L’an dernier, le Parti québécois avait déposé un projet de loi qui visait à ce que toutes les écoles primaires et secondaires aient une série d’obligations à respecter, dont celle d’avoir un auto-injecteur d’épinéphrine (EpiPen) à portée de main pour faire face aux cas urgents de réaction allergique.

Allergies à l’école: l’approche coercitive écartée

Il n’est pas question pour la ministre de la Santé Danielle McCann d’adopter l’approche coercitive en obligeant toutes les écoles du Québec à encadrer de la même façon les élèves qui souffrent d’allergies alimentaires graves. Elle mise plutôt sur un guide des bonnes pratiques.

Dans une lettre déposée ces dernières semaines à l’Assemblée nationale, la ministre McCann indique qu’elle n’entend pas donner suite au projet de loi proposé par le Parti québécois (PQ) l’an dernier. Ce projet de loi visait à ce que toutes les écoles primaires et secondaires aient une série d’obligations à respecter, dont celle d’avoir un auto-injecteur d’épinéphrine (EpiPen) à portée de main pour faire face aux cas urgents de réaction allergique. 

Dans sa lettre, la ministre indique qu’il est «impossible» d’obliger les directeurs d’école à avoir pour chaque élève à risque de choc anaphylactique un plan d’urgence individuel, parce que «la plupart des cas répertoriés d’enfants ayant subi une réaction anaphylactique en milieu scolaire sont liés à des allergies qui n’étaient auparavant pas connues». 

Ouverture de McCann

La ministre est toutefois ouverte à l’idée d’étendre un projet pilote qui a cours en ce moment dans quelques écoles de Montréal, et qui implique le ministère de la Santé, le ministère de l’Éducation, de même que l’organisme Allergies Québec. Ce projet pilote, qui se termine en juin, vise «la mise en œuvre d’un guide de bonnes pratiques». Si les résultats sont concluants, le gouvernement pourrait «envisager de déployer ce guide à l’ensemble du réseau scolaire», écrit la ministre. 

Marie-Claude Lacasse, porte-parole du ministère de la Santé, indique que ces travaux en cours «ne se résument pas à l’accès à l’Epipen, mais portent sur l’ensemble des mesures de prévention contre les réactions allergies (formation, mesures d’hygiène avant, pendant et après les repas, etc.)». 

L’an dernier, le PQ critiquait le fait que le Québec soit la seule province au pays à n’avoir aucune balise minimale pour protéger les enfants allergiques en milieu scolaire. 

Dominique Seigneur, directrice des communications chez Allergies Québec, accueille positivement toute avancée du dossier. «Nous réitérons notre entière collaboration au gouvernement, à qui revient le choix des meilleurs moyens à prendre pour mieux protéger les enfants allergiques à l’école», indique-t-elle.