Coupable d’agressions sexuelles envers sa fille sur une période de cinq ans au début des années 2000, une femme de Magog se retrouve en prison.

18 mois de prison pour une mère agresseuse sexuelle

Coupable d’agressions sexuelles envers sa fille sur une période de cinq ans au début des années 2000, une femme de Magog se retrouve en prison.

La femme de 49 ans avait plaidé coupable à une accusation d’agression sexuelle sur sa fille entre le 1er janvier 2001 et le 1er décembre 2005.

Le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec a imposé, mardi, une peine de 18 mois de prison à l’accusée au palais de justice de Sherbrooke.

D’entrée de jeu, le juge Chapdelaine a écarté la possibilité que l’accusée puisse purger sa peine dans la collectivité comme le suggérait la défense en lui demandant de prendre place dans le box des détenus.

« Les conséquences sur la victime justifient amplement une peine de prison ferme », a souligné le juge Chapdelaine.

L’accusée, qui ne peut être identifiée pour ne pas identifier la victime, a accueilli la peine sans broncher.

Bains

La mère de famille a profité des bains qu’elle donnait à sa fille pour poser des gestes à caractère sexuel. Le père de l’enfant était absent lors des gestes que la mère est accusée d’avoir commis.

Elle a fait des attouchements aux parties génitales de sa fille. La mère a notamment utilisé ses doigts et un bâton pour commettre les agressions. Les gestes ont été commis, alors que sa fille était âgée entre 4 et 5 ans.

Le tribunal a retenu que l’accusée avait davantage commis ces gestes comme exutoire que par gratification sexuelle.

C’est l’intervention de la Direction de la protection de la jeunesse qui a mis fin aux sévices sexuels subis par la victime.

La garde de l’enfant a été retirée à l’accusée à la suite des gestes.

La procureure aux poursuites criminelles Me Marie-Ève Phaneuf

Stress et cauchemars

Lors des observations sur la peine, la victime a indiqué qu’elle avait vécu beaucoup de stress et fait de nombreux cauchemars reliés à ces événements.

Elle a aussi vécu du dénigrement de la part des proches de l’accusée au fil des années.

La victime a manifesté avoir eu beaucoup de peine relativement au fait que sa mère aurait pu s’occuper d’elle au lieu de l’abuser et d’être violente avec elle.

En imposant la peine, le tribunal a retenu comme facteurs aggravants que les gestes ont été commis dans un climat de violence. Il a aussi reconnu l’abus de confiance et d’autorité de même que les conséquences importantes pour la victime.

Le juge a retenu l’absence d’empathie, de remords et de regret de l’accusée.

Le tribunal a retenu la persistance de l’accusée à nier les faits pour éviter les conséquences.

La mère agresseuse sexuelle s’est soumise à une évaluation psychiatrique au cours des procédures judiciaires. Des éléments de santé mentale sont présents dans le dossier, mais l’évaluation psychiatrique ne permettait pas d’en arriver à un verdict de non-responsabilité criminelle.

Comme facteurs atténuants, le tribunal a retenu que l’accusée possède une intelligence limite entraînant une incapacité d’introspection.

Étant donné que l’accusée n’a pas d’enfant dans son entourage, le tribunal considère que le risque de récidive est limité.

Une probation de deux ans a été imposée à l’accusée.

Un interdit de contact a été imposé avec la victime dans cette affaire. L’accusée ne pourra se trouver seule en présence d’enfants.

Elle devra poursuivre ses traitements psychiatriques et sa prise de médication.

Son nom sera inscrit pour 20 ans au Registre des délinquants sexuels.

C’est Me Guy Plourde qui défendait l’accusée tandis que Me Marie-Ève Phaneuf représentait le ministre public.