L’accusé Mickel Denicourt lors de sa comparution en octobre dernier.

Agression à Sanair: 20 mois de prison pour Mickel Denicourt

L’auteur d’un coup de poing ayant gravement blessé un spectateur de la piste de course Sanair de Saint-Pie, en 2015, a écopé vendredi de 20 mois de prison.

Mickel Denicourt avait reconnu, en avril 2018, sa culpabilité à une accusation de voies de fait graves. 

À la sortie des courses le soir du 10 juillet 2015, l’accusé de Granby aujourd’hui âgé de 30 ans avait frappé Francis Labrie d’un coup de poing au visage. La victime a ensuite chuté sur un tourniquet en métal et une bordure de béton au sol. 

M. Denicourt avait préalablement reçu un verre de bière sur lui et croyait que la victime en était responsable. Conséquence : M. Labrie a dû subir une chirurgie au cerveau à cause d’un trauma crânien sévère. Il sera maintenu dans un coma artificiel pendant deux semaines et garde des séquelles permanentes de cette mésaventure. 

Outre une cicatrice de 30 cm sur le crâne, le père de trois enfants doit composer avec une perte de l’odorat et une restriction de son champ visuel. Il a perdu l’emploi qu’il occupait, souffre régulièrement de trous de mémoire, ne peut plus faire aucun sport et craint toute perte d’équilibre.

Pour sa part, M. Denicourt a indiqué qu’il avait déjà subi une attaque à la hache et craignait, ce soir-là, pour sa sécurité. Il avait aussi consommé plusieurs bières et est parti en boire d’autres par la suite après avoir abandonné la victime dans son état.

Responsabilité

« L’accusé avait-il raison de craindre une agression pour lui-même ?, s’est demandé le juge Gilles Charpentier lors du prononcé de la sentence au palais de justice de Saint-Hyacinthe. A-t-il eu une peur démesurée ? Toutes ces questions importent peu, car celui-ci reconnaît clairement qu’il est l’agresseur et que rien ne peut être reproché à la victime. »

« Il ne s’agit pas d’un banal événement, mais d’un geste intentionnel injustifié et d’une grande violence. En effet, un seul coup de poing donné en plein visage à une victime qui ne s’attendait pas à cela alors qu’il se trouvait avec ses trois jeunes enfants a suffi pour changer complètement sa vie. »

« Il s’agit d’un geste clairement réfléchi qui a eu et qui a encore des conséquences énormes. [...] La victime aurait pu en mourir. [...] Notre société ne peut tolérer un tel comportement et les justiciables se doivent de savoir à l’avance qu’ils sont responsables des conséquences générées par leur comportement criminel. »

M. Denicourt avait fait deux autres victimes lors de bagarres survenues les semaines précédentes, mais ces accusations ont été abandonnées. Il avait un antécédent judiciaire de voies de fait simple.

L’employé d’usine a exprimé des remords envers son geste et dit avoir gagné en maturité depuis son arrestation. Son risque de récidive est considéré comme faible, bien qu’il ne peut être totalement écarté.

La Couronne, représentée par Me Cimon Sénécal, demandait deux ans moins un jour de prison, tandis que Me Roger Paquin, de la défense, suggérait 90 jours de détention à purger de façon discontinue et 240 heures de travaux communautaires.