L'an dernier, le nombre de livraisons a presque doublé, alors que 33 appareils A220 ont été remis à des clients - 13 par Bombardier et 20 par Airbus. Le géant européen n'a pas encore dévoilé sa cible pour 2019.

A220: des économies pour chaque avion construit

Alors qu'Airbus continue d'accroître son empreinte à Mirabel, l'avionneur estime que la réduction des coûts de production pour chaque avion A220 émanant de sa ligne d'assemblage doit être largement supérieure à 10 %.

Actionnaire majoritaire du programme depuis le 1er juillet, le géant européen a profité d'un événement de presse, lundi, dans les Laurentides, dans le cadre d'une tournée nord-américaine de ses différents sites, pour une fois de plus réitérer l'un de ses principaux objectifs.

«Nous avons encore beaucoup de pain sur la planche, a affirmé le directeur du programme A220, Philippe Balducchi. C'est clair que cela est un défi.»

Une importante partie de ces réductions proviendront de la chaîne d'approvisionnement du programme A220, puisque le géant européen serre la vis aux fournisseurs en négociant avec ces derniers pour obtenir des baisses de prix.

Parallèlement, l'amélioration de la productivité dans le cadre de l'accélération de la cadence de production devrait également faire baisser les coûts.

«Nous estimons (que la baisse visée) est de plus ou moins 3 millions $ US par avion», a indiqué l'analyste Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, dans une note envoyée par courriel.

Dans l'espoir d'accélérer les choses, le géant européen a décidé d'affecter au A220 10 de ses employés mis à contribution dans le cadre de la montée en cadence de production du programme A350.

L'an dernier, le nombre de livraisons a presque doublé, alors que 33 appareils A220 ont été remis à des clients - 13 par Bombardier et 20 par Airbus. Le géant européen n'a pas encore dévoilé sa cible pour 2019.

Airbus, qui n'écarte pas d'offrir l'avion en configuration de 160 sièges, compte actuellement 537 commandes fermes pour l'appareil en provenance de 19 clients.

Au cours d'un entretien avec La Presse canadienne, M. Balducchi a expliqué qu'il faudrait au moins deux ou trois années pour être en mesure de réduire significativement les coûts du programme.

«Est-ce que cela va assez vite? Cela ne va jamais assez vite, a-t-il dit. Nous ne sommes pas en retard, mais nous ne sommes pas en avance. Je dirais que nous sommes sur notre trajectoire.»

Parmi les fournisseurs ayant éprouvé des difficultés, les dirigeants d'Airbus ont nommé Zodiac Aerospace, responsable de la finition intérieure du A220.

La tournée organisée par le géant européen se terminera mercredi, à Mobile, en Alabama, alors que l'on devrait procéder au lancement des travaux de la ligne d'assemblage américaine destinée au A220. Bombardier devrait investir environ 300 millions $ US dans ce projet.

La multinationale a déjà commencé à afficher des offres d'emplois alors que de 400 à 500 personnes devraient œuvrer sur cette nouvelle ligne.

Entre-temps, la société en commandite regroupant Airbus, Bombardier et le gouvernement du Québec a confirmé des investissements de 30 millions $ US pour ajouter au printemps de nouveaux dômes visant à héberger des avions. Au quatrième trimestre, un nouveau centre de livraison devrait également voir le jour sur le site.