L’aide annoncée par Ottawa ne compense pas la perte de productivité et de capacité à commercialiser les produits agricoles, déplore plusieurs agriculteurs.
L’aide annoncée par Ottawa ne compense pas la perte de productivité et de capacité à commercialiser les produits agricoles, déplore plusieurs agriculteurs.

Aide de 252 M$ pour l’agroalimentaire : «On est loin du but»

Nicolas Bourcier
Nicolas Bourcier
La Voix de l'Est
L’aide fédérale de 252 M$ annoncée cette semaine par Ottawa pour venir en aide au secteur agroalimentaire est considérée comme insuffisante par de nombreux agriculteurs. Plusieurs acteurs du secteur agroalimentaire ont uni leur voix pour demander un programme d’aide spécifique des deux paliers de gouvernement, jeudi, devant les bureaux de l’Union des producteurs agricoles (UPA) à Longueuil, afin de sécuriser la chaîne alimentaire.

«La toute récente annonce fédérale promettant une aide de 252 M$ est nettement en dessous des besoins formulés par l’ensemble de la filière et la Fédération canadienne de l’agriculture, qui demandent un fonds d’urgence estimé à 2,6 milliards $», a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau. 

«On parle de 10 % de ce qui est demandé, renchérit le président de l’UPA de Brome-Missiquoi, Réjean Racine. On est loin du but et c’est extrêmement préoccupant pour l’ensemble des entreprises agricoles et les transformateurs.»

Le plus inquiétant, ajoute M. Racine, c’est la situation dans laquelle se retrouve le secteur de la transformation.

«Les abattoirs et les laiteries qui font de la transformation ont de sérieux problèmes avec la main-d’oeuvre», ce qui entraîne des retards dans la chaîne agricole et qui force les entreprises à jeter d’importante quantité d’aliments, dit le Brighamois, qui est aussi producteur laitier. 

Perte de productivité

De l’enveloppe de 252 M$, 77 M$ sont attribués pour l’instauration de mesures de sécurité, mais ne compense pas la perte de productivité et de capacité à commercialiser les produits.

«Ce programme de 77 M$ est affecté à tout type de production tant primaire que secondaire; en y ajoutant les transformateurs de viandes (porc, boeuf et volaille) de tout le Canada, sans oublier les transformateurs majeurs de différents produits de la chaîne alimentaire ou encore les plus petits producteurs de produits locaux, l’aide disponible aura rapidement disparu. Il faut faire davantage afin de nourrir notre monde», a déclaré plus tôt cette semaine le Groupe Sollio Coopératif, propriétaire d’Olymel S.E.C, par voie de communiqué.

Le président de l’UPA pour le territoire de Brome-Missisquoi est conscient qu’ils sont plusieurs à se retrouver dans la même situation, mais il a l’impression que la solution annoncée «saupoudre le problème» et est d’avis qu’on ne «règle rien avec ça» et que le gouvernement doit être conséquent en soutenant un secteur qu’il qualifie d’essentiel.

Il profite de l’occasion pour remercier tous les employés qui travaillent dans les centres de transformation et soutient que «ça prend beaucoup plus d’argent dans le programme».