les chiens en question au cours des dernières années.

Seulement deux ont indiqué avoir porté plainte à la Sûreté du Québec. « On pense que certains de ces gens-là ne se sont pas manifestés aux policiers », a fait savoir Ingrid Asselin, également porte-parole de la SQ.

Le corps policier, qui a rencontré quelques témoins dans l’optique de déterminer le passé des animaux, invite donc toute victime des bêtes à communiquer avec un enquêteur afin de faire progresser l’enquête. 

Selon Mme Robertson, malgré les nombreux témoignages, les chiens n’étaient pas connus de son service animalier. 

Un air de déjà vu

Le drame n’est pas sans rappeler plusieurs attaques violentes de chiens ayant défrayé les manchettes au cours des dernières années, dont celle survenue à Potton en mars dernier.

Une quinquagénaire faisait alors son jogging lorsqu’elle a été assaillie par trois chiens qui avaient échappé à la vigilance de leur propriétaire, lui causant de très graves blessures, si bien que des premiers répondants sur place avaient qualifié la scène de « véritable massacre ».

Le maître des bêtes avait déclaré que celles-ci n’avaient jamais démontré d’agressivité avant ce jour, mais une autre victime affirmait le contraire.

Les chiens avaient été saisis par la SPA et finalement euthanasiés.

Le dossier de Saint-Césaire est entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales pour analyse, a fait savoir Mme Asselin.

CE QUE DIT LE RÈGLEMENT MUNICIPAL

Le règlement municipal de Saint-Césaire sur les animaux prévoit que le gardien de tout animal «est responsable de toute infraction commise à l’encontre de l’une ou l’autre de ses dispositions». 

Il y est aussi stipulé que les propriétaires de chien doivent obtenir une licence valide auprès de la municipalité.

De plus, l’article 30 du règlement indique qu’un chien se trouvant sur une propriété privée doit être, en tout temps, gardé dans un bâtiment, un parc à chien, un enclos et un terrain clôturé dont il ne peut pas sortir, ou bien être retenu à une chaîne l’empêchant de s’approcher à moins de deux mètres de l’une ou l’autre des limites du terrain. S’il se trouve sur le terrain, le chien doit être «sous le contrôle constant de son gardien, qui doit en tout temps se trouver à proximité de son animal».

En cas d’infraction, le propriétaire du chien est passible d’une amende allant de 100$ à 1000$ pour une première offense. Les montants sont doublés pour une récidive. 

Lorsque nécessaire, un animal errant ou dangereux peut être capturé par un contrôleur animalier et gardé dans un enclos. Son propriétaire peut alors en reprendre possession dans les trois jours ouvrables suivant la capture s’il acquitte les frais liés à la capture et à la garde de l’animal. 

Si l’animal capturé est un chien n’ayant pas de licence, le propriétaire devra l’obtenir pour reprendre possession de son chien.