D’ici la fin de l’automne, 540 panneaux de affichant un point de localisation seront plantés dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais afin d’aider les services d’urgence à intervenir plus facilement dans les secteurs isolés du territoire.

Appel au 911 : des balises de repérage méconnues

Un villégiateur du lac Ruthledge, dans la municipalité de Pontiac, remet en question l’efficacité du système de balises de repérage récemment déployé dans certaines zones isolées de l’Outaouais, après qu’un intervenant lui ait signifié, lors d’un appel d’urgence logé le week-end dernier, ne pas être au courant de ce nouvel outil.

Les passants qui s’aventurent dans certains sentiers reculés de la municipalité de Pontiac peuvent observer depuis peu des panneaux nommés « Point de localisation d’urgence » sur lesquels on retrouve un numéro unique de géolocalisation et une inscription bilingue « En cas d’urgence, composez le 9-1-1 et donnez cette position ».

Depuis le début de l’été, moins d’une centaine de ces balises de repérage ont été posées à des endroits précis dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais afin d’aider les services d’urgence à intervenir plus facilement dans les secteurs isolés du territoire. 

D’ici la fin de l’automne, 540 de ces panneaux seront plantés aux quatre coins de cette Municipalité régionale de comté. 

On retrouvera aussi ces bornes dans les trois autres MRC de la région.

Or, le nouveau système ne semble visiblement pas à point. Gilles Morin, qui possède un chalet dans le secteur du lac Ruthledge, affirme que sa voisine s’est rendue chez lui en panique pour frapper à sa porte, samedi dernier, alors que son mari nécessitait des soins immédiats. 

Grâce à la ligne terrestre de M. Morin de son chalet, situé à mi-chemin entre le lac des Loups et la localité de Quyon, la femme a pu contacter les services d’urgence. 

Au même moment, M. Morin a pris le téléphone pour échanger avec l’intervenant au bout du fil.

« Je parle au préposé et je lui explique l’adresse. Il me dit ‘‘c’est correct, vous êtes passés le chemin Gérard-Joanisse ?’’ Je lui dis oui. Il me demande, ‘‘vous êtes où à peu près’’. Je lui dis, ‘‘ce n’est pas compliqué, nous sommes tout près du panneau de localisation d’urgence numéro 82-200’’. Il me dit ‘‘moi, je ne connais pas le coin, je ne sais pas de quoi vous parlez.’’ Je n’ai pas embarqué dans la discussion parce que ce n’était pas le temps de faire ça, mais je n’en revenais pas. Tu es un préposé au 9-1-1. On a mis des affiches pour dire, quand vous appelez le 9-1-1, identifiez votre position, puis le préposé ne sait pas de quoi je parle? », a raconté M. Morin.


« On s’est aperçu que nous n’avons peut-être pas assez bien communiqué avec nos partenaires des autres services et on va s’assurer de le faire. »
Yves Charette, directeur du Service de la sécurité publique de la MRC des Collines-de-l’Outaouais

L’événement n’a pas eu de conséquences fâcheuses puisque l’appel a été fait par le biais d’une adresse civique, si bien que les ambulanciers ont localisé l’endroit et qu’ils sont arrivés rapidement sur les lieux afin de prendre en charge l’homme malade, note M.Morin. 

Membre de l’Association des lacs BBR, ce dernier doute cependant de l’efficacité du nouveau système, d’autant plus que certains des panneaux sont installés dans des zones où le réseau de communication est déficient.

Travail de communication à faire

Au Service de la sécurité publique de la MRC des Collines-de-l’Outaouais, on assure que les répartiteurs de la centrale 9-1-1 connaissent la procédure en lien avec les points de localisation d’urgence. 

Dans ce cas précis, l’intervenant qui aurait affirmé à M. Morin ne pas être au courant du système de signalisation n’était pas un répartiteur, a confirmé le directeur du corps policier, Yves Charette, en entrevue avec Le Droit.

«En tant que coresponsable du Plan local d’intervention d’urgence, avec les autres MRC et municipalités, c’est notre responsabilité de s’assurer que nos partenaires ont toute l’information adéquate pour réagir rapidement, mais dans ce cas-là, ça n’a pas été un enjeu», a indiqué ce dernier.

