La semaine dernière, le chef du SPVG, Mario Harel, a reconnu que le policier ayant arrêté le reporter «n’a pas évalué correctement la situation».

Arrestation d'un journaliste: il y aura enquête en déontologie policière

Une enquête en déontologie policière sera effectuée à la suite de la plainte déposée contre le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) par un professeur de cégep de la région de Montréal qui considère «abusive et illégale» l’arrestation récente du journaliste de Radio-Canada Antoine Trépanier.

L’auteur de la plainte en déontologie, Vania Atudorei, a reçu mercredi après-midi la confirmation que le dossier sera analysé plus en profondeur.

«Nous avons terminé l’étude préliminaire de la plainte [...] et j’ai décidé de tenir une enquête qui a pour objet d’établir s’il y a matière à citation devant le Comité de déontologie policière dans cette affaire», écrit le commissaire Marc-André Dowd dans la lettre acheminée à M. Atudorei.

L’auteur de la plainte en déontologie, Vania Atudorei, a reçu mercredi après-midi la confirmation que le dossier sera analysé plus en profondeur.

Me Dowd ajoute qu’un enquêteur sera désigné «dans les 15 prochains jours» et qu’à moins de «circonstances exceptionnelles», le rapport d’enquête doit être produit dans un délai de six mois.

Professeur de microbiologie au Cégep Gérald-Godin, dans l’ouest de l’île de Montréal, M. Atudorei ne digère pas qu’un journaliste ait été arrêté dans le cadre de son travail. L’arrestation de M. Trépanier est survenue le 13 mars dernier, après que la directrice des Grands frères Grandes sœurs de l’Outaouais, Yvonne Dubé, eut porté plainte contre lui pour harcèlement criminel. Mme Dubé faisait l’objet d’une enquête journalistique ayant révélé qu’elle «s’est faussement présentée comme avocate et a pratiqué le droit sans autorisation», en 2011 et 2012.

La semaine dernière, le chef du SPVG, Mario Harel, a reconnu que le policier ayant arrêté le reporter «n’a pas évalué correctement la situation».

M. Atudorei espère que sa démarche mènera à une «réprimande» pour le policier impliqué, et souhaite une «mise à jour» de la formation des policiers, pas seulement à Gatineau, mais partout au pays.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait annoncé, la semaine dernière, qu’aucune accusation n’allait être déposée contre M. Trépanier, puisqu’il n’y a eu «aucun acte criminel».