Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, est accompagné de Marc H. Plante, député de Maskinongé, Denis Paradis, député fédéral de Brome-Missisquoi, Dominique Anglade, vice-première ministre et ministre de l’Économie et de la Stratégie numérique, Julie Boulet, ministre responsable de la Mauricie, Navdeep Bains, ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Robert Lalonde, préfet de la MRC de Maskinongé, et Serge Loubier, président de Marquis Imprimeur.

100 000 nouveaux foyers branchés à Internet haute vitesse

360 municipalités couvertes dans 14 régions, près de 100 000 foyers bientôt branchés grâce à des investissements de 290 millions de dollars, voilà l’annonce confirmée par les gouvernements du Québec et du Canada concernant le déploiement d’Internet haute vitesse dans les régions rurales.

Le premier ministre Philippe Couillard était de passage à Louiseville, lundi, afin de répandre la bonne nouvelle. Par le biais du programme «Québec branché», le gouvernement québécois investit 105,9 millions de dollars dans ces projets qui amèneront de plus en plus de Québécois à l’ère des communications numériques,ce qui facilitera le développement d’entreprises et l’implantation de travailleurs autonomes dans toutes les régions.

«C’est un pas de géant dans la desserte d’Internet haute vitesse et dans l’économie du Québec. C’est favoriser l’essor de l’économie numérique. Il va s’en installer, de la fibre optique. Quelque 3500 km de fibre optique seront déployés. Une fois branchée, la distance n’a presque plus d’importance», a déclaré M. Couillard devant un parterre garni de ministres, de députés, de maires et de partenaires d’affaires réunis à l’entreprise Marquis Imprimeur.

Navdeep Bains, ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, estime qu’en 2017, ce n’est plus un luxe de profiter d’Internet haute vitesse, peu importe où on se trouve au Canada.

«L’Internet haute vitesse est une question d’égalité dans les chances et ne peut être réservé aux grandes villes. C’est comme ça que nous pouvons bâtir des communautés plus fortes.»

Dans cette vague de projets subventionnés, le gouvernement canadien remet 86,4 millions de dollars par le biais de son programme «Brancher pour innover». Le reste de l’investissement proviendra d’entreprises privées ou d’organismes publics.

«Avoir accès à Internet haute vitesse au 21e siècle, c’est comme avoir accès à l’électricité au 20e siècle», a imagé Dominique Anglade, vice-première ministre du Québec et ministre de l’Économie, des Sciences et de l’Innovation et ministre responsable de la Stratégie numérique.


Il va s’en installer, de la fibre optique. Quelque 3500 km de fibre optique seront déployés.
Philippe Couillard

Plus de 240 projets ont été déposés au programme «Québec branché». Le gouvernement s’est basé sur le nombre de citoyens visés, l’acceptabilité sociale, le territoire desservi, la technologie proposée et le coût pour choisir les projets à subventionner.

«Pour nous, quelle bonne nouvelle. Elle est déterminante pour l’occupation dynamique du territoire», a commenté Julie Boulet, députée de Laviolette et ministre du Tourisme.

Marquis Imprimeur va profiter de cet investissement. La compagnie va miser sur un service Internet plus rapide, ce qui va améliorer le transfert de ses données numériques dans la production de livres.

«On fonctionne avec des épreuves virtuelles et c’est lourd. On ne peut pas le faire directement de Louiseville actuellement, il faut passer par notre usine de Sherbrooke. L’interconnectivité entre les usines permet d’être plus compétitif», a observé Serge Loubier, président de la compagnie qui compte quelque 160 employés à Louiseville.

Cinq en Mauricie

Sur les 82 projets retenus, cinq ont été confirmés jusqu’à maintenant en Mauricie. Comme le révélait Le Nouvelliste dans son édition de samedi, 10,8 millions sont réservés à trois projets au sein de la MRC de Maskinongé. Maskicom, le projet caressé, travaillé et retravaillé par la MRC, obtient
10,4 millions de dollars des gouvernements supérieurs pour déployer 600 km de fibre optique afin de couvrir 98 % du territoire actuellement non desservi ou mal desservi par un service Internet.

Robert Lalonde était d’ailleurs aux oiseaux en apprenant la confirmation des subventions.

«Ça fait neuf ans qu’on travaille ce dossier-là. J’en ai fait une des priorités à réaliser. En 2017, si on veut être concurrentiel pour attirer des entreprises, on doit offrir un service Internet de haute qualité, stable et abordable. Et pour attirer des familles et les retenir, c’est un incontournable», a dit le préfet de la MRC de Maskinongé, qui s’attend à ce que la mise en service se fasse d’ici trois ans.

Le projet de la MRC de Maskinongé exige une contribution de deux millions de dollars de la part de la MRC de Maskinongé. Cette somme sera versée via un règlement d’emprunt.

L’annonce faite cet été pour le branchement à Internet haute vitesse et l’augmentation de la couverture cellulaire en Haute-Mauricie et au Lac-Saint-Jean représente deux projets inclus dans les dossiers confirmés jusqu’à maintenant. Mais d’autres bonnes nouvelles s’en viennent. Les annonces viseront les communautés de Saint-Luc-de-Vincennes, de Saint-Roch-de-Mékinac et de Parent au cours des prochaines semaines.

Du temps pour assembler l’argent nécessaire

Il peut paraître curieux qu’en 2017, plusieurs centaines de milliers de citoyens du Québec n’aient pas accès à un service Internet digne de ce nom.

«Il faut réaliser que les derniers kilomètres (à franchir pour rejoindre les gens plus éloignés des secteurs urbains) sont les plus coûteux. Il fallait monter le financement. On a la porte ouverte pour avancer», explique le premier ministre Couillard, en faisant référence à la création des programmes québécois et canadien pour le déploiement de la fibre optique en territoire rural.

D’autre part, ces programmes de subventions s’appliquent aux nouveaux projets et ne pourront venir en aide à des MRC ayant déjà investi dans la fibre optique.

LA FQM en veut plus

Satisfaite de l’annonce de lundi, la Fédération québécoise des municipalités incite tout de même les gouvernements supérieurs à augmenter leur aide financière afin que toutes les municipalités puissent avoir accès à Internet haute vitesse.

«On ne doit surtout pas s’arrêter là. Il faut que Québec et Ottawa reconduisent les programmes pour brancher les régions lors de leur prochain budget», a dit par voie de communiqué le président de la FQM, Richard Lehoux.

Selon la FQM, 244 000 foyers québécois n’auront toujours pas accès à Internet haute vitesse malgré l’annonce de lundi.