Félix Pagé

18 ans de prison pour Félix Pagé

Ce n’est pas avant 18 ans que Félix Pagé de Drummondville pourra espérer être remis en liberté sous conditions.

L’individu de 25 ans a été reconnu coupable par un jury d’avoir tué puis démembré Roland Baker sur la rue Plamondon en mai 2017.

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Le juge Alexandre Boucher de la Cour supérieure a condamné Pagé, jeudi, à une peine de prison à vie au palais de justice de Drummondville en qualifiant et « violent et dangereux ».

C’est sur l’admissibilité pour Pagé de faire une demande de remise en liberté conditionnelle que le juge devait se prononcer.

« Les crimes commis sont horribles. Il a fait preuve d’une violence extrême et d’une violence inouïe. Il lui a infligé des blessures avec un couteau. Il l’a décapité et éviscéré avec une scie égoïne », a rappelé le juge en imposant la peine.

Le juge a rappelé que la peine ne devait pas être inutilement sévère pour enlever tout espoir de libération.

Le juge

Le magistrat a mentionné que lors des observations sur la peine, Félix Pagé s’était essentiellement apitoyé sur son sort. Le juge a rappelé qu’il a été impliqué dans de nombreux incidents violents en détention dont certains impliquant des armes artisanales.

« Il a une propension marquée pour la violence. Le crime démontre une escalade marquée à cet égard (...). Les crimes démontrent une insensibilité glaciale et un manque de sensibilité envers la personne humaine», estime le juge Boucher.

Le juge a souligné les lettres déposées par la famille de la victime en mentionnant que le décès avait causé beaucoup de peine et laissé un grand vide.

Le juge n’a retenu aucun facteur atténuant outre que l’âge de l’accusé.

Le 7 février dernier, Pagé a été reconnu coupable du meurtre au deuxième degré de Roland Baker puis d’outrage à son cadavre pour l’avoir démembré et placé dans un réfrigérateur le 22 mai 2017.

Le jury avait recommandé qu’il purge 25 ans de détention avant de pouvoir s’adresser à la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC). La procureure aux poursuites criminelles Me Magali Bernier avait demandé qu’une période de 18 ans s’écoule avant que Pagé puisse faire une demande de remise en liberté.

Me Magali Bernier

En deux minutes

C’est par des observations sur la peine expéditives d’à peine deux minutes que Félix Pagé a plaidé sa cause.

« Ma vie s’est arrêtée en mai 2017 et mes ambitions de vie sont disparue à l’annonce du verdict », avait conclu Félix Pagé lors des observations sur la peine.

Sans exprimer le moindre remord ou présenter d’excuse, Félix Pagé a demandé au juge de lui permettre de demander une libération conditionnelle après dix ans, soit le minimum prévu au Code criminel pour un meurtre au deuxième degré.

« Je ne suis pas avocat, mais on me dit que ça vaut 10», a plaidé Félix Pagé.


« Les proches parents de Roland Baker, je les comprends, mais ça ne devrait pas être tenu en compte dans votre décision. »
Félix Pagé

L’accusé avait demandé au juge Boucher de ne pas tenir compte dans sa peine des doléances exprimées par la famille de la victime.

« La proches parents de Roland Baker, je les comprends d’être détruits par la perte d’un être si bienfaisant, mais ça ne devrait pas être tenu en compte dans votre décision », a mentionné Pagé.

Il a renchéri sur son comportement disciplinaire derrière les barreaux où il est gardé dans une aile à sécurité maximale depuis le début de son incarcération.

« Pour ce qui est mes faux pas en détention, cela ne devrait pas être tenu en compte. C’est moi seul qui en paye le prix en détention », a plaidé Pagé.

Il a aussi demandé au juge de ne pas tenir compte de ses antécédents judiciaires « Ce n’est pas parce que j’avais plaidé coupable que les actions se sont produites de la façon que j’ai reconnue », a indiqué Pagé.