L'organisme espère que la future Politique d’hébergement et de soins de longue durée reflète les besoins réels des personnes en situation de handicap.
L'organisme espère que la future Politique d’hébergement et de soins de longue durée reflète les besoins réels des personnes en situation de handicap.

Amélioration du soutien à domicile pour les personnes handicapées demandée

MONTRÉAL — Un organisme représentant près de 4000 Québécois paralysés par une lésion à la moelle épinière réclame la bonification du programme de soutien à domicile pour que les gens lourdement handicapés puissent rester à la maison le plus longtemps possible.

C’est ce qui ressort, entre autres, du mémoire déposé vendredi par l’organisme Moelle épinière et motricité Québec (MÉMO-Qc) dans le cadre de consultations en vue de l’élaboration d’une nouvelle Politique d’hébergement et de soins de longue durée, annoncée par le gouvernement Legault en mai dernier.

En entrevue à La Presse canadienne samedi, le directeur général de MÉMO-Qc, Walter Zelaya, a expliqué que trop de personnes ayant un lourd handicap se retrouvent en centre d’hébergement de soins de longue durée (CHLSD), faute de soins appropriés à domicile.

«Par exemple, une personne lourdement handicapée pourrait avoir besoin de 30 heures de soins. Malheureusement, souvent les CLSC n’ont pas le budget et ne sont pas en mesure de fournir 30 heures de services. Alors ces personnes, pour combler ce manque-là, doivent souvent aller en CHSLD.»

Si M. Zelaya reconnaît que des gens devront tout de même être hébergés dans un milieu avec plus d’encadrement, il déplore toutefois que les CHSLD ne tiennent pas compte de leur réalité, particulièrement pour ceux et celles qui sont encore bien loin de la retraite.

«Les CHSLD n’ont pas été conçus pour répondre nécessairement à ce type de clientèle. C’est pour ça que la ministre Marguerite Blais a annoncé la création de Maisons des aînés, d’une part, et de Maisons alternatives pour les personnes en situation de handicap, d’autre part. C’est très bien, mais il faut que ces maisons répondent à plusieurs critères», explique M. Zelaya.

«Surtout pour que les personnes de moins de 65 ans, si malheureusement elles ne peuvent pas rester à la maison, qu’elles puissent avoir l’hébergement qui correspond véritablement à leurs besoins», précise-t-il.

Pour résumer, l’organisme réclame la bonification du programme de soutien à domicile, pour que les gens lourdement handicapés puissent rester à la maison le plus longtemps possible, et que la future Politique d’hébergement et de soins de longue durée reflète les besoins réels des personnes en situation de handicap.

«Nous saluons la possibilité d’avoir une politique en hébergement. C’est vraiment quelque chose que nous attendons depuis un bon moment, affirme le directeur général de l’organisme qui compte 74 ans d’existence. Je pense que Mme Marguerite Blais comprend quand même ce que nous exprimons (...) Le problème qu’on a eu jusqu’à présent, c’est que des politiques sont adoptées en silos. Donc, s’il n’y a pas un travail d’harmonisation qui est fait avec les autres politiques, ça pourrait mener à un échec malgré toutes les bonnes intentions de la ministre.»

Dans son mémoire, MÉMO-Qc, recommande aussi que la description gouvernementale de la clientèle cible des CHSLD «reflète davantage la clientèle réelle qui s’y retrouve» et favorise une plus grande flexibilité des activités de la vie quotidienne, telles que l’heure du coucher, des repas et des soins d’hygiène.

Le mémoire contient plusieurs autres recommandations visant à réduire la détresse des personnes en situation de handicap.