Le chef conservateur Andrew Scheer a fait son lancement de campagne nationale au parc portuaire de Trois-Rivières.

Andrew Scheer lance sa campagne à Trois-Rivières: «vivre selon nos moyens»

Trois-Rivières — Avec son petit-fils dans les bras, Yves Lévesque savourait son moment. Il n’aurait pu souhaiter meilleur scénario que de voir le chef conservateur Andrew Scheer choisir Trois-Rivières parmi tous les comtés au Canada pour y lancer sa campagne nationale avec comme message principal «vivre selon nos moyens». D’ailleurs, les candidats du Québec ont permis de donner une bonne impression de foule au parc portuaire mercredi midi.

«Il y a une cause, nos enfants et petits-enfants. On va faire la différence avec une équipe extraordinaire», a lancé celui qui, après 25 ans de vie municipale, trouve anormal le cynisme des citoyens envers les politiciens. «On peut aimer ou non, mais il faut faire ce qu’on dit», renchérit-il.

Dans son allocution de présentation, l’ancien maire a raconté avoir été sollicité souvent pour se lancer sur la scène fédérale, dont par Justin Trudeau. «C’est un beau contenant, mais pas de contenu. Avec son voyage en Inde, on a eu de l’air des clowns au Canada», affirme le candidat vedette conservateur.

En entrevue, celui-ci ne s’en fait pas avec les sondages qui placent le Parti libéral en première place dans la circonscription trifluvienne. «J’aime autant être deuxième que premier. Je vais gagner ou perdre avec mes valeurs et mes principes», ajoute celui qui plaide pour une gestion responsable des fonds publics.

D’entrée de jeu, Andrew Scheer a tenu à souligner «le sombre anniversaire du 11 septembre» où les attaques terroristes ont fait 3000 victimes dont 24 Canadiens. «Nous allons lutter contre toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme dans le monde», a-t-il promis.

Ensuite, il a invité les électeurs à «mettre les quatre dernières années derrière nous» le 21 octobre prochain et faire en sorte que Justin Trudeau soit «le premier ministre d’un seul mandat».

Après quatre ans, «les énormes déficits de Justin Trudeau, sa dette croissante, ses hausses d’impôt et ses fausses promesses empirent la situation des familles canadiennes», soutient-il. Et sous les libéraux, «80 % des familles à revenu moyen ont vu leurs impôts fédéraux augmenter de 800 $ ou plus par année», a-t-il déploré.

Selon lui, le véritable enjeu de cette élection fédérale est «à qui faire confiance». «Justin Trudeau a été élu sur la promesse d’aider la classe moyenne, mais ces quatre dernières années montrent qu’il n’est pas celui qu’il prétendait être. La récréation est terminée», a-t-il martelé tout en faisant allusion à ses propres origines modestes.

Éliminer la TPS du chauffage résidentiel, abolir la taxe sur le carbone de Trudeau, rendre les prestations de maternité libres d’impôt et créer des emplois meilleurs et mieux rémunérés en réalisant des projets bâtisseurs de nation ici au pays, tout en défendant les travailleurs canadiens sur la scène mondiale: voilà autant d’engagements conservateurs.

«Quatre autres années de Justin Trudeau sont quatre autres années de déficits qui menacent nos systèmes de santé et d’éducation, une taxe sur le carbone plus élevée sur l’essence, l’épicerie et le chauffage résidentiel, et quatre autres années de faiblesse sur la scène mondiale, de scandales et de camouflages», prévient le chef conservateur.

Avant de quitter Ottawa, M. Scheer avait profité des nouvelles révélations du Globe and Mail pour lancer de nouvelles attaques contre Justin Trudeau pour sa gestion de l’affaire SNC-Lavalin.

Le quotidien torontois affirme que l’enquête de policiers de la Gendarmerie royale du Canada qui examinaient une possible entrave à la justice dans la gestion des accusations contre SNC-Lavalin a été freinée par le refus du gouvernement fédéral de libérer tous les témoins de leur devoir de confidentialité.

M. Scheer a de nouveau accusé M. Trudeau d’avoir menti à la population et lui a demandé d’abolir cette confidentialité et de remettre tous les documents afférents au dossier à la GRC.

Tout en répétant le slogan électoral qui présente les conservateurs comme étant le parti qui en donnera «plus» aux Canadiens, M. Scheer n’a pas caché que les attaques envers la crédibilité de M. Trudeau concernant sa gestion de l’affaire SNC-Lavalin seront au cœur de sa campagne. 

Quant au Bloc québécois, Andrew Scheer a rappelé qu’il ne peut pas remplacer le gouvernement libéral. Il a du même souffle qualifié les députés bloquistes de «spectateurs impuissants qui jouent aux gérants d’estrade».

«Les gens que je rencontre me disent qu’ils travaillent de plus en plus fort, mais arrivent à peine à s’en sortir et semblent ne pas pouvoir améliorer leur quotidien. Ils peuvent compter sur moi pour travailler à rendre le coût de la vie plus abordable aux femmes, aux hommes, aux entrepreneurs, aux familles et aux aînés», a conclu Yves Lévesque, reprenant le slogan du parti: Plus. Pour vous. Dès maintenant.

En collaboration avec la Presse canadienne

Le candidat conservateur dans Trois-Rivières, Yves Lévesque, s’est présenté sur la scène avec son petit-fils dans les bras.
Le chef conservateur Andrew Scheer, son candidat dans Trois-Rivières, Yves Lévesque, et Jill Scheer, l’épouse du chef.
Des membres du Syndicat des employé(e)s de l’impôt se sont faits entendre pendant le discours du chef conservateur pour dénoncer les impacts «dévastateurs» du rapport d’impôt unique administré par le Québec tel que proposé par Andrew Scheer.