Patrick Meza, 44 ans, a plaidé coupable à un chef de leurre, pour avoir entretenu des contacts avec une adolescente de 15 ans qui est tombée amoureuse de lui.

Amoureux d’une adolescente «au point de faire de la prison»

Trois-Rivières — Patrick Meza, un individu de 44 ans de Trois-Rivières, a plaidé coupable à une accusation de leurre, jeudi au palais de justice de Trois-Rivières. L’homme a reconnu du même coup avoir entretenu une correspondance et des contacts avec une jeune fille âgée de 15 ans au moment des faits, avec qui il avait développé une relation faisant en sorte que la jeune fille, qui souffre d’une légère déficience intellectuelle, soit tombée amoureuse de lui.

Le procès de Patrick Meza devait s’ouvrir mardi concernant quatre chefs d’accusation en lien avec cette affaire. Toutefois, des discussions entre la Couronne et la défense dans ce dossier ont permis d’en arriver à l’enregistrement d’un plaidoyer de culpabilité sur un seul chef d’accusation jeudi, soit leurre. L’homme devra vraisemblablement prendre le chemin de la prison au cours des prochaines semaines, alors qu’une suggestion commune de neuf mois de prison a été proposée par les deux parties au juge David Bouchard.

Selon la preuve rapportée à la cour, les faits se seraient déroulés entre le 17 août et le 17 septembre 2017. La jeune femme, dont on doit taire l’identité, a fait la connaissance de Meza dans son quartier, alors qu’ils habitaient à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. Une relation de confiance s’est rapidement établie entre la jeune fille et l’accusé, au point où elle est tombée en amour avec lui. Meza se serait rendu au domicile de la mère de la jeune fille pour lui indiquer qu’elle pouvait avoir confiance en lui.

Plusieurs courriels et appels téléphoniques ont été échangés. Dans cette correspondance, qui a été déposée en preuve, Meza et la jeune fille discutaient du fait qu’elle voulait vivre avec lui, se marier et même avoir cinq enfants. Meza a aussi écrit que si elle voulait cinq enfants, c’est ce qu’il voulait aussi. À d’autres reprises, il faisait référence au fait qu’il avait hâte de faire l’amour avec elle, et qu’il l’aimait «au point de faire de la prison».

À au moins une reprise, les deux ont également passé une nuit ensemble dans la camionnette de l’accusé, au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, où ils auraient discuté de sexualité en plus d’échanger des baisers et des étreintes. La preuve n’a cependant pas établi qu’il ait pu y avoir des contacts sexuels entre les deux personnes lors de cette nuit.

La mère de la jeune fille avait manifesté à Patrick Meza qu’elle désapprouvait qu’il entretienne des contacts avec sa fille, et l’avait déjà sommé de ne plus la voir. Le 17 septembre 2017, elle a constaté que les deux étaient encore en contact et a alors prévenu les policiers. Elle a porté plainte à la police, malgré les protestations de sa fille. Cette dernière, quelques jours plus tard, a fui le domicile pour se rendre près de la maison de Meza, où elle a été retrouvée et finalement prise en charge par la Direction de la protection de la jeunesse.

Lors de son plaidoyer de culpabilité, Patrick Meza a tenu à s’adresser au juge, indiquant qu’il n’avait jamais été dans ses intentions d’abuser ou de profiter de cette jeune fille, d’avoir des enfants ou de faire sa vie avec elle. Meza a déclaré qu’il avait senti chez la jeune femme une grande fragilité, et qu’il craignait qu’elle puisse un jour faire une tentative de suicide. L’accusé a indiqué qu’il avait «écrit ce qu’elle voulait entendre». Il dit avoir agi «dans le but de lui redonner la flamme, de lui redonner confiance en elle», qu’elle comprenne que malgré qu’elle n’avait pas une belle estime d’elle-même, il était possible qu’un homme puisse s’intéresser à elle.

La jeune fille, aujourd’hui âgée de 17 ans, a elle aussi tenu à s’adresser à la cour, indiquant que tout au long du processus judiciaire, elle avait craint la réaction des autres, et dit avoir subi un grand stress en lien avec les démarches judiciaires. Toutefois, la jeune fille s’est dite heureuse de ne pas avoir eu à témoigner dans le cadre d’un procès et souhaite aujourd’hui tourner la page sur toute cette histoire.

La procureure de la Couronne, Me Catherine Lemay, de même que l’avocate de l’accusé, Me Pénélope Provencher, ont annoncé qu’une suggestion commune de neuf mois d’emprisonnement sera demandée au juge, assortie d’une probation de trois ans au cours de laquelle il devra entreprendre un suivi sexologique.

Le juge Bouchard devrait rendre sa décision sur la sentence le 4 octobre prochain.