Jagmeet Singh indique que le NPD, «fervent défenseur du fédéralisme asymétrique», croit que «le Québec a un droit de retrait avec pleine compensation s'il ne souhaite pas adhérer au programme» d'assurance-médicaments pancanadien, mais ajoute que «le gouvernement du Québec aurait tout intérêt à participer» à ce projet.

Assurance-médicaments pancanadienne: le chef du NPD écrit à Legault

OTTAWA — Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a écrit mercredi aux premiers ministres de chacune des provinces pour leur demander d'appuyer son projet de créer un régime d'assurance-médicaments pancanadien.

Le NPD soutient que son plan permettrait de mieux contrôler les prix des médicaments, ce qui soulagerait les budgets provinciaux consacrés à la santé.

«En raison de l'inaction du gouvernement fédéral, les Québécoises et Québécois sont parmi ceux qui dépensent le plus par habitant pour leurs médicaments d'ordonnance», a écrit M. Singh au premier ministre du Québec, François Legault.

M. Singh indique que le NPD, «fervent défenseur du fédéralisme asymétrique», croit que «le Québec a un droit de retrait avec pleine compensation s'il ne souhaite pas adhérer au programme», mais ajoute que «le gouvernement du Québec aurait tout intérêt à participer» à ce projet.

Le NPD devrait déposer avant la fin du mois un projet de loi d'initiative parlementaire pour mettre en œuvre un régime national d'assurance-médicaments. Le parti a déclaré que son projet de loi s'inspirerait de la Loi canadienne sur la santé, cadre législatif qui sous-tend le régime universel de soins de santé au pays.

Les néo-démocrates ont promis que leur plan rendrait les médicaments sur ordonnance gratuits, raccourcirait les temps d'attente dans les urgences et permettrait d'économiser 5 milliards $ par année.

Dans sa lettre aux premiers ministres, M. Singh affirme que trois millions de Canadiens ne prennent pas les médicaments dont ils ont besoin, faute de moyens, ce qui causerait des milliers de décès évitables chaque année au pays.

Le Québec peu réceptif

En décembre, les premiers ministres des provinces et des territoires ont exprimé leur hésitation à l'égard d'un programme national d'assurance-médicaments; certains disaient préférer une hausse des transferts fédéraux en santé pour faire face à la surpopulation dans les hôpitaux et à l'augmentation des temps d'attente. Les premiers ministres ont dit à Ottawa qu'ils voulaient avoir la possibilité de se retirer d'un éventuel régime national d'assurance-médicaments.

Le premier ministre Justin Trudeau a lui aussi promis un tel régime d'assurance-médicaments, bien que les deux partis diffèrent sur les modalités. Dans sa lettre de mandat à la nouvelle ministre de la Santé, Patty Hajdu, il lui demande d'ailleurs de «poursuivre la mise en œuvre d'un régime d'assurance-médicaments universel à l'échelle nationale».

Lorsque le gouvernement Trudeau avait posé les premiers jalons d'un programme national d'assurance-médicaments en mars dernier, le gouvernement Legault s'était empressé d'afficher ses couleurs.

«Si le gouvernement fédéral va plus loin avec un programme d'assurance-médicaments, on peut penser qu'on va utiliser notre droit de retrait avec compensation complète pour notre dossier», avait affirmé la ministre québécoise de la Santé, Danielle McCann.

«Ce serait certainement une avenue qu'on pourrait prendre. Nous avons un bon système d'assurance-médicaments au Québec, un modèle, il fonctionne bien et dans ce sens-là, nous allons vouloir le défendre.»