Les démissions au conseil de Saint-René surviennent au terme d’une campagne électorale particulièrement dure et houleuse.

À Saint-René, sitôt élus, sitôt partis

Élus sans opposition le 6 octobre, les conseillers Carl Audet et Gino Fortin ont déjà quitté la table du conseil de Saint-René, en Beauce. Le directeur général de la municipalité de 745 habitants quitte aussi son poste mardi après 22 années de service au terme d’une campagne électorale particulièrement dure et houleuse.

Les conseillers démissionnaires étaient des alliés de l’ex-maire Jean-Guy Deblois, battu par son adversaire Luc Paquet, un retraité des Forces armées canadiennes, lors des élections du 5 novembre. Une majorité de conseillers favorables au nouveau maire ont également été élus, tous avec des majorités de plus de 60 %.

«Je devais partir à la retraite au mois d’avril, mais j’ai finalement décidé de partir cette semaine. La campagne électorale a été trop dure. Il y a de nouveaux membres du conseil qui ne connaissent pas les règles. Il faut qu’ils apprennent...» a déclaré Michel Gilbert, le directeur général démissionnaire.

Battu à son poste de conseiller et lui aussi partisan de l’ex-maire Deblois, Elzéar Dupuis affirme qu’il aurait probablement imité MM. Audet et Fortin s’il avait obtenu un autre mandat. «Je n’aurais pas pu siéger au conseil avec tout ce que ces gens ont dit sur notre dos sur Facebook durant la campagne.»

L’ex-conseiller Carl Audet, qui était en place depuis 10 ans avant d’être réélu pour un nouveau mandat, abondait dans le même sens. «Non, la campagne n’a pas été facile, mais la démocratie a parlé. Je pensais que M. Deblois obtiendrait un nouveau mandat», explique celui qui a remis sa démission à la première assemblée du conseil suivant son élection.

«Le nouveau conseil a pris certaines décisions... Ils devraient lire le code d’éthique», ajoute M. Audet qui, comme plusieurs, n’a pas digéré la décision du conseil d’annoncer verbalement à l’inspecteur municipal, en place depuis une trentaine d’années, qu’il était congédié. La décision aurait depuis été révisée.

Légalité de la procédure

Michel Gilbert a déploré lui aussi le congédiement de l’inspecteur municipal, doutant de la légalité de la procédure. «Ça a été une erreur de s’y prendre comme ça», a-t-il affirmé, précisant cependant que cette décision n’avait pas été ce qui avait motivé son départ hâtif.

De son côté, le nouveau maire avoue que sa municipalité se trouve actuellement dans une situation particulière après la démission de deux élus, du directeur général et parce que la secrétaire municipale est en congé de maladie depuis une semaine. Il ne craint toutefois pas une mise en tutelle de la Municipalité. «Les conseillers démissionnaires sont deux hommes d’affaires associés à l’ancien maire qui avaient leur idée en tête. Nous aurons une élection partielle, mais pas avant la fin février, et deux nouveaux conseillers devraient faire leur entrée au conseil. On aimerait bien avoir des femmes», a-t-il déclaré à propos du conseil qui est pour l’instant exclusivement masculin.

Effectifs réduits

D’ici là, le conseil municipal fonctionnera avec des effectifs réduits, à savoir le maire et quatre conseillers. Le nouveau maire avoue que ce n’est pas de cette façon qu’il avait imaginé ses débuts en politique municipale, mais il est prêt à faire face à la musique.

Concernant l’inspecteur municipal, M. Paquet avoue lui avoir dit qu’il était congédié «s’il ne suivait pas les règles de base», quelques jours après son assermentation. Il a toutefois changé de discours depuis.

«Ce n’était que des paroles. L’inspecteur n’avait même pas d’énoncé de ses tâches. Il fallait s’asseoir, se rencontrer, ce qu’on a fait ce matin [lundi] et qu’on refera cet après-midi. Après discussion avec lui, l’inspecteur municipal devrait finalement rester en poste», a précisé le maire.

Luc Paquet a ajouté qu’il assumerait pour l’instant les fonctions du directeur général en plus de celles de la mairie. Une ancienne directrice générale pourrait aussi rentrer au travail à raison de deux demi-journées par semaine pour que les affaires courantes puissent être assurées, le temps de trouver un successeur à M. Gilbert.

«Et il y a aussi une secrétaire municipale en formation pour remplacer celle qui est présentement en congé de maladie. Ce n’est pas évident, ça nous complique la vie, mais on va s’en sortir», termine-t-il.