15 millions $ pour mieux admirer la chute Montmorency

Les travaux au pied de la chute Montmorency débuteront à l’automne pour se terminer au printemps 2021. Une passerelle semi-submersible permettra de s’approcher au maximum de la plus haute chute d’eau du Québec. S’ajouteront aussi une traverse «contemplative» à même le pont ferroviaire un peu plus loin sur la rivière ainsi que deux sentiers pédestres. La facture frôlera les 15 millions $.

La Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) et le gouvernement du Québec ont dévoilé mardi le concept d’aménagement du pied de la chute Montmorency. La passerelle flottante constitue la principale innovation. Elle permettra de traverser le bassin à une soixantaine de mètres de la chute avec l’impression d’être en partie sous l’eau. 

La nouvelle infrastructure de 150 mètres de long et 2,4 mètres de large prendra la forme d’une cuve en acier et sera stabilisée par des ballasts de béton. Elle s’ajustera automatiquement au niveau d’eau et pourra accueillir plus de 750 personnes à la fois. L’ensemble sera démonté pour la saison froide et réinstallé tous les printemps. 

La passerelle sera accessible gratuitement — c’est le stationnement et les activités organisées qui sont payants au Parc de la Chute-Montmorency — mais des imperméables seront loués ou vendus à proximité pour se protéger des embruns. 

Le président-directeur général de la Sépaq se réjouit à l’avance de «connecter» les visiteurs à la chute et de leur faire vivre une «expérience immersive unique au monde». John Mackay croit au pouvoir attractif de la passerelle pour faire passer l’achalandage de 890 000 à plus d’un million d’entrées annuellement. La chute Montmorency est le deuxième site le plus visité par les touristes après le Vieux-Québec. 

Sur le même site, la traverse ferroviaire, qui possède une partie piétonne, sera aussi élargie pour faciliter les déplacements. Une conception en paliers permettra à ceux qui le désirent de s’asseoir et d’admirer la chute. 

Deux sentiers d’une longueur de 400 mètres chacun sont aussi inclus dans les plans. Un sentier dit «minéral», en béton, sera aménagé à l’est de la chute et mènera à l’escalier panoramique et au promontoire, qui sera en partie coupé. Le sentier «nature», à l’ouest, permettra d’avoir accès à l’eau et sera le lieu idéal pour les pêcheurs qui veulent lancer leur ligne. 

Le gouvernement du Québec finance les travaux de 14,8 millions $, mais la Sépaq lancera cette semaine les appels d’offres et assurera la gestion du chantier. 

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, a assuré que ce projet de mise en valeur était le bon. Il a expliqué que l’idée de creuser un tunnel derrière la chute a été abandonnée parce que la roche était trop friable et que la vue aurait été quelconque. Quant au projet des Croisières AML de naviguer au pied de la chute, comme cela se fait à Niagara, il aurait entraîné une perte d’habitat pour les poissons et nui à la pêche. 

«Parfois il faut savoir prendre son temps», a acquiescé son collègue Sébastien Proulx, responsable de la Capitale-Nationale. Il a salué l’harmonisation des futurs aménagements avec le site naturel et patrimonial de la chute Montmorency. «Il est question de développer pendant longtemps un parc qui a un potentiel extraordinaire.» 

Le concept élaboré par la firme d’architecture et de design urbain Daoust Lestage, qui a notamment livré la promenade Samuel-De Champlain, prévoyait également la réfection du bâtiment d’accueil, l’ajout d’un espace de jeux pour les familles et le réaménagement des stationnements. Cette deuxième phase de travaux, de valeur comparable, est toutefois en suspens. Aucun échéancier n’a été avancé mardi. Le gouvernement ne s’engage même pas à la réaliser. 

Le pdg de la Sépaq, qui doit autofinancer ses opérations, ne s’en offusque pas: «On va y aller à la petite cuillère, à petites bouchées, et on fait ce qu’il y a de plus intéressant immédiatement.» 

Traverse contemplative
Sentier nature
Sentier naturel
Plan global
Passerelle semi-submersible