Accompagnées du maire Labeaume, les ministres Geneviève Guilbault et Nathalie Roy ont annoncé jeudi que le site Cartier-Roberval sera conservé.

8,4 millions$ pour le site archéologique Cartier-Roberval de Cap-Rouge [VIDÉO]

Mis en veilleuse pendant 8 ans et dans un état de «détérioration générale majeure», le site archéologique Cartier-Roberval de Cap-Rouge profitera finalement d’une enveloppe de 8,4 millions $ pour être mis en valeur.

Le gouvernement du Québec octroie 8,4 millions $ sur cinq ans pour éviter que le site archéologique situé à Cap-Rouge, qui est dans état de détérioration générale majeure, ne s’empire encore.

La ministre responsable de la Capitale-Nationale Geneviève Guilbault et la ministre de la Culture Nathalie Roy ont annoncé jeudi que le site, qui renferme les vestiges de la première colonie française installée par à partir de 1541 en Amérique du Nord, sera préservé. 

«Il est grand temps de lui donner l’importance qu’il mérite», a souligné la ministre Geneviève Guilbault, qui s’était engagée durant sa campagne électorale à protéger le site Cartier-Roberval, situé dans sa circonscription. 

Le réenfouissement des vestiges et leur signalement au sol coûtera 600 000$, alors que le réaménagement de l’accueil et la construction d’une passerelle d’observation et d’interprétation coûtera 4,1 millions $. Le reste de l’enveloppe servira à financer un programme de recherche sur les données existantes et une exposition au Musée de la civilisation. 

Découvert par hasard en 2005 lors des travaux pour réaliser la promenade Samuel-de-Champlain, le site a bénéficié de fouilles archéologiques de 2007 à 2010 et quelque 6000 artéfacts ont été trouvés. 

Mais depuis, aucune somme n’était au rendez-vous pour poursuivre les fouilles et le site était laissé à l’abandon. «Il y a même des marmottes qui en avaient pris possession», a déploré la ministre Nathalie Roy. 

Les travaux de protection des vestiges et de réenfouissement commenceront dès le printemps 2019. 

Goût amer

Pour Gilles Samson et Richard Fiset, les deux archéologues qui ont mené les première fouilles sur le site, cette annonce n’est pas complètement satisfaisante. 

«Il y a un bon pas de franchi, parce qu’on est en marche pour réhabiliter le site», indique M. Fiset. Mais il aurait souhaité que les fouilles se poursuivent.

«C’est certain aussi qu’il y a un enjeu financier à travers tout ça», explique la ministre Guilbault, qui dit vouloir respecter la capacité de payer des Québécois. 

Les archéologues espèrent pouvoir convaincre les élus qu’il faut continuer de creuser la terre à la recherche d’artéfacts, ce qui aurait coûté environ 3 millions $ de plus sur cinq ans selon eux. 

Car à l’heure actuelle, seulement 20% du site a été fouillé. Et sur les 6000 artéfacts trouvés, la majorité sont en très mauvais état, tandis que d’autres ont été réduits en poussière. «Il y en a une centaine qui sont présentables. Si on travaille sur les mêmes 100 (artéfacts), ça laisse un goût amer. C’est du réchauffé», commente M. Fiset. 

Il faut selon lui connaître le fond de l’histoire de ce lieu, peuplé par Jacques Cartier et par Jean-François de la Rocque de Roberval, avant de le présenter au public. «C’est important d’aller chercher plus d’information pour que la mise en valeur soit valable.»

Dans un rapport sur l’intégrité du site Cartier-Roberval, qui date de février 2018, MM. Samson et Fiset demandaient à ce que la Commission de la capitale nationale (CCNQ), qui gère ce site, cogne à d’autres portes pour trouver le financement nécessaire pour poursuivre les fouilles. Par exemple, le gouvernement fédéral ou des partenaires privés auraient pu être sollicités. Une avenue qui n’a finalement pas été retenue par la CCNQ.