«Au moment où le centre d’appel urgence 9-1-1 a reçu l’appel initial, rapidement on a identifié l’adresse et le lieu de la demande et ça été confirmé par les personnes sur les lieux. Nous, quand on reçoit ce type d’appel pour une personne malade, on transfère ça à d’autres partenaires. Dans un cas de problème de santé, ça peut être les premiers répondants, le service d’incendie ou les services ambulanciers. C’est ce qui a été fait. C’est par la suite que M. Morin a parlé à un intervenant qui n’était pas un préposé du 9-1-1», a ajouté M. Charette.

Tous les répartiteurs de la centrale d’urgence ont été informés du fonctionnement du nouveau système de bornes de localisation qui en est à ses balbutiements, affirme d’ailleurs le directeur du Service de la sécurité publique de la MRC des Collines-de-l’Outaouais.

«On s’est préoccupé d’informer notre personnel 9-1-1 et quand je dis informer, c’est qu’on leur a donné des cartes et qu’on leur a expliqué comment interpréter les panneaux pour diriger les intervenants requis en fonction de la situation», indique M. Charette.

Ce dernier concède toutefois qu’il reste encore du travail de communication à faire.

«On s’est aperçu que nous n’avons peut-être pas assez bien communiqué avec nos partenaires des autres services et on va s’assurer de le faire. D’ailleurs, il y a déjà eu des conversations et on va s’assurer que tout le monde a la même information pour qu’on puisse tous s’arrimer avec ce nouvel outil», a souligné M. Charette.

+
DES BALISES DE LOCALISATION BIENTÔT AUX QUATRE COINS DE L'OUTAOUAIS

D’ici la fin de l’automne, on devrait retrouver des points de localisation d’urgence dans l’ensemble des quatre Municipalités régionales de comté de l’Outaouais.

Les deux premiers caractères inscrits sur les points de localisation correspondent au code géographique de la MRC dans laquelle on se trouve. 

Les chiffres suivants permettent d’identifier l’emplacement exact de la balise en question, à même un point GPS répertorié au centre d’appels 9-1-1.

L’installation de ces enseignes à numéro unique s’inscrit dans le cadre du programme de Protocole local d’intervention d’urgence (PLIU) en milieu isolé subventionné par le ministère de la Sécurité publique. 

Les quatre MRC de l’Outaouais sont partenaires dans ce projet régional. Dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais, 540 panneaux seront installés dans les emplacements reculés du territoire. 

Un peu moins d’une centaine ont déjà été plantés depuis le début de l’été, à Pontiac, La Pêche, L’Ange-Gardien et Notre-Dame-de-la-Salette.

Dans la MRC de Pontiac, on retrouvera environ 250 balises de repérage. L’installation a débuté mardi, dans l’ouest, à Rapides-des-Joachims.

Dans la Vallée-de-la-Gatineau, des affiches d’évacuation d’urgence sont aussi en cours d’installation, confirme-t-on. Huit des 128 panneaux ont pour l’instant été posés.

Dans la MRC de Papineau, aucune des quelque 300 enseignes attendues n’a encore été mise en place. 

« Le Plan local d’intervention d’urgence, ça vise des interventions dans des milieux isolés souvent hors route. Le but, c’est que si quelqu’un est en forêt et qu’on doit le localiser rapidement, on a un outil pour permettre de donner la localisation. Même s’il n’y a pas de réseau cellulaire ou VHF, il y a toujours une possibilité que la personne ait un autre moyen de communication. Ce n’est pas à toute épreuve, mais c’est un plus quand même puisque la façon dont les pancartes sont disposées améliore la possibilité de vous localiser pour les services d’urgence. C’est déjà mieux que la situation actuelle où vous ne savez pas où vous êtes », affirme le directeur du Service de la sécurité publique de la MRC des Collines-de-l’Outaouais, Yves Charette.

La signalisation s’inscrit dans le cadre d’un seul des volets du PLIU. Pour la MRC des Collines-de-l’Outaouais, sur un budget total de 200 000 $ financé par Québec, 40 000 $ a été accordé pour l’affichage. 

Le reste de la subvention doit notamment permettre à la MRC d’acheter de l’équipement de sauvetage en forêt